Président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine

La réforme des retraites...ou l'avènement du "chacun pour soi"

La semaine que nous venons de traverser se termine sur un sombre constat. Le gouvernement s’attaque aux valeurs les plus fondamentales de notre société et c’est tout le socle de notre système républicain qui s’en trouve une fois de plus ébranlé, sournoisement, quotidiennement. D’une part, le statut de la fonction publique est remis en cause à travers un décret qui abroge la garantie de l’emploi. De l’autre, le système de retraite.

 
Nombreux sont ceux qui sont montés au créneau dans les médias pour expliquer aux français la nécessité des réformes et les déclarations sont alarmistes. Pour François Fillon, ce sont 100 milliards d’euros par an qui feront défaut dans les caisses de l’assurance vieillesse d’ici 2050. Quant à Xavier Darcos, il préconise de « déplacer le curseur » du temps de travail pour faire face à la dette. Un euphémisme de plus pour demander aux français de se serrer la ceinture. Une fois de plus, les travailleurs devront fournir un effort supplémentaire, alors que depuis l’arrivée de la droite au pouvoir, ils ont déjà largement été mis à contribution.
 
L’une des mesures annoncées par François Fillon a tout particulièrement retenue mon attention, d’autant plus que nous avons reçu jeudi dernier à Rennes la visite de son concepteur : Lionel Jospin. Moins médiatisé, mais tout aussi dramatique, il s’agit de la suppression du « fonds de réserve des retraites », mis en place depuis 1999.
 
Dramatique, car ce fonds garantit la pérennité de notre système de retraite par répartition. C’est grâce à ce fonds que la solidarité entre les citoyens sera maintenue dans le futur. A partir de 2020, il serait en capacité de prendre en charge une partie des dépenses liées au vieillissement de la population.
 
La création du fonds de réserve des retraites est le fruit d’un travail de fond du gouvernement socialiste sur les projections démographiques. 2020 sera un cap important à passer avec l’arrivée à l’âge de la retraite des baby-boomers. Nous devons nous tenir prêts pour faire face à ce défi.
 
Après avoir « omis » d’alimenter ce fonds, la droite a aujourd’hui pour dessin de le supprimer entièrement. La raison évoquée ? Il s’agirait pour l’Etat d’un jeu à somme nulle qui s’endette en l’abondant. Sa solution ? Supprimer le fonds et ainsi éponger sa dette.
 
Le gouvernement se cantonne donc à une vision à court terme. Ou bien souhaite-t-il porter un coup fatal à notre modèle social ? En effet, la suppression du fonds aura pour conséquence la fin de la solidarité, et l’avènement du chacun pour soi avec un système de retraite par capitalisation.
 
Le gouvernement  socialiste de Lionel Jospin a su se montrer juste, prévoyant et responsable face aux enjeux des retraites. Le gouvernement actuel serait bien inspiré de faire preuve du même courage que ces prédécesseurs.
 

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édito par Jean-Louis Tourenne

 Bonne et heureuse année 2010... pour toutes et tous

Je souhaite que la crise financière, puis économique puis terriblement sociale nous permette, au moins, de tirer les enseignements des effets toxiques de la rapacité, de la recherche jamais satisfaite de profits et dividentes toujours plus élevés.

Je souhaite que nous mettions à profit cette nouvelle année pour inventer un nouveau modèle de développement fondé sur la solidarité, sur l'édification d'une société accueillante qui offre à chacun les conditions de la réussite de sa vie, de l'expression de ses talents. Un monde dans lequel tous les enfants figurent sur la même ligne de départ de la vie, disposent des mêmes chances de réussir, qu'ils s'appellent Pinault, Lagardère, Dassault, Bouygues ou Dupont, Martin ...

Je souhaite que tous nous puissions vivre en bonne intelligence, dans une France apaisée, rassemblée autour d'un même idéal. Une France qui ne crée pas la frustration, l'envie, par ses injustices, par la condamnation de certains dès la naissance à une existence pauvre et douloureuse. Sans même les mots, les arts pour dire leur révolte, leur rancoeur et réduits à la violence gratuite pour faire connaître leur sentiment d'injustice.

Et Monsieur le Président de la République, dans ses voeux, exprime une grande compassion pour les pauvres, les exclus de l'emploi - ceux de Gandrange , par exemple - et manifeste une énorme générosité pour les plus riches: bouclier fiscal, exonération des droits de succession pour les plus grandes fortunes, exemption de l'impôt local etc... Est-ce que la mystification trompe encore quand l'écart entre le discours e tles actes devient si difficilement escamotable?

 

Parmi les solutions au déficit abyssal qu'il a creusé dans les finances d e la France, il montre encore, au peuple, la tête des collectivités locales, peu endettées, investisseuses, créatrices de services publics de proximité. Pendant qu'il accuse, son Airbus personnel se construit, les frais de bouche pour ses invités peuvent atteindre plus de 5000 € par invité.

Et, sans vergogne, il continue d'asséner des contre-vérités et de pleurer avec des larmes de crocodiles sur le sort des plus défavorisés.

En attendant, avec des moyens rduits, nous nous continuerons de travailer pour une société plus juste, plus propice à l'épanouissement de chacun. Même si nos jours sont comptés par le Président destructeur, nous ne renoncerons jamais à notre idéal. Je souhaite que 2010 voit encore notre détermination intacte.

 

Au fil des jours