En matière culturelle aussi, le changement, c’est maintenant!
La France ne serait pas la France s’il elle n’avait pas toujours promu les valeurs de l’intelligence, de la curiosité, de la création, de la réflexion et de la générosité dans le respect de chacun.
Pendant dix ans au pouvoir, la droite a ouvertement méprisé les savoirs et la culture. Avec l’ambition avouée de détruire les services publics et l’Etat social que nous avons hérité des combats du siècle dernier pour lui substituer un Etat entrepreneurial dont la concurrence, la compétitivité et la rentabilité sont les maitres-mots. Elle s’est attaquée à nos institutions culturelles pour y appliquer une idéologie managériale, y normaliser la précarité parmi les personnels et y subordonner la production et la diffusion de la création artistique aux exigences de la compétitivité économique.
Or, la culture n’est pas un produit commercial comme les autres, c’est d’abord un facteur d’émancipation, de fierté, de reconnaissance, d’élévation. C’est un élément constitutif de notre identité, c’est un lien entre des individus, entre des classes sociales, entre des générations, entre des pays.
La culture ne doit donc pas être un élément d’un programme. Ce n’est pas une dimension qu’il faudrait ajouter aux autres politiques, quand on en aurait les moyens. Ce n’est pas un luxe dont, en période de vaches maigres, il faudrait se débarrasser. Elle doit être au cœur d’un projet politique. Et, comme le dit François Hollande : « la crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend plus indispensable ».
Victime de coupes claires dans les budgets et la dérégulation des politiques publiques, le Ministère de la Culture n’est plus que l’ombre de l’ambition que voulaient lui donner André MALRAUX, Jacques DUHAMEL ou Jack LANG, et les collectivités locales ont été étranglées par des transferts de charges non compensées.. Or, aujourd’hui, quand l’Etat intervient d’un euro dans la culture, ce sont deux euros qui sont apportés par les collectivités locales car elles savent que la culture est non seulement l’un des secteurs les plus fertiles en termes de création d’emplois et mais aussi un moteur de développement et d’attractivité du territoire, sur le plan économique, social, éducatif.
Avec l’élection de François Hollande aux plus hautes fonctions de l’Etat, le changement est aussi en gestation dans le secteur culturel : il s’est engagé sur la sanctuarisation des crédits pour la Culture, le retour à la TVA de 5% sur les livres et les billetteries, un plan national pour l’éducation artistique, un plan de soutien au spectacle vivant négocié avec tous les acteurs concernés, le vote d’une loi signant l’acte 2 de l’exception culturelle française, et la définition de contrats entre l’Etat et les collectivités locales pour un maillage culturel de tout le territoire.
L’équilibre territorial, en matière culturelle comme ailleurs doit être une garantie de justice et de solidarité. Il s’agit d’irriguer tous les territoires oubliés, les zones défavorisées de nos départements et de nos régions, les quartiers délaissés de nos grandes villes, mais aussi des secteurs ruraux, souvent dépourvus d’équipements culturels de proximité. C’est pourquoi, la perspective d’une nouvelle étape de la décentralisation culturelle sera une bonne chose, afin que les arts et la culture permettent à tous et à toutes de sortir du repli sur soi. Car ce sont eux qui nous élèvent, qui nous construisent et qui nous rassemblent.