Une politique d’égalité des chances dès la petite enfance, seule voie de construction d’une société harmonieuse :


Le constat : une cruelle réalité

  1. De moins en moins d’étudiants issus des milieux populaires dans les Universités et dans les Grandes Ecoles
  2. Le déterminisme social est l’un des plus élevés de l’OCDE en France – 2 ème rang des nations industrialisées –
    1. Issu d’un milieu populaire, un enfant à toutes les chances d’y rester. Des destins scellés dès la naissance
    2. Des générations d’une même famille reproduisant les mêmes résultats liés à la misère financière, sociale, intellectuelle. De qui alimenter de l’amertume, de la vindicte, la tentation vers les partis extrêmistes.
  1. On sort de l’école plus inégaux qu’on y est entré
    1. Parce que l’école ne peut corriger toutes les inégalités liées à la petite enfance.
    2. La pédagogie active favorise les élèves ouverts, épanouis, qui établissent une relation plus rapide et plus vivante avec l’enseignant.
    3. Parce que les enfants des milieux défavorisés ne disposent pas des outils nécessaires pour tirer profit de l’enseignement dispensé : richesse du vocabulaire, carence de l’éveil intellectuel et de la curiosité, socialisation défaillante.
    4. Un élève qui double son CP (manque de vocabulaire, d’envie de réussir, de foi dans ses capacités) ne fera jamais d’études supérieures alors qu’il en avait sans doute les capacités intellectuelles.
  1. La violence non crapuleuse augmente
    1. Pas motivée par le désir de s’accaparer le bien d’autrui, elle se nourrit de la révolte des agresseurs contre une société qui les a condamné dès la naissance, n’a pas su ( pas voulu) leur apporter les moyens de réussir leur vie.
    2. Une violence d’autant moins maîtrisée que ces jeunes (c’est souvent le cas) n’ont pas les mots pour dire leur amertume, pas la musique, la peinture pour la défouler, pas les mots des autres par le théâtre pour se faire comprendre.

Ils sont défavorisés dès la petite enfance et tout ce qui pourrait corriger positivement leur trajectoire leur est refusé.

«Traiter également des situations inégales ne fait que renforcer les inégalités ». La situation chez nous est pire encore, on donne plus à ceux qui ont déjà le plus.

Pourquoi agir dès la petite enfance ?

  1. Parce que c’est l’âge de la construction, passage à l’abstraction, au langage. C’est l’âge de l’apprentissage de la qualité de la relation aux autres : confiante, méfiante et des ses conséquences ; ouverture ou repli sur soi etc…
  2. Parce qu’il faut mettre en place les moyens de compenser les lacunes du milieu familial or c’est justement dans ces familles qu’on fréquente le moins les structures collectives épanouissantes.
  3. Parce qu’il faut en finir avec l’idée (sous-jacente) que la responsabilité de la petite enfance n’appartient qu’aux parents et la collectivité ne peut que proposer et non imposer. Or l’avenir de notre société, sa cohésion, sa sérénité, sa vitalité, repose sur notre volonté de donner à tout enfant, comme à ses parents, une véritable perspective souriante.

Que faire ? Une vraie et déterminée politique de la petite enfance

N’ayant pas d’autres expériences probantes que celles engagées par le Département d’Ille et Vilaine dont je présidais le Conseil Général entre 2004 et 2015, je m’en tiendrai aux actions que ce département a engagées, parfois contre le vent et les marées déclenchées par  différents acteurs :

a.      Accueillir en priorité les enfants qui en ont besoin dans les crèches et structures multi accueil

  1. D’abord lever les obstacles
  2. Les crèches ne sauraient être le moyen de mise en adéquation de l’offre et la demande en matière de garde d’enfants : trop cher( et donc ça ne se fera jamais) et inutile pour certains enfants.
  3. Il faut mettre un terme à l’idée de crèches pour satisfaire une demande ( les parents qui travaillent) plutôt qu’un besoin ( celui de compenser les carences familiales). Pour les parents qui travaillent et qui apportent à leurs enfants réponse à leurs besoins essentiels, le panel des modes de garde peut être utilisé quitte à renforcer encore la formation des assistantes maternelles.
  • Convaincre les familles des milieux populaires qui ne travaillent pas de l’intérêt de l’accueil en crèches. Il faut également convaincre les travailleurs sociaux de l’Aide sociale à ‘enfance.
  1. Ensuite engager une politique volontariste
    1. Il n’y avait que 1 % d’enfants de milieu populaire dans les crèches en Ille et Vilaine- Il y en a aujourd’hui 40% dans 70% des crèches, ce qui correspond presque à l’objectif visé.

b.     Combler les lacunes en matière de vocabulaire

  1. Mise en œuvre du programme «  Parler Bambin » selon les préceptes du Dr Zorman

c.      Favoriser les pratiques sportives et artistiques

  • Gratuité des adhésions
  1. Obligation aux écoles de musique d’accueillir une population d’enfants ressemblant au CSP du territoire sous peine de perdre toute subvention

d.     Inciter les communautés de communes à prendre la compétence petite enfance

  1. Par la politique de Contrats de Territoires inventée par le département, contrats passés sur une période de 4 ans entre le département et les communautés de communes.

e.     Et puis enfin, encore à l’état d’embryon …. La formation des parents à l’éducation

  1. Contrat entre la famille qui reçoit des allocations mensuelles de participer à des séances de formation organisées par les services sociaux du département.

 

Je n’évoquerai pas l’école du bonheur ni l’internat de respiration qui n’intéressaient que les collégiens. Pas davantage l’école autrement et ailleurs, par le détour pédagogique, pendant les petites vacances pour renouer (ou faire rencontre) avec la réussite.

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