Le débat budgétaire, c’est un temps éminemment politique …


Discours du Président du Conseil général d’Ille-et-Vilaine – Morceaux choisis

Où que le regard se porte, il n’embrasse que les décombres laissés par l’ancien gouvernement : éducation, police, santé, culture, justice etc…

  • Et une dette qui plombe toute perspective de redressement !
  • Des plans de licenciements, qui viennent illustrer l’atonie de notre industrie qui n’a quasiment plus investi depuis plus de 10 ans …
  • De la perte de confiance des Français dans la capacité des politiques à redresser la situation, à lutter contre la précarité, la pauvreté et l’exclusion. Les faveurs faites aux riches et les stigmatisations infligées aux plus nombreux de nos concitoyens les années passées auront participé de cet affaiblissement de notre démocratie.

Un long travail de redressement nous attend, fait d’efforts équitablement répartis. Ceux qui crient le plus sont souvent les moins à plaindre – les soi-disant pigeons qui, pour la plupart ne payent pas d’impôts dans leur pays, les Depardieu, Arnault, et autres artistes et sportifs de haut niveau scandaleusement payés en France et qui veulent aller payer leurs impôts ailleurs. « L’orgueil est un mendiant qui crie aussi haut que le besoin » disait Benjamin Franklin – mais je crois que l’orgueil et la cupidité – contrairement au besoin – sont infiniment plus insatiables !

(…)

Dans ce contexte national, qu’en est-il du Département d’Ille-et-Vilaine ?

Il se distingue par son dynamisme mais ne peut s’en satisfaire tant les effets de la crise se font aussi – et malgré tout – ressentir.

Certes notre population dépasse le million d’habitants, certes notre taux de chômage de 8 % (2ème trimestre 2012) nous place 1,7 points en dessous de la nation, certes le taux de survie de nos entreprises à 5 ans est bien supérieur à la moyenne nationale… Mais nous ressentons aussi la progression de la pauvreté : le nombre d’allocataires du RSA a progressé de 15 % et le taux de chômage des jeunes a explosé de plus de 120 % entre 2008 et 2012.. C’est pourquoi, ce projet de budget affirme notre volonté de nous engager aux côtés de ceux qui, plus vulnérables, sont plus douloureusement atteints dans leur vie quotidienne, dans leurs perspectives ou dans la construction de leur avenir.

(…)

Le gouvernement a décidé d’engager une politique spécifique de lutte contre la pauvreté. Nous y prendrons toute notre place. Aussi, je vous propose de créer un fonds exceptionneldoté, dans un premier temps, d’un million d’euros pour agir dans deux directions essentielles :

Première direction : l’amélioration du sort des plus pauvres par l’utilisation de plusieurs leviers, au-delà des actions déjà en cours : le RSA, l’insertion, les chantiers d’insertion, les allocations mensuelles, la protection maternelle et infantile, les crèches pour les familles démunies etc… Ce fonds exceptionnel – qui vient en complément conjoncturel des nombreuses actions engagées – permettrait de :

  • Abonder de façon exceptionnelle les dotations aux associations caritatives qui gèrent les situations de précarité en lien étroit avec nos CDAS
  • Augmenter les allocations mensuelles et le secours d’urgence pour les plus démunis parmi les démunis.
  • Lutter contre le « non recours » aux droits RSA, d’autant plus dans un contexte où les conditions économiques des ménages déjà précaires se dégradent. C’est le sens du renforcement de la campagne Info Sociale en Ligne dont on sait que c’est un outil qui a démontré son efficacité.
  • Permettre aux jeunes aujourd’hui dans le RSA socle de bénéficier des emplois d’avenir.
  • Aider les familles modestes à financer les repas de leurs enfants boursiers à la cantine du collège, dès lors que le prix du repas dépasse celui de la moyenne départementale (2,75€)

Seconde direction : faciliter l’accès des jeunes à l’emploi en complément des nombreuses actions reconduites (l’aide au permis de conduire, l’aide au BAFA, notre conventionnement avec les FJT, notre soutien aux fédérations d’éducation populaire et aux juniors associations, la parole donnée aux jeunes, les rencontres départementales entre les acteurs…). Le fonds exceptionnel permettrait de :

  • S’engager résolument dans les emplois d’avenir, ce que nous avons voté lors de la dernière session de décembre : 70 jeunes dans les services de la collectivité et 50 dans les établissements médico-sociaux.
  • Accompagner les jeunes dans l’accès aux contrats d’avenir en contractualisant avec les missions locales.
  • Aider les jeunes majeurs qui sortent de l’ASE à s’insérer professionnellement et à devenir autonomes via un accompagnement davantage distinct de celui, matériel et éducatif, des mineurs.
  • Rassembler toutes nos politiques en faveur des jeunes pour les réorienter, voire les abonder, pour former, orienter, insérer, favoriser la mobilité, l’accès au logement.

Ce fonds exceptionnel est une première pierre. L’édifice d’une politique de lutte contre la pauvreté et d’insertion des jeunes mérite qu’on repense dans sa globalité la politique Jeunesse de notre département, pour lui donner plus de visibilité et un fort effet de levier. Dans cette période difficile, les fonds d’aide aux jeunes doivent devenir des instruments au service d’une véritable politique d’insertion. J’ai demandé à Franck Pichot et Jean-Yves Praud d’animer deux groupes de travail, axe emploi des jeunes et axe lutte contre la pauvreté, pour interroger et donner visibilité et efficacité à l’ensemble de ces deux priorités. Ces groupes seront composés de membres de la majorité et de la minorité.

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