Abandon de la réforme constitutionnelle: la volonté de rassembler


Le Président de la République, après avoir vainement tenté d’harmoniser les positions de l’Assemblée Nationale et du Sénat a choisi, avec lucidité et courage, de mettre un terme à un débat qui n’honore pas la majorité du Sénat même si, le Gouvernement porte, sans doute, une part de responsabilité dans cet échec.

L’Assemblée Nationale, toutes sensibilités confondues, avait su trouver par une rédaction adaptée une majorité des 3/5 èmes des députés. L’ambition était d’inscrire dans la constitution, le conditions et les règles limitatives qui encadrent l’Etat d’Urgence. Un moyen de s’assurer qu’une majorité mal intentionnée ne pourrait s’en servir abusivement, en modifiant facilement une loi ordinaire, pour de mauvais desseins. Un garantie était ainsi donnée à la démocratie et à nos libertés.

Sur la déchéance de nationalité, une majorité suffisante à l’Assemblée Nationale s’était dégagée pour considérer que tous les crimes terroristes pouvaient, après jugement définitif, donner lieu à déchéance de la Nationalité Française, quel que soit le nombre de nationalités détenues.

Pourquoi le Sénat s’est-il obstiné – contre la position de nombreux députés de droite – à ne vouloir viser que les détenteurs d’une double nationalité, au minimum. Certes, une telle exigence peut se concevoir et je n’étais pas loin de la partager.

Mais cette position de la droite sénatoriale, légitime  mais létale pour une réforme constitutionnelle, n’aurait pas dû résister à la nécessité – admise par presque tous – d’inscrire dans le marbre les règles de mise en oeuvre. Pourquoi donc cet acharnement à s’opposer à la délibération de l’Assemblée Nationale?

Pour suivre à la lettre la déclaration du Président de la République, argue la droite… on joue…alors que la situation ne prête pas à rire. On se moque des Français en plaisantant sur un sujet aussi grave !!!

Le Président de la République, a eu raison, me semble-t-il, de bien mesurer la volonté des Sénateurs de droite de s’opposer à la sollicitation de consensus qu’il leur a adressé.

Aussi, afin que cesse une polémique qui divise gravement quand nous devons faire front tous ensemble, il m’apparaît qu’il était plus sage de prendre la décision d’y mettre un terme. Hélas, pour la garantie de préservation de nos libertés si des tenants de leur limitation devaient, un jour, se trouver en position de force dans notre pays.

Si la droite républicaine imagine qu’elle a gagné quelques points en faisant mordre la poussière à l’initiative du Président de la République, elle commet une lourde erreur. Le triste spectacle donné aux Français ne servira ni la droite, ni la gauche… et nous savons qui en recueillera les fruits amers.

 

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