Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Didier Migaud: quand le tableau de chasse de Nicolas Sarkozy s'étoffe.

 

M. Sarkozy est un fin stratège, c’est indéniable. Son tableau de chasse s’étoffe. Ma conviction personnelle est que cette stratégie, établie sans socle idéologique, uniquement sur des principes de remerciements ou d’octroi de sièges, uniquement sur la satisfaction sans limite d’un ego présidentiel, s’effondrera du jour au lendemain car elle est fragile, ses pieds sont d’argile.  Mais c’est une autre histoire.
 
Le concert de louanges qui accompagne la nomination de M. Migaud m’agace : elle n’est pas d’une démarche différente de celle des Besson et consorts.  Car il y a la un début de compromission qui ne sert pas l’intérêt de son parti, de ses idées mais surtout et essentiellement celui d’une urgente et nécessaire justice sociale. Il se prête à un jeu dangereux, qui manque cruellement de noblesse, et où chacun de ceux qui y jouent ont toutes les peines du monde à justifier qu’ils ne le font pas par allégeance ou assouvissement de leur ambition.  M. Migaud paraissait bien embarrassé hier matin sur France Inter lorsque le journaliste lui signalait que le Président de la République parlait de lui en commençant par « mon ami ». Et M. Migaud de répondre notamment qu’il croyait M. Sarkozy sincère dans sa volonté de réforme ! Mince alors ! Elle est pas mal celle là !
 
Si la fin justifie les moyens alors, oui, la nomination de M. Migaud à la tête de la Cour des comptes est à saluer. Mais je garde en mémoire le soutien public et confirmé de M. Migaud à la candidature de M. Méhaignerie aux dernières législatives, contre une candidate socialiste... En politique comme ailleurs, la courtoisie s’impose, l’élégance également. Je ne sais pas si il y a eu de sa part d’autres initiatives de ce type qui lui auraient  permis de s’attirer les faveurs du pouvoir mais ce soutien, confirmé et assumé m’interpelle.  Les qualités intellectuelles de M. Migaud sont indéniables mais cette conception du pouvoir n’est pas la mienne, pas plus qu’elle n’est celle de l’immense majorité des membres élus ou militants du PS.
 
Les premiers mots de M.  Migaud furent pour M. Seguin puisqu'il soulevait ce mardi la difficulté qu’il aurait à lui succéder. Je le lui confirme, leur parcours ne bénéficiant déjà pas tout à fait de la  même clarté. Souhaitons que sa clairvoyance et sa rigueur intellectuelle soient maintenant sans faille à  la tête d’une institution majeure pour la défense des libertés et de la démocratie locale, qui plus est à l’heure de la recentralisation, de l’asphyxie financière des collectivités locales, de la mise à sac des initiatives locales.
 

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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