Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Penser la laïcité en 2010

Il a y a 106 ans, jour pour jour, était promulgée après des semaines de débat, la loi portant séparation des églises et de l’Etat. C’était une loi nécessaire, qui rappelait que la religion était surtout une pratique de paix, peut être parce que les questions de croyances et des conflits qui naissent de leurs oppositions, avait trop souvent émaillé la vie sociale et politique de notre pays.
A l’initiative du Grand Orient de France, le 9 décembre est la journée nationale de la laïcité.

Mais pour penser la laïcité aujourd’hui, il faut se tourner vers l’avenir, le XXIème siècle. Si les principes de la laïcité doivent être intangibles, nous devons sans cesse les repenser en fonction de ce qu’est notre société aujourd’hui.

L’apostrophe de certains responsables politiques, au plus haut sommet de l’Etat, qui pousse à la régression de la laïcité doit heurter tous les républicains sincères, croyants ou non, pratiquants ou non, spirituels ou non. J’ai la conviction qu’il est dangereux de mettre sur le même plan le curé et l’instituteur, surtout si c’est pour souligner l’impuissance de ce dernier à dire le bien et le mal. Le bien et le mal sont déterminés, en République, par une morale civique déclinée dans un triptyque qui compte dans notre pays : Liberté Egalité Fraternité. A chacun ensuite, sur cette base là, de se construire ses propres références.
 
Et c’est là que la laïcité affirme sa modernité
Car la laïcité c’est l’ouverture. C’est considérer que la foi est une conviction qui mérite le respect tout autant que toutes les convictions dans un état démocratique où la liberté de conscience est une règle absolue. La laïcité ne considère pas la religion comme un danger ou comme un atout, mais comme un fait de société, une pratique spirituelle des hommes libres.
Penser la laïcité, au regard de l’état de notre société, ce n’est pas construire une laïcité « positive ». Penser la laïcité, c’est construire la laïcité du quotidien. C’est refuser toutes formes légales de communautarismes, tout en prônant un esprit de tolérance. C’est être ouvert à l’autre dans la diversité de ses coutumes et de ses traditions. La laïcité, c’est croire en l’égalité des droits, c’est le socle et la condition nécessaire à la démocratie. La Laïcité, c’est considérer que les seules valeurs qui ont vocation à l’universalité, c’est le principe d’égalité de tous devant la loi. La Laïcité c’est finalement l’expression absolue de l’intérêt général, c'est-à-dire le bien de tous sans distinctions aucunes. La laïcité du quotidien, c’est par exemple refuser qu’il y ait, en France, 8 millions de pauvres, dont 1 million de jeunes, qui vivent avec moins de 800 euros.  
 
Etre des ambassadeurs de laïcité
C’est pour cela que nous proposerons, lors des prochaines échéances électorales, de mettre en place un Observatoire départemental de la Laïcité qui aura des missions larges de veille et d’alerte pour le strict respect des principes de Laïcité. Il pourra mener toutes les actions nécessaires pour défendre, promouvoir et interpréter ces principes : formations, conférences, colloques, enquêtes, articles de presses, pétitions et manifestations publiques, interventions et droit d’alerte auprès de l’administration et des élus, actions en justice. Cet observatoire pourra être composé de personnes morales ou physiques, de citoyens mobilisés.
 
Car au final, nous pouvons tous, au-delà des origines, des convictions, des valeurs, être acteurs, ambassadeurs de laïcité. Car, pour paraphraser Mme Bachelot, dans un beau moment d’inspiration, à la tribune de l’assemblée nationale, défendant seule, le projet du PACS : « Nous ne reconnaissons ici qu’une communauté : la République ».
 
 

Commentaires

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Honteux de ne pouvoir contacter Jean-Louis Tourenne à l'adresse proposée à l'onglet contact. Un sens de la démocratie à part. Etonnant.

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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