Président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine

Propositions de la Commission Balladur : injure au bon sens et à la démocratie

Parler de mille-feuilles c’était déjà, en dehors de son aspect savoureux, condamner par avance une organisation institutionnelle identique à celle des autres pays européens – hormis le nombre de communes- et surtout, donner un alibi à un Etat en faillite, impécunieux, dilettante avec l’argent public qu’on distribue à poignées comme le semeur d’autrefois. Les plus proches recueillant l’essentiel de la manne.

Des propositions illisibles : on accusait les collectivités de ne pas disposer de compétences suffisamment identifiables. Demain, élire sur la même liste des conseillers généraux et des conseillers généraux-régionaux va certainement renforcer la lecture et la compréhension.

Des propositions  qui bafouent la démocratie : Des scrutins de listes. Comment disposer alors d’un interlocuteur connu, identifié comme le porte-parole de la population, notamment des plus démunis d’un canton. C’en est fini de la démocratie de proximité.

Des propositions ubuesques : des métropoles, enclaves dans les départements. De quoi exacerber les antagonismes et surtout réduire le champ de la solidarité. Les territoires les plus riches pratiqueront en leur sein l’action sociale avec les meilleures recettes. Les plus pauvres seront solidaires des encore plus pauvres. Le département d’Ille et Vilaine le plus peuplé de Bretagne deviendra le plus petit.

Des propositions de recentralisation ; avec la perte de la clause de compétence générale, il en sera fini du dynamisme local, le l’émulation que peut représenter la capacité à agir dans les domaines de l’économie, de la recherche, de l’aménagement du territoire, de l’égalité des chances etc..

En réalité, il s’agit d’une longue liste de restrictions dont on ne saisit pas bien le sens si ce n’est de masquer que la mauvaise gestion c’est l’Etat : 26 000 € de dettes par habitant. 450 € par habitant en Ille et Vilaine pour l’investissement, c'est-à-dire la constitution d’un patrimoine.
 

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édito par Jean-Louis Tourenne

 

J'ai souvent dit à quel point il me semblait inquiétant de voir se développer au sommet de l'Etat les pires des pratiques: un culte de l'argent immodéré, des liens inquiétants avec les puissants, les importants, une politique au service de ces derniers, au service des privilèges et au détriment des plus faibles.
Il se dit beaucoup de choses sur Eric Woerth, Liliane Bettancourt, sur "les enveloppes" qui auraient circulé de main en main. L'opacité encore, l'opacité toujours. Un scandale au sein d’un gouvernement, c’est déjà très inquiétant mais objectivement peu y ont échappé. Mais là l’heure est grave car ils se multiplient, s’ajoutent les uns aux autres, au point presque que l’un chasse l’autre.
Il se développe un climat nauséabond qui empêche que ne se tiennent les vrais débats, qui intéressent l'avenir des francais, comme celui sur la réforme des retraites....Mais peut être cela les arrangent-ils finalement
Beaucoup de bruit, en somme, et je n'en rajouterai pas.
Mais qui ne serait pas choqué d'entendre, aujourd'hui, Christian Estrosi comparer les interrogations légitimes adressées à Eric Woerth, dont les situations de conflit d'intêret sont évidentes, avec les campagnes menées contre Roger Salengro, ministre du Front populaire, et Pierre Beregovoy. Ces deux personnalités, que tous savaient intègres, et dont tous reconnaissaient le respect élevé qu'ils avaient pour la politique, et qui ont choisi de mettre fin à leur vie. M.Estrosi ajoute que ceux qui voudraient que la justice fasse son travail sont des personnes "assoifées de sang". Cela revient à comparer nos médias  aux journalistes de la revue nationaliste et antisémite Gringoire qui avaient poussé, en 1936, Roger Salengro à commettre l'irréparable. Le propos est grossier, le trait outrancier.
Nous vivons une crise. Une crise économique, sociale mais également institutionnelle et de plus en plus morale. Et les propos de M.Estrosi n'honorent ni la république ni ceux qui s'en disent les représentants, au plus au sommet de l'Etat.

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