Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Propositions de la Commission Balladur : injure au bon sens et à la démocratie

Parler de mille-feuilles c’était déjà, en dehors de son aspect savoureux, condamner par avance une organisation institutionnelle identique à celle des autres pays européens – hormis le nombre de communes- et surtout, donner un alibi à un Etat en faillite, impécunieux, dilettante avec l’argent public qu’on distribue à poignées comme le semeur d’autrefois. Les plus proches recueillant l’essentiel de la manne.

Des propositions illisibles : on accusait les collectivités de ne pas disposer de compétences suffisamment identifiables. Demain, élire sur la même liste des conseillers généraux et des conseillers généraux-régionaux va certainement renforcer la lecture et la compréhension.

Des propositions  qui bafouent la démocratie : Des scrutins de listes. Comment disposer alors d’un interlocuteur connu, identifié comme le porte-parole de la population, notamment des plus démunis d’un canton. C’en est fini de la démocratie de proximité.

Des propositions ubuesques : des métropoles, enclaves dans les départements. De quoi exacerber les antagonismes et surtout réduire le champ de la solidarité. Les territoires les plus riches pratiqueront en leur sein l’action sociale avec les meilleures recettes. Les plus pauvres seront solidaires des encore plus pauvres. Le département d’Ille et Vilaine le plus peuplé de Bretagne deviendra le plus petit.

Des propositions de recentralisation ; avec la perte de la clause de compétence générale, il en sera fini du dynamisme local, le l’émulation que peut représenter la capacité à agir dans les domaines de l’économie, de la recherche, de l’aménagement du territoire, de l’égalité des chances etc..

En réalité, il s’agit d’une longue liste de restrictions dont on ne saisit pas bien le sens si ce n’est de masquer que la mauvaise gestion c’est l’Etat : 26 000 € de dettes par habitant. 450 € par habitant en Ille et Vilaine pour l’investissement, c'est-à-dire la constitution d’un patrimoine.
 

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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