Dimanche 9 octobre 2011.
Deux gagnants : les français et la démocratie !
Hier, les français se sont déplacés en masse pour le premier tour des primaires citoyennes du parti socialiste. La mobilisation a été au delà de toutes les espérances, le succès supérieur à tous les pronostics. Ce premier tour a été une expérimentation démocratique réussie, preuve que les énergies civiques existent quand on veut bien les laisser s’exprimer. Les français nous ont montré qu’ils étaient disponibles à s’engager. Ils ont saisi cette consultation citoyenne et exprimé une envie de changement.
La Gauche, globalement, a progressé dans la définition de la société, plus juste et solidaire, que les citoyens demandent. Elle a démontré sa capacité à innover, avec ces primaires citoyennes inédites qui ont su rassembler, au-delà des seuls militants encartés.
Cette modernité a fait deux grands gagnants hier : les français et la démocratie. N’en déplaise à Jean-François Copé qui pensait être le candidat automatique de l’UMP pour les présidentielles de 2017. Le PS a montré que les candidatures ne se décrétaient pas et nombre d’élus, de gauche comme d’ailleurs, ont salué cette audace. Redonner aux citoyens le sentiment qu’ils peuvent peser dès la désignation du candidat est positif et contribuera à ankyloser cette défiance, profondément enracinée, envers le politique.
Ces primaires sont également une réussite parce que les candidats de gauche qui se sont présentés ont fait des campagnes de contenu et ont civilisé leurs débats. C’est en ce sens que la victoire d’hier est aussi celle des idées. Certaines d’entre elles, plus clivantes et plus modernes, se sont révélées.
La question n’est pas de se perdre en querelles byzantines sur : qui est le plus à gauche ? Les deux candidats porteront le projet socialiste avec intégrité et volonté de le mettre en œuvre. Il existe des nuances entre eux : combien d’années pour arrêter le nucléaire ? combien de postes dans l’enseignement ? Arnaud Montebourg se projetait vers un idéal que la prochaine mandature ne permettra sans doute pas d’atteindre mais c’est l’horizon. En mai 2012, pour l’élection présidenteille, nous n’aurons pas à trancher entre deux sensibilités de gauches mais à nous libérer du système Sarkozy. Il faut gagner, sauf à en reprendre pour cinq ans de destruction de notre économie, de notre société, de nos valeurs républicaines, de la morale même…
Et pour gagner la Présidentielle - car c’est bien de cela qu’il s’agit - pour en finir avec cette politique de classe et de casse, il faut, me semble-t-il, que le futur candidat (ou candidate) contre Nicolas Sarkozy réunisse trois conditions :
- Etre capable de rassembler le plus largement possible tous ceux qui partagent les valeurs de la gauche ;
- Avoir la capacité de tenir le long marathon qu’est une campagne présidentielle. La droite est aux abois. Les coups bas, les anathèmes, la mauvaise foi seront, comme souvent, ses armes favorites.
- Avoir, dans la tête des Français, déjà, la stature d’un Président de la République Française.
Je suis convaincu que François Hollande réunit parfaitement toutes ces conditions.
Ne nous résignons pas, ne nous démobilisons pas ! L’opération du premier tour, à la fois exigeante et moderne, a été une réussite. Faisons ensemble que celle du second tour soit un triomphe !