Président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine

En France, quand on naît pauvre, on a toutes chances de le rester

La France, sur le podium du déterminisme social.

Dans notre beau pays, le 5 ème pays le plus riche du Monde, la pauvreté frappe 8 millions de nos concitoyens, 13.2% de la population. Et nous sommes, le deuxième pays du monde industrialisé, juste après la Tchéquie, où le déterminisme social est le plus élevé. Autant dire que les pauvres engendreront des pauvres. Irrémédiablement!

Né dans un milieu défavorisé, on a deux fois plus de chances d'en sortir en Italie, en Grèce, en Allemagne, au Danemark qu'en France. Les classes sociales sont, chez nous, figées, dans le temps. Aucun espoir de redistribution des cartes même aux changements de générations. Les riches peuvent dormir tranquille, la concurrence pour les grandes écoles, les université, les postes de cadres dirigeants , restera limitée à la classe dirigeante.

72% des prisonniers ont quitté l'école avant 18 ans et sans formation professionnelle.

En Ille et Vilaine, depuis 6 ans, le nombre d'enfants retirés à leur famille a augmenté de 30%.

Depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy au Ministère de l'Intérieur, et après une dizaine de lois contre la délinquance, la politique du chiffre et de la répression ; le nombre d'agressions sur les personnes a augmenté de 19,4%. Moins rassurant pour les riches , ces manifestations de violence gratuite qui traduisent juste - sans être excusables pour autant - une révolte, sans avoir le smots pour la dire, contre une société qui n'a pas voulu remettre en cause les privilèges et laisse (et crée les conditions pour) se reproduire de générations en générations les mêmes marginalisations, les mêmes misères financières et affectives.

Ces injustices là qui ont conduit à la crise, ces destins façonnés de façon irrémédiable, c'est allumer la mèche de l'explosif qui nous éclatera, demain, à la figure.

Moins de compétition, plus de coopération; moins de cupidité, plus de solidarité; moins de rancoeurs, plus de chances à tous de réussir leur vie. Ce ne serait pas un plus bel idéal?

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édito par Jean-Louis Tourenne

 

J'ai souvent dit à quel point il me semblait inquiétant de voir se développer au sommet de l'Etat les pires des pratiques: un culte de l'argent immodéré, des liens inquiétants avec les puissants, les importants, une politique au service de ces derniers, au service des privilèges et au détriment des plus faibles.
Il se dit beaucoup de choses sur Eric Woerth, Liliane Bettancourt, sur "les enveloppes" qui auraient circulé de main en main. L'opacité encore, l'opacité toujours. Un scandale au sein d’un gouvernement, c’est déjà très inquiétant mais objectivement peu y ont échappé. Mais là l’heure est grave car ils se multiplient, s’ajoutent les uns aux autres, au point presque que l’un chasse l’autre.
Il se développe un climat nauséabond qui empêche que ne se tiennent les vrais débats, qui intéressent l'avenir des francais, comme celui sur la réforme des retraites....Mais peut être cela les arrangent-ils finalement
Beaucoup de bruit, en somme, et je n'en rajouterai pas.
Mais qui ne serait pas choqué d'entendre, aujourd'hui, Christian Estrosi comparer les interrogations légitimes adressées à Eric Woerth, dont les situations de conflit d'intêret sont évidentes, avec les campagnes menées contre Roger Salengro, ministre du Front populaire, et Pierre Beregovoy. Ces deux personnalités, que tous savaient intègres, et dont tous reconnaissaient le respect élevé qu'ils avaient pour la politique, et qui ont choisi de mettre fin à leur vie. M.Estrosi ajoute que ceux qui voudraient que la justice fasse son travail sont des personnes "assoifées de sang". Cela revient à comparer nos médias  aux journalistes de la revue nationaliste et antisémite Gringoire qui avaient poussé, en 1936, Roger Salengro à commettre l'irréparable. Le propos est grossier, le trait outrancier.
Nous vivons une crise. Une crise économique, sociale mais également institutionnelle et de plus en plus morale. Et les propos de M.Estrosi n'honorent ni la république ni ceux qui s'en disent les représentants, au plus au sommet de l'Etat.

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