Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

En France, quand on naît pauvre, on a toutes chances de le rester

La France, sur le podium du déterminisme social.

Dans notre beau pays, le 5 ème pays le plus riche du Monde, la pauvreté frappe 8 millions de nos concitoyens, 13.2% de la population. Et nous sommes, le deuxième pays du monde industrialisé, juste après la Tchéquie, où le déterminisme social est le plus élevé. Autant dire que les pauvres engendreront des pauvres. Irrémédiablement!

Né dans un milieu défavorisé, on a deux fois plus de chances d'en sortir en Italie, en Grèce, en Allemagne, au Danemark qu'en France. Les classes sociales sont, chez nous, figées, dans le temps. Aucun espoir de redistribution des cartes même aux changements de générations. Les riches peuvent dormir tranquille, la concurrence pour les grandes écoles, les université, les postes de cadres dirigeants , restera limitée à la classe dirigeante.

72% des prisonniers ont quitté l'école avant 18 ans et sans formation professionnelle.

En Ille et Vilaine, depuis 6 ans, le nombre d'enfants retirés à leur famille a augmenté de 30%.

Depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy au Ministère de l'Intérieur, et après une dizaine de lois contre la délinquance, la politique du chiffre et de la répression ; le nombre d'agressions sur les personnes a augmenté de 19,4%. Moins rassurant pour les riches , ces manifestations de violence gratuite qui traduisent juste - sans être excusables pour autant - une révolte, sans avoir le smots pour la dire, contre une société qui n'a pas voulu remettre en cause les privilèges et laisse (et crée les conditions pour) se reproduire de générations en générations les mêmes marginalisations, les mêmes misères financières et affectives.

Ces injustices là qui ont conduit à la crise, ces destins façonnés de façon irrémédiable, c'est allumer la mèche de l'explosif qui nous éclatera, demain, à la figure.

Moins de compétition, plus de coopération; moins de cupidité, plus de solidarité; moins de rancoeurs, plus de chances à tous de réussir leur vie. Ce ne serait pas un plus bel idéal?

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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