Président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine

Les enfants de pauvres condamnés à rester pauvres. L'odre social est préservé

Qui profite le plus de tous les équipements et services publics? qui reçoit le plus d'argent public au titre de la politique familiale? Etonnant, non?

 

L’égalité des chances en France : une mystification !
 
La France est l’un des pays du Monde où les classes sociales se cristallisent le plus, où se reproduisent de génération en génération, dans les mêmes familles, les phénomènes de marginalisation, d’exclusion, de carences affectives et éducatives.
 
Nous arrivons, en matière de déterminisme social, c'est-à-dire de destins façonnés par les conditions de sa naissance au deuxième rang de pays industrialisés, juste derrière la Tchéquie. Glorieuse performance !
En Italie, au Portugal, en Espagne, au Danemark un enfant de milieu défavorisé à deux fois plus de chances qu’en France de s’élever au-dessus de sa condition de naissance.
 
Comment s’étonner alors que les agressions non crapuleuses (c'est-à-dire gratuites) expression d’une rancœur qui n’a ni les mots, ni les arts pour le dire, explose. Près de 100 % d’augmentation depuis 2002 ? Des jeunes qui sortent de l’école avec pour tout viatique leur révolte contre une société qui n’a pas su leur donner les moyens de s’insérer socialement et professionnellement.
72% des condamnés emprisonnés ont terminé leur scolarité avant 18 ans sans formation professionnelle.
En Ille et Vilaine, entre 2002 et 2008, le nombre d’enfants retirés à leur famille a augmenté de 30%
Et pendant ce temps, la moyenne des enfants scolarisés à deux ans en maternelle est passée de   35.8 % en 2000 à 20.9 % en 2007
 
L’enfant ne tirera profit de l’école qu’à la condition de disposer de tous les outils fondamentaux : stimulation intellectuelle, éveil de la curiosité, socialisation
 
« Le développement de l’enfant est social dès la première heure » Marie Duru-Bellat insiste sur le fait que les pratiques éducatives parentales exercent une forte influence… Or ces dernières portent la marque des inégalités matérielles et culturelles qui caractérisent la famille.
 
Nous savons combien la période de 0 à 3 ans, période des apprentissages les plus complexes que l’enfant ait à faire : la marche, la propreté, les interdits sociaux, le passage à l’abstraction que représente le langage etc… constitue une période déterminante et façonne souvent irrémédiablement les destins.
 
Inégalité en matière de formation et d’accès aux crèches
 
9% des enfants d’ouvriers fréquentent l’Université ( en 2004) ils ne seront plus que 1% dans les grandes écoles. Par contre, les enfants de cadres sont 45% à faire des études supérieures.
16% des enfants du premier quartile ( le plus pauvre) vont au théâtre contre 49% des enfants du quartile de revenus les plus élevés. 58% des enfants de cadre supérieurs contre 30% des enfants d’ouvriers sont adhérents à une association.
 
Et les crèches dans leur ensemble ne reçoivent que 3% des enfants de bénéficiaires d’un minimum social.
 
Nous avons redéfini, en Ille et Vilaine, la vocation des crèches dont le personnel de grande qualification peut contribuer à compenser les carences affectives, éducatives familiales, rompre enfin un cycle infernal qui conduit à la marginalisation.
 
Pour les parents qui veulent légitimement travailler mais dont les enfants ne sont pas en péril, nous offrons d’autres modes d’accueil, mieux adaptés.
 
Les plus riches sont les principaux bénéficiaires des politiques familiales
Les familles les plus pauvres reçoivent en revenu indirect : allocations familiales, allocations logement, allocations de rentrée, exonérations fiscales etc … en moyenne 2846 € . Les familles les plus riches bénéficient en moyenne de 3556 € - (Source Drees du Ministère de la Santé)
Par exemple le recours à une officine privée pour l’aide à la scolarité : pour un coût de 100 €, un pauvre paie 100 € et un riche ne paie que 50 € ( 50 € de déduction fiscale)
 
Martin Hirsch quand il était encore animé par l’esprit de solidarité et moins par les ors d’un pouvoir qui le dorlote comme un trophée, avait écrit un remarquable ouvrage «  La pauvreté en héritage »
Je lui suggère d’écrire «  la richesse en héritage »  puisque les 10 % de Français qui possèdent 46% de la France ne paieront même plus de droits de succession. La concentration du capital pourra aller bon train. Plus d’obstacles pour accaparer toutes les richesses.
 
 
 
 
 
 

Commentaires

L’égalité des chances en France

Bonjour,

Je ne suis pas d'accord chacun a sa chance.
La preuve par l'exemple : Raymond Forni Président de l'Assemblé Nationale de 2000 à 2002.

Le mieux pour encourager les jeunes c'est l'exemple et l'exemplarité c'est de faire venir en Ille et Vilaine des Chercheurs des Techniciens des Administrateurs au sein d'un grand Centre de Recherche Européeen comme il en existe en Italie en Grande Bretagne en Allemagne avec le soutien de la Communauté Européenne.

Merci.

Poster un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <p> <br> <img> <a> <em> <strong> <ul> <ol> <li> <b> <i> <object> <embed> <param> <div>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage

CAPTCHA
Cette question nous sert à nous protéger contre le spam merci d'y répondre.

édito par Jean-Louis Tourenne

 

J'ai souvent dit à quel point il me semblait inquiétant de voir se développer au sommet de l'Etat les pires des pratiques: un culte de l'argent immodéré, des liens inquiétants avec les puissants, les importants, une politique au service de ces derniers, au service des privilèges et au détriment des plus faibles.
Il se dit beaucoup de choses sur Eric Woerth, Liliane Bettancourt, sur "les enveloppes" qui auraient circulé de main en main. L'opacité encore, l'opacité toujours. Un scandale au sein d’un gouvernement, c’est déjà très inquiétant mais objectivement peu y ont échappé. Mais là l’heure est grave car ils se multiplient, s’ajoutent les uns aux autres, au point presque que l’un chasse l’autre.
Il se développe un climat nauséabond qui empêche que ne se tiennent les vrais débats, qui intéressent l'avenir des francais, comme celui sur la réforme des retraites....Mais peut être cela les arrangent-ils finalement
Beaucoup de bruit, en somme, et je n'en rajouterai pas.
Mais qui ne serait pas choqué d'entendre, aujourd'hui, Christian Estrosi comparer les interrogations légitimes adressées à Eric Woerth, dont les situations de conflit d'intêret sont évidentes, avec les campagnes menées contre Roger Salengro, ministre du Front populaire, et Pierre Beregovoy. Ces deux personnalités, que tous savaient intègres, et dont tous reconnaissaient le respect élevé qu'ils avaient pour la politique, et qui ont choisi de mettre fin à leur vie. M.Estrosi ajoute que ceux qui voudraient que la justice fasse son travail sont des personnes "assoifées de sang". Cela revient à comparer nos médias  aux journalistes de la revue nationaliste et antisémite Gringoire qui avaient poussé, en 1936, Roger Salengro à commettre l'irréparable. Le propos est grossier, le trait outrancier.
Nous vivons une crise. Une crise économique, sociale mais également institutionnelle et de plus en plus morale. Et les propos de M.Estrosi n'honorent ni la république ni ceux qui s'en disent les représentants, au plus au sommet de l'Etat.

Archives du site

L M M J V S D
 
 
 
 
 
 
1
 
2
 
3
 
4
 
5
 
6
 
7
 
8
 
9
 
10
 
11
 
12
 
13
 
14
 
15
 
16
 
17
 
18
 
19
 
20
 
21
 
22
 
23
 
24
 
25
 
26
 
27
 
28
 
29
 
30
 
31