Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Les enfants de pauvres condamnés à rester pauvres. L'odre social est préservé

Qui profite le plus de tous les équipements et services publics? qui reçoit le plus d'argent public au titre de la politique familiale? Etonnant, non?

 

L’égalité des chances en France : une mystification !
 
La France est l’un des pays du Monde où les classes sociales se cristallisent le plus, où se reproduisent de génération en génération, dans les mêmes familles, les phénomènes de marginalisation, d’exclusion, de carences affectives et éducatives.
 
Nous arrivons, en matière de déterminisme social, c'est-à-dire de destins façonnés par les conditions de sa naissance au deuxième rang de pays industrialisés, juste derrière la Tchéquie. Glorieuse performance !
En Italie, au Portugal, en Espagne, au Danemark un enfant de milieu défavorisé à deux fois plus de chances qu’en France de s’élever au-dessus de sa condition de naissance.
 
Comment s’étonner alors que les agressions non crapuleuses (c'est-à-dire gratuites) expression d’une rancœur qui n’a ni les mots, ni les arts pour le dire, explose. Près de 100 % d’augmentation depuis 2002 ? Des jeunes qui sortent de l’école avec pour tout viatique leur révolte contre une société qui n’a pas su leur donner les moyens de s’insérer socialement et professionnellement.
72% des condamnés emprisonnés ont terminé leur scolarité avant 18 ans sans formation professionnelle.
En Ille et Vilaine, entre 2002 et 2008, le nombre d’enfants retirés à leur famille a augmenté de 30%
Et pendant ce temps, la moyenne des enfants scolarisés à deux ans en maternelle est passée de   35.8 % en 2000 à 20.9 % en 2007
 
L’enfant ne tirera profit de l’école qu’à la condition de disposer de tous les outils fondamentaux : stimulation intellectuelle, éveil de la curiosité, socialisation
 
« Le développement de l’enfant est social dès la première heure » Marie Duru-Bellat insiste sur le fait que les pratiques éducatives parentales exercent une forte influence… Or ces dernières portent la marque des inégalités matérielles et culturelles qui caractérisent la famille.
 
Nous savons combien la période de 0 à 3 ans, période des apprentissages les plus complexes que l’enfant ait à faire : la marche, la propreté, les interdits sociaux, le passage à l’abstraction que représente le langage etc… constitue une période déterminante et façonne souvent irrémédiablement les destins.
 
Inégalité en matière de formation et d’accès aux crèches
 
9% des enfants d’ouvriers fréquentent l’Université ( en 2004) ils ne seront plus que 1% dans les grandes écoles. Par contre, les enfants de cadres sont 45% à faire des études supérieures.
16% des enfants du premier quartile ( le plus pauvre) vont au théâtre contre 49% des enfants du quartile de revenus les plus élevés. 58% des enfants de cadre supérieurs contre 30% des enfants d’ouvriers sont adhérents à une association.
 
Et les crèches dans leur ensemble ne reçoivent que 3% des enfants de bénéficiaires d’un minimum social.
 
Nous avons redéfini, en Ille et Vilaine, la vocation des crèches dont le personnel de grande qualification peut contribuer à compenser les carences affectives, éducatives familiales, rompre enfin un cycle infernal qui conduit à la marginalisation.
 
Pour les parents qui veulent légitimement travailler mais dont les enfants ne sont pas en péril, nous offrons d’autres modes d’accueil, mieux adaptés.
 
Les plus riches sont les principaux bénéficiaires des politiques familiales
Les familles les plus pauvres reçoivent en revenu indirect : allocations familiales, allocations logement, allocations de rentrée, exonérations fiscales etc … en moyenne 2846 € . Les familles les plus riches bénéficient en moyenne de 3556 € - (Source Drees du Ministère de la Santé)
Par exemple le recours à une officine privée pour l’aide à la scolarité : pour un coût de 100 €, un pauvre paie 100 € et un riche ne paie que 50 € ( 50 € de déduction fiscale)
 
Martin Hirsch quand il était encore animé par l’esprit de solidarité et moins par les ors d’un pouvoir qui le dorlote comme un trophée, avait écrit un remarquable ouvrage «  La pauvreté en héritage »
Je lui suggère d’écrire «  la richesse en héritage »  puisque les 10 % de Français qui possèdent 46% de la France ne paieront même plus de droits de succession. La concentration du capital pourra aller bon train. Plus d’obstacles pour accaparer toutes les richesses.
 
 
 
 
 
 

Commentaires

L’égalité des chances en France

Bonjour,

Je ne suis pas d'accord chacun a sa chance.
La preuve par l'exemple : Raymond Forni Président de l'Assemblé Nationale de 2000 à 2002.

Le mieux pour encourager les jeunes c'est l'exemple et l'exemplarité c'est de faire venir en Ille et Vilaine des Chercheurs des Techniciens des Administrateurs au sein d'un grand Centre de Recherche Européeen comme il en existe en Italie en Grande Bretagne en Allemagne avec le soutien de la Communauté Européenne.

Merci.

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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