Président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine

Vol des "Ordi35" : l'occasion fait le larron

C’est dans les journaux et notamment dans Ouest France des 18 et 19 août. Une entreprise de maintenance de Bruz a été cambriolée. 551 ordinateurs du dispositif Ordi 35 ont été subtilisés. Le préjudice est lourd et à charge de l’entreprise et de son assureur. Fin de l’histoire ?
Pour Mmes Le Callennec et Daucé, non. Pour ces deux conseillères générales de l’opposition, l’occasion est trop belle de démontrer que l’opération coute trop cher, bien trop cher. Comme si elles semblaient se réjouir que ce désolant fait divers vienne justifier leurs oppositions à Ordi 35 et ce avec un timing parfait, à 15 jours de la rentrée. Ce type de communication fait passer le fait divers de la dimension policière à la dimension politicienne.
 
C’est dans l’air du temps. Il se passe quelque chose, un fait divers, plus ou moins grave,  plus ou moins bien relayé dans la presse, plus ou moins marquant dans l’opinion. On s’en empare, on le transforme, on le fait parler, on le presse comme un citron pour en extraire des conclusions, politiques bien sûr, et idéalement qui correspondent aux orientations que l’on préconise.
C’est facile, pas cher et on peut espérer un certain écho.
 
Je ne serais pas élu, je ne ferais pas de politique... je trouverais cela drôle. Ici, c’est grotesque. Cela participe à décrédibiliser encore un peu plus l’action des élus, issus de la majorité ou de l’opposition.
Ce n’est pas ma vision des choses.

 
Lorsque j’ai appris que ce cambriolage avait eu lieu, ma première préoccupation n’a pas été de communiquer mais de m’assurer auprès de mes services que chaque élève disposerait bien d’un ordinateur à la rentrée. J’ai privilégié la continuité d’un dispositif public, populaire auprès des familles et utile pour les jeunes, à la satisfaction minuscule de voir mon nom dans le journal. Et j’assume, je ne vais pas me mettre à commenter tous les faits divers…
 
Et surtout cela ne ressemblerait pas à l’idéal qui porte mon engagement politique.

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édito par Jean-Louis Tourenne

 

 
 J’ai perdu un ami. A ceux qui disent que les sentiments n’ont pas de place en politique, je peux vous dire qu’ils font fausse route.
 Christian c’était une ambiance,  un esprit, un climat, celui de la jovialité. Dans l’opposition comme dans la gouvernance majoritaire, je ne suis jamais lassé de l’entendre, de travailler avec lui. Ses exigences morales et intellectuelles le rendaient précieux. Tout au long de ces années passées- depuis 1988 tout de même ! -  je n’ai connu qu’une seule méthode, celle du travail, de la simplicité et de la discrétion.
 
 
Mais Christian c’était également une volute de fumée et que sa femme Michèle ne me tienne pas rigueur de ce mauvais jeu de mots, il est parti avec sa maitresse, d’origine Gitane. Je sais qu’il a souffert et j’en ai mal pour lui. Je ne devrais pas l’écrire mais tant pis : savoir que ceux qui nous sont chers ont souffert, quelle injustice quant tant d’autres qui ne se seront jamais souciés du sort de leur voisin passent de vie à trépas sans les affres de la souffrance.
 
 
Parler de Christian, c’est comme feuilleter un album sonore ou photos.
 
Sonore parce que Christian c’était une succession de 3 à 4 notes, celle de son rire grave et sonore. Elles l’annonçaient, l’accompagnaient ou le précédaient mais jamais ne l’abandonnaient. Ces quelques notes, si tant est qu’on puisse ainsi les qualifier, étaient la seule expression d’impudeur que je lui connaisse : tout le reste du personnage n’était que discrétion et secret. Même les chiffres il les mettait en musique : avec ses explications, tout devenait limpide, un travail de joaillier où il ciselait ses démonstrations, son argumentation. Il s’interdisait de ne pas démontrer ce qu’il affirmait. Et entre deux démonstrations, il pouvait glisser un bon mot pour relancer l’attention ou régler un compte, hors de toute méchanceté car il en était dépourvu. Christian ne comptait pas, il contait.
 
Visuel parce que si je devais compter toutes les anecdotes qui nous unissent, il me faudrait contacter immédiatement l’administrateur de ce site pour qu’il en augmente les capacités. Allez, comme ça, au débotté : si vous ne l’avez pas entendu raconter que chaque fin d’été il réservait son emplacement pour l’été suivant, si vous ne l’avez pas vu – oui je dis bien vu- narrer la pêche à la crevette à l’Ile de ré avec ses petits enfants, alors, croyez moi, vous êtes passés à coté de quelque chose. Je ne sais pas si ses petits enfants liront ces lignes, mais ils seraient encore plus fiers s’ils savaient en quels termes il parlait d’eux. Si mes souvenirs sont exacts, je crois même qu’il leur avait aménagé chez lui une pièce avec télé pour laquelle il nous disait régulièrement qu’il adorait s’y installer avec eux et qu’il nous quittait pour les rejoindre. Je pourrais vous parler de banquets où les chansons se succédaient, parfois avec quelques précautions oratoires laissées dans le coffre de la voiture mais que seraient les banquets sans celles et ceux qui prennent le micro, donc des risques !  
 
Christian : c’est un parcours, celui de l’engagement, professionnel, associatif, militant, politique. C’est un parcours ordinaire d’homme engagé et c’est justement ce qui le rend extraordinaire. Je salue sa mémoire, j’embrasse sa femme Michèle. Les sardines peuvent porter le deuil et Douarnenez mettre en berne ses drapeaux tant il racontait avec excellence cette procession annuelle qu’il faisait en famille. Il a conté  pour moi. J’espère avoir compté pour lui.

 

Au fil des jours