Président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine

CREPS : L’ETAT VEUT FAIRE PORTER LE CHAPEAU AUX COLLECTIVITÉS LOCALES

J’ai participé ce matin du 26 mars à une réunion convoquée par l’Etat pour parler de l’avenir du CREPS. Un avenir assombri par le choix du gouvernement de se retirer du fleuron breton de la formation sportive et de l’éducation populaire.

Depuis près d’un an, j’ai été alerté au sujet des menaces qui pesaient sur le Centre Régional d’Education Populaire et des Sports de Dinard. Immédiatement, j’ai saisi le ministre Laporte pour signifier mon refus de voir rayer de la carte nationale un des fleurons bretons de la formation sportive.

Mais la Révision Générale des Politiques Publique – sainte RGPP –   est devenue l’apha et l’omega de la pensée gouvernementale et la suppression des services, son obsession.  En fin d’année 2008, le ministre a confirmé la fermeture du CREPS de Dinard.
D’aucun ont tenté de convaincre que leur intervention en haut lieu avait permis de sauver l’établissement. Certains ont voulu y croire ; Pourtant, nous n’avons pas été dupes et j’ai souligné qu’à défaut d’être sauvé, le CREPS était sorti d’une liste de structures purement et simplement fermées pour entrer dans une catégorie « intermédiaire ». En soins palliatifs !!!
A mon sens, cet « intermédiaire » doit être entendu comme un purgatoire. Qui au sens du dictionnaire signifie : « état ou lieu symbolique de purification temporaire pour les défunts morts en état de grâce, mais qui n’ont pas encore atteint la perfection qu’exige la vision béatifique ; fig : période d’épreuve transitoire ». Et quelle épreuve !
Depuis le début, je dénonce ce qui est devenu une pratique habituelle du gouvernement : se débarrasser de structures dont il ne veut plus pour en transférer la charge aux collectivités publiques. A elles de porter, le cas échéant, l’impopularité du refus de payer l’addition !
Avec 91 millions d’euros de transfert de compétences et de charges non compensées par l’Etat, le Conseil général (donc les habitants d’Ille-et-Vilaine) règle une note salée. Il n’est pas question pour moi d’en rajouter.
D’une part parce que je crois qu’un équipement comme le CREPS de Dinard mérite de se voir conforté dans une politique du sport de haut niveau national (pour peu qu’il y en ait une).
D’autre part, je refuse d’être mis devant le fait accompli : le gouvernement ne veut plus financer le CREPS  et somme les collectivités de trouver une solution. Ce même gouvernement crie haro sur les financements croisés, mais il les sollicite pour adoucir ses désengagements ! Je n’en serai pas le complice.
Qu’avons-nous appris ce matin ?
1. Que le député-maire de Saint-Malo avoue que le CREPS est en sursis. Ah, bon ? J’avais compris qu’il l’avait sauvé…Mais ce matin, il convenait que la position de l’Etat était si opaque que les élus ne pouvaient se prononcer.
2. Que le Comité Régional Olympique et Sportif n’avait été associé à aucune discussion à l’initiative du gouvernement et qu’il avait été invité la veille à cette rencontre que nous attendions tous depuis plus de trois mois. C’est une chance que n’a pas eue un syndicat représentatif (le SNEP)…Mais il devrait être informé des discussions par les représentants de l’Etat.
3. Que le pôle espoir golf est condamné. 
4. Que le pôle badminton pourrait (?)être conservé, mais la fédération attend d’y voir plus clair sur le devenir de l’établissement. Comme nous tous d’ailleurs !
5. Que le pôle Volley-Ball devrait (décidément le conditionnel!!)aussi rester à Dinard pour peu que le Directeur Technique National le confirme après sa venue, fin avril, à Dinard.
Avec des « si »…
Côté Etat :
-          on confirme la dotation de l'Etat disparaitra avec la fermeture du CREPS de Dinard, sauf si les collectivités locales mettent la main à la poche pour réduire sa participation.
-          qu’aucun pôle national n’y sera installé ;
-          pour les pôles espoirs, seul un vague « espoir » réside du côté du foot féminin. Cela trouverait quelques grâces aux yeux de l’Etat qui ne dit toutefois pas ce que cela impliquerait dans sa participation quant à l’avenir du centre.
 
La Région, avec le département et les communes concernées, ont remis une précisé leurs intentions pour l’avenir. Nous verrons l’accueil qu’elles recevront.
Je reste, en tous cas, très dubitatif sur l’intérêt de cette rencontre où nous n’avons rien appris que nous ne sachions déjà.
Ce qui ne me rend guère optimiste…

Commentaires

Pour une politique du sport en France

Merci de votre propos clair.
Je vais m'appuyer sur cette étape en préfecture pour relancer une inter syndicale en vue de rencontrer, au nom des personnels JS, le préfet.

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édito par Jean-Louis Tourenne

 

J'ai souvent dit à quel point il me semblait inquiétant de voir se développer au sommet de l'Etat les pires des pratiques: un culte de l'argent immodéré, des liens inquiétants avec les puissants, les importants, une politique au service de ces derniers, au service des privilèges et au détriment des plus faibles.
Il se dit beaucoup de choses sur Eric Woerth, Liliane Bettancourt, sur "les enveloppes" qui auraient circulé de main en main. L'opacité encore, l'opacité toujours. Un scandale au sein d’un gouvernement, c’est déjà très inquiétant mais objectivement peu y ont échappé. Mais là l’heure est grave car ils se multiplient, s’ajoutent les uns aux autres, au point presque que l’un chasse l’autre.
Il se développe un climat nauséabond qui empêche que ne se tiennent les vrais débats, qui intéressent l'avenir des francais, comme celui sur la réforme des retraites....Mais peut être cela les arrangent-ils finalement
Beaucoup de bruit, en somme, et je n'en rajouterai pas.
Mais qui ne serait pas choqué d'entendre, aujourd'hui, Christian Estrosi comparer les interrogations légitimes adressées à Eric Woerth, dont les situations de conflit d'intêret sont évidentes, avec les campagnes menées contre Roger Salengro, ministre du Front populaire, et Pierre Beregovoy. Ces deux personnalités, que tous savaient intègres, et dont tous reconnaissaient le respect élevé qu'ils avaient pour la politique, et qui ont choisi de mettre fin à leur vie. M.Estrosi ajoute que ceux qui voudraient que la justice fasse son travail sont des personnes "assoifées de sang". Cela revient à comparer nos médias  aux journalistes de la revue nationaliste et antisémite Gringoire qui avaient poussé, en 1936, Roger Salengro à commettre l'irréparable. Le propos est grossier, le trait outrancier.
Nous vivons une crise. Une crise économique, sociale mais également institutionnelle et de plus en plus morale. Et les propos de M.Estrosi n'honorent ni la république ni ceux qui s'en disent les représentants, au plus au sommet de l'Etat.

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