Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Qui nous protège des évaluateurs ?

 

Les questions relatives à l’évaluation des experts ou des évaluateurs a toujours fait débat. Elles posent une double interrogation : l’avis des experts est-il toujours souverain, objectif et inébranlable ? En cas de mauvaise évaluation, qui a autorité pour rétablir la vérité si tant est qu’elle existe ?
 
         Ces questions sont d’autant plus problématiques qu’il existe une forte asymétrie d’informations entre l’expert et « l’évalué » : l’expert sait, pas nous ! Cela le place dans une situation relativement confortable mais terriblement injuste. Celui qui possède l'information détient le pouvoir. C’est exactement le cas concernant le positionnement des agences de notation, leur rôle et leur influence sur nos économies. Leur influence est telle que nous sommes quelques fois proches de la théorie du Chaos au sens premier, c’est-à-dire s’opposant à l’ordre et au déterminisme. Il nous faut alors résoudre cette équation impossible: imposer des règles pour réguler le chaos. L'importance accordée à tort à ces agences devrait plutôt nous réunir autour d'une question simple : comment pouvons nous accepter aujourd’hui que la vie de millions de personnes dépende d’un battement de cil de standard and Poors, de Moody’s ou encore Fitch ? Finalement, ces agences de notations ne sont que le fidèle reflet de marchés financiers régis par le Chaos dans lesquels les mouvements stochastiques rendent improbables, imprévisibles et difficilement possibles les choix de demain. La crise de 2008 et celle que nous nous connaissons actuellement – qui n’est au final qu’une suite logique- nous démontrent bien de quelle façon les acteurs intervenant sur les marchés financiers appréhendent la vie d’individus qui ne (sur)vivent que grâce à leur seule force de travail : comme les dommages collatéraux de loteries aléatoires, des variables d’ajustements au bon vouloir des actionnaires et des marchés.
 
         Pour revenir à mes propos liminaires, c’est un acte de démocratie que de s’interroger sur la pertinence de ces agences. En 2007, Standard and Poor’s a attribué une note triple A à une émission de titres adossés à des crédits (CDO), en l'occurrence des crédits hypothécaires résidentiels, baptisée Delphinus, ces mêmes crédits hypothécaires qui ont poussé le monde dans la crise un an plus tard. Autant dire qu’ils ont commis une faute grave. D’ailleurs, le régulateur boursier américain (la SEC) a lancé fin 2011 une enquête à l’encontre de Standard and Poor's afin de contrôler leur totale impartialité. On voit bien les limites du système :
-         1 l’expert peut ne pas toujours être objectif
-         2 l’expert peut se tromper
 
Dans les deux cas précités, il en résulte une question fondamentale : comment sur un marché chaotique est-il possible de se prémunir des décisions des agences de notations dont les effets économiques sont difficilement prévisibles ? Ce n’est pas en tout cas dans l'instauration d' une taxe tobin light non coordonnée avec les autres pays européens que nous trouverons notre salut. Seule une politique monétaire et fiscale coopérative européenne nous permettrait de garantir une régulation plus efficace des marchés. Une Banque Centrale Européenne plus forte qui interviendrait directement dans l’économie et la création d’une agence publique de notation européenne sont des solutions concrètes aux problèmes.

Commentaires

Poster un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <p> <br> <img> <a> <em> <strong> <ul> <ol> <li> <b> <i> <object> <embed> <param> <div>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage

CAPTCHA
Cette question nous sert à nous protéger contre le spam merci d'y répondre.

édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

Archives du site

L M M J V S D
 
 
1
 
2
 
3
 
4
 
5
 
6
 
7
 
8
 
9
 
10
 
11
 
12
 
13
 
14
 
15
 
16
 
17
 
18
 
19
 
20
 
21
 
22
 
23
 
24
 
25
 
26
 
27
 
28
 
29