Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Le médiateur de la République, une autorité indépendante à défendre

Corps de l'édito: 

 

 
La séparation des pouvoirs a été exposée en France par Montesquieu au XVIIIe siècle en réaction à l’absolutisme de l’Ancien Régime. On ne remet plus en cause son importance dans notre démocratie moderne ? À voir.
 
La démocratie française a été plus loin en se dotant d’autorités administratives indépendantes. Dans le domaine de la défense des droits des administrés, le législateur a d’abord créé par une loi du 3 janvier 1973, le médiateur de la République. Nommé par décret en Conseil de ministres, pour une période de six ans non renouvelable, il ne peut être démis de son mandat pendant cette période. Il n’est soumis à aucun pouvoir hiérarchique, ni à aucune tutelle. C’est une garantie formidable d’indépendance pour les citoyens.
 
L’augmentation du nombre de saisines dont il fait l’objet en France, met en lumière le sentiment d’incompréhension et d’exclusion éprouvé par beaucoup de concitoyens et d’associations, notamment dans le domaine de la solidarité. En 1973, année de sa création, le médiateur avait reçu 1773 réclamations. En 1998, il en a reçu plus de 45 000. Ce chiffre est passé à plus de 58 000 en 2005. C’est bien là le signe évident et incontestable de l’importance de ses actions.
 
Hier monsieur Delevoye pointait du doigt l’augmentation des inégalités. Aujourd’hui il alerte les citoyens à juste titre sur le sort fait par le gouvernement aux maisons départementales des personnes handicapées.
 
Ces MDPH créées pour permettre à nos concitoyens souffrant d’un handicap de vivre pleinement leur citoyenneté grâce à ces lieux, où sont regroupées toutes les informations et aides sur le handicap, et qui sont en difficulté financière.
 
Après un rapport sénatorial qui faisait le même constat, le message du médiateur se résume ainsi :
Pour garantir une qualité d’accueil et de traitement des demandes, il devient impératif de renforcer les moyens de ces structures
 
Le médiateur joue un rôle de défenseur des droits du citoyen, tout comme le défenseur des enfants et la Commission nationale de déontologie et de la sécurité. Fusionner ces trois autorités, comme le veut le gouvernement à travers un projet de loi en cours d’examen, pourrait se défendre. Mais j’aimerais vraiment être sur qu’un périmètre trop large ne nuira pas à l’efficacité de la future autorité : le Défenseur des Droits.

édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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