Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Derrière les chiffres...

 

 
 
                        Derrière les chiffres, se cachent souvent des réalités personnelles ou familiales dramatiques. Une fois par mois, le Ministère du travail annonce les chiffres du chômage. La catégorie A, c'est-à-dire les personnes inscrites à Pôle-emploi, immédiatement disponibles, et qui n’ont pas du tout travaillé au cours du mois, a ainsi augmenté de 1,1 % en novembre 2011.
 
                        Que dire, c’est beaucoup ? C’est peu ? Les pourcentages peuvent être trompeurs. Dans la réalité cela fait 29 900 demandeurs d’emploi en plus. C’est difficile à visualiser comme cela. Imaginons une population de 29 900 habitants qui devient chômeuse. C’est à peu près la population de la communauté de communes de la Roche aux Fées, ou le la Bretagne Romantique. Là, cela devient plus tangible.
 
                        Pour notre département, l’augmentation est de + 1,3 %, soit 35 740 demandeurs d’emploi, à quelque chose près deux fois la commune de Vitré.
 
                        Au niveau national, c’est près de 100 000 chômeurs supplémentaires en trois mois, et 4 244 800 demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A,B et C (sans activité et avec une activité de plus ou de moins de 78 heures) soit pratiquement la population de la Bretagne à cinq départements.
 
                        Le Ministre du Travail, M. BERTRAND a beau dire que ce n’est que la conséquence de la faiblesse de l’activité économique, avec les plus mauvais chiffres depuis 2009 et une croissance nulle ce trimestre, ce résultat est plus le résultat de la vacuité de la politique économique et sociale du gouvernement.
 
                        Contraint de réviser se prévisions de croissance à la baisse, engagé dans une politique d’austérité que les dernières mesures décidées par le Premier Ministre renforcent, je ne vois aucun signe qui permet de penser que la situation de l’emploi va s’améliorer.
 
                        Cette augmentation du chômage marque l’échec d’une politique, et plus profondément l’échec d’une pensée politique qui croit encore que le « Marché » va tout résoudre. Le fiasco est total. Et c’est à nous que l’on vient reprocher de faire de l’idéologie….
 
 
                        La critique est facile, me direz vous, mais quand je reçois des demandeurs d’emploi dans mes permanences, quand je reçois des lettres de souffrance de personnes qui sont à la recherche d’emploi et qui n’en trouvent pas, quand je vois que Pôle-emploi n’a pas les moyens humains de recevoir dans de bonnes conditions les demandeurs d’emploi qui devraient être accompagnés régulièrement et soutenus dans leurs démarches, je me dis que le Département ne peut rester inerte face à une situation qui est inadmissible.
 
                        C’est bien pourquoi, avec la majorité départementale, nous voulons mettre en place, avec les entreprises, en lien avec nos partenaires du Service Public de l’Emploi une politique volontariste pour favoriser les mobilités professionnelles et les transitions d’une situation professionnelle à une autre.
 
                        Nous souhaitons avec ces partenaires mettre en place des actions qui permettent aux entreprises de trouver sur le marché de l’emploi une main-d’œuvre toujours mieux formée. Nous souhaitons que les salariés où les demandeurs d’emploi, par notamment cette belle idée de formation tout au long de la vie, aient une meilleure maîtrise de leur évolution professionnelle et salariale.
 
 
                        Nous ferons bientôt des propositions concrètes en ce sens, avec toujours le même souci de pragmatisme et d’efficacité, le même qui présidait déjà lors de la mise en place du CIRMA ou lors de l’expérimentation du R.S.A. La dynamique des parcours professionnels sera demain au cœur de notre politique.
 
                                  
 

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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