Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Pour une politique économique et industrielle qui respecte nos territoires...

 

Les années 2008 et 2009 resteront comme deux années noires en termes d’emplois, tant au niveau national qu’au niveau départemental. Nous, qui depuis des années avions réussi à inverser la tendance, en créant 22 000 emplois nets, nous nous trouvons en partie dépourvus face à la dureté de la crise qui nous frappe. Mis à part l’emploi industriel qui connait un déclin un peu partout en France depuis plusieurs années, nous avions réussi à apporter un élan économique avec l’aide de nos partenaires économiques. Malheureusement, le manque d’ambition en matière de politique industrielle depuis 15 ans en France ou encore les recours de plus en plus systématiques aux emplois intérimaires, n’ont pas arrangé la situation. En l’espace d’un an, entre janvier 2009 et janvier 2010 c’est une augmentation de demandeurs d’emploi d’environ 21% qu’aura connue l’Ille-et-Vilaine. Malgré tout, avec un taux de chômage en moyenne trimestrielle inférieur à 7.9 %, nous restons encore et toujours sous la moyenne nationale qui s’élève à 9.6%. Cette baisse d'emploi a frappé directement l'intérim (43 % du total des baisses en deux ans) qui est devenue la première variable de flexibilité avant le recours au chômage partiel pour réduire l'activité. Depuis cette dégringolade, le niveau des intérimaires s’est heureusement stabilisé en ce début d’année.
            Notre politique volontariste nous avait jusqu’à lors plutôt préservés des chocs conjoncturels, mais lorsque ceux–ci sont relayés par des politiques économiques nationales dramatiques, elles ne font qu’empirer la situation. La politique de rigueur menée par le Gouvernement aggrave considérablement la situation. En réduisant les capacités financières des collectivités locales, le gouvernement se prive des premiers contributeurs à l’activité économique du pays. Pour sortir de ce marasme, il aurait fallu bien au contraire développer une politique qui passe par un soutien budgétaire massif à l’innovation. Obama semble, lui, l’avoir bien intégré. C’est pourquoi nous menons une politique offensive en faveur des pôles de compétitivité et de la création de Cluster. Néanmoins comment continuer à développer de telles structures sans financements possibles ?
Enfin, il faudrait être capable d’inciter les grands groupes français à continuer d’investir en France plutôt que délocaliser à tout va. Une politique fiscale ambitieuse en faveur de la recherche et l’innovation accompagnée d’une forte taxation des bénéfices distribués aux actionnaires et dirigeants d’entreprises, sans oubliés ceux liés aux mouvements financiers, rétablirait l’équilibre.
            On le voit bien, la stratégie du gouvernement est incohérente d’autant plus qu’elle s’érige en totale contradiction avec les annonces et les choix faits en 2008 et 2009 : le sauvetage des banques afin qu’elles puissent continuer à soutenir l’économie associé à un plan de relance nationale qui devait nous maintenir la tête hors de l’eau. Résultats :
 
A) le sauvetage des banques n’a été qu’un gâchis sans nom des deniers publics, distribués avec générosité sans réelles contreparties. Aujourd’hui ce sont les PME, PMI mais aussi artisans qui se retrouvent devant des organismes bancaires refusant à tour de bras des prêts ou encore des avances de trésorerie. L’argent public versé aux banques devait leur permettre de soutenir l’activité, mais au final il aura surtout servi à renflouer les actionnaires ou à payer des bonus à leurs dirigeants. C’est en pensant à tous ces acteurs de la vie économique locale et à leurs difficultés actuelles que j’ai écrit au Directeur régional de la banque de France afin qu’il puisse alerter les organismes bancaires du risque qu’ils font encourir à l’économie locale.
 
B) Le plan de relance aurait pu être une opportunité d’instaurer une politique de relance budgétaire contracyclique ambitieuse d’avenir. Le gouvernement aurait du se poser la question de savoir si les aides de l’État devaient permettre de passer une crise difficile ou si elles devaient préparer une mutation inéluctable. L’enjeu aurait été de taille : amortir la crise tout et encrer notre économie dans une mutation profonde d’avenir. 
 
Malheureusement, on ne fait pas des politiques économiques à grand coups de slogans ou d’annonces. C’est pourquoi depuis 2004 nous avons mis en place des politiques volontaristes qui préparent l’avenir et qui assument les transformations de nos sociétés : investissement dans la recherche et l’innovation (pôle de compétitivités, cluster, agrobiopolis), dans l’emménagement des territoires (les agences départementales, agrobiopolis,…), dans le soutien aux derniers commerces, l’agriculture bio, l’économie de proximité, le soutien à l’économie sociale et solidaire. Bref, la clause de compétences générales associée à notre autonomie financière nous ont permis d’être dans le développement et la prévention mais aussi de proposer une vision d’avenir de notre département. En nous étranglant financièrement, le gouvernement actuel met un sérieux coup de frein à la mutation de nos territoires et met en danger tout le tissu économique local. Il est temps de réagir, une autre politique nationale est possible, celle qui respecte les territoires et qui ne repose pas sur la fatalité.
 

Commentaires

pour info

La politique fiscale ambitieuse en faveur de la recherche et l’innovation comprend notamment le CIR, vous ne pouvez l'ignorer.

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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