Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Les promesses dans le vent du Président de la République !

Corps de l'édito: 

 

                                                                                                 Les promesses dans le vent du Président !
 
           
            Manifestement, le Président de la République est en campagne et prépare activement le terrain pour les prochaines élections de Mai 2012. Ainsi, après s’être récemment exprimé pour le versement d’une prime exceptionnelle à destination des salariés les plus modestes, Nicolas Sarkozy vient de s’engager à ne pas fermer de nouvelles classes dans les écoles primaires à la rentrée 2012.
 
            Certainement faut-il voir là les éclairs de lucidité qui auront jusque là manqué aux choix du gouvernement depuis 2007. On peut, en effet, raisonnablement s’interroger sur le sens d’un mandat qui n’aurait pour objet que de reporter les mesures tant attendues au lendemain d’une nouvelle élection. On ne peut, en conséquence, que douter de la sincérité des annonces telles cette prime de 1000 euros, un temps évoquée, largement contestée et aussi vite enterrée, et dorénavant cette promesse pour l’école, bien entendue programmée pour la rentrée suivant la prochaine élection présidentielle. Les promesses n’engagent toujours que ceux qui y croient …
 
            Pour peu que l’on regarde la réalité en face, c'est-à-dire un peu au dessus des mouvements d’épaule du chef de l’Etat, force est de constater les ravages que provoque la politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, mise en œuvre depuis 2007.
 
            Appliquée à l’éducation, cette politique aura eu pour effet la suppression de 61 000 postes dans les écoles, collèges et lycées, tant publics que privés. A la rentrée prochaine, ce seront 16 000 postes qui seront supprimés et 900 au sein de notre seul département. Au plan national, ce seront pourtant 40 000 élèves qui viendront grossir les rangs des établissements de l’éducation nationale …
           
            Augmentation du nombre d’élèves dans les classes, disparition d’options, fermetures de classes et d’établissements … les conséquences inévitables d’une telle saignée finissent par émouvoir jusque dans les rangs de l’UMP. Emotion que la proximité des prochaines échéances électorales n’aura, bien entendu, pas motivée ….
 
            En tout état de cause, si le chef de l’Etat promet de « sanctuariser » l’école primaire au lendemain de sa  réélection, engagement est également pris de maintenir la RGPP et la politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Si bien qu’en dépit d’hypothétiques mesures pour l’école primaire, de bien réelles réductions de moyens pour les services publics sont d’ores et déjà programmées.
 
            Nous connaissons les effets d’une telle politique : en étranglant financièrement la puissance publique, la droite laisse le champ libre aux partisans de la dérégulation. Cette tendance se manifeste déjà, dans le champ éducatif, par un recours croissant aux entreprises d’enseignement particulier.
 
            Une autre politique est possible. Aux contraintes court-termistes et aux militants de la réduction drastique de la dépense publique, elle doit opposer le choix du long terme et de l’avenir. De la crise, nous ne sortirons qu’en donnant les moyens à tous d’exprimer ses qualités et ses talents. L’éducation, primaire, secondaire et supérieure, doit être une priorité. Il s’agit de la principale richesse de notre pays.
 
 
 
           
 

 

          

édito par Jean-Louis Tourenne

 

En passant par une SCOP ...

 
 
J’étais invité jeudi matin par Réso Solidaire à la visite d'une SCOP (Société Coopérative et Participative) qui se trouve au Rheu, près de Rennes. J’en profite d’ailleurs pour les remercier une nouvelle fois de leur sympathique invitation qui me fut par ailleurs très instructive et intéressante. Créée  il y a plus de 30 ans , cette société est devenue un acteur majeur du territoire et a  su développer des compétences  sur de nombreux projets transversaux grâce à des équipes pluridisciplinaires de qualité. Elle démontre surtout que l’organisation sous forme de SCOP est une réponse alternative à un modèle centralisé dans lequel la propriété de l’entreprise est dans les mains d’actionnaires qui n’en ont que faire de la situation des salariés, voire même dans certains cas  (nombreux ?), font pression sur leurs  conditions  de travail afin d’avoir un retour rapide sur investissement et à des taux élevés. Dans cette SCOP, le lien entre salariés , Pdg, citoyens est tenu, chacun étant un peu tout à la fois. Il en ressort, un bien être de tous, chacun se retrouvant au cœur des décisions de l’entreprise. Le partage des décisions, le partage des profits, la copropriété des moyens de production ne sont pas des utopies. L’économie peut très bien être prospère, générée de la croissance, et fonctionner sur un mode coopératif. Car ce qu’il ressort profondément de cette visite, c’est la capacité qu’ont  eu les salariés à coopérer et trouver un mode de fonctionnement qui leur soit propre. Ils partagent tous les mêmes intérêts, les mêmes objectifs. Ils partagent évidemment tous les mêmes valeurs, la même vision de la solidarité et de l’égalité face au travail. Alors certes, le modèle de société coopérative est fragile et repose sur une coopération de tous les instants. C’est un défi que nous pouvons et devons relever afin d’imaginer d’autres mode de production. Les enjeux sont de taille si nous voulons réinventer la place de l’Homme au sein de l’entreprise.
 
François Hollande a d’ailleurs bien saisi toute l’importance de soutenir ce mode d’organisation. C’est en ce sens qu’il a répondu à la sollicitation du Réseau des SCOP pour leur dire combien il désirait engager des réformes en faveur des modèles coopératifs. Ainsi, il annonçait que le rachat d’entreprises par leurs salariés pourrait représenter une solution pour éviter l’hémorragie actuelle d’entreprises. Par ailleurs, afin d'engager les changement nécessaire, dans ce même courrier, François Hollande proposait que de nouvelles dispositions soient prises rapidement dont certaines pourront être incluses, dès l’automne 2012, dans la loi de programmation du développement de l’économie sociale et solidaire. Le changement est donc bien en cours!
 
Le département continuera à s’engager pour promouvoir de nouvelles formes d’organisation, pour promouvoir l’économie sociale et solidaire et pour défendre les entreprises du territoire. L’actualité économique de ces derniers mois nous prouve que nous devons défendre une vision progressiste de l’entreprise et qu’il ne faut rien relâcher. Nos politiques, nos actes et nos actions en sont les preuves. Elles sont aux services de l’emploi, du développement durable, de l’aménagement du territoire et donc du maintien de l’Ille-et-Vilaine comme un département dynamique tourné vers ses habitants.

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