Les promesses dans le vent du Président !
Manifestement, le Président de la République est en campagne et prépare activement le terrain pour les prochaines élections de Mai 2012. Ainsi, après s’être récemment exprimé pour le versement d’une prime exceptionnelle à destination des salariés les plus modestes, Nicolas Sarkozy vient de s’engager à ne pas fermer de nouvelles classes dans les écoles primaires à la rentrée 2012.
Certainement faut-il voir là les éclairs de lucidité qui auront jusque là manqué aux choix du gouvernement depuis 2007. On peut, en effet, raisonnablement s’interroger sur le sens d’un mandat qui n’aurait pour objet que de reporter les mesures tant attendues au lendemain d’une nouvelle élection. On ne peut, en conséquence, que douter de la sincérité des annonces telles cette prime de 1000 euros, un temps évoquée, largement contestée et aussi vite enterrée, et dorénavant cette promesse pour l’école, bien entendue programmée pour la rentrée suivant la prochaine élection présidentielle. Les promesses n’engagent toujours que ceux qui y croient …
Pour peu que l’on regarde la réalité en face, c'est-à-dire un peu au dessus des mouvements d’épaule du chef de l’Etat, force est de constater les ravages que provoque la politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, mise en œuvre depuis 2007.
Appliquée à l’éducation, cette politique aura eu pour effet la suppression de 61 000 postes dans les écoles, collèges et lycées, tant publics que privés. A la rentrée prochaine, ce seront 16 000 postes qui seront supprimés et 900 au sein de notre seul département. Au plan national, ce seront pourtant 40 000 élèves qui viendront grossir les rangs des établissements de l’éducation nationale …
Augmentation du nombre d’élèves dans les classes, disparition d’options, fermetures de classes et d’établissements … les conséquences inévitables d’une telle saignée finissent par émouvoir jusque dans les rangs de l’UMP. Emotion que la proximité des prochaines échéances électorales n’aura, bien entendu, pas motivée ….
En tout état de cause, si le chef de l’Etat promet de « sanctuariser » l’école primaire au lendemain de sa réélection, engagement est également pris de maintenir la RGPP et la politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Si bien qu’en dépit d’hypothétiques mesures pour l’école primaire, de bien réelles réductions de moyens pour les services publics sont d’ores et déjà programmées.
Nous connaissons les effets d’une telle politique : en étranglant financièrement la puissance publique, la droite laisse le champ libre aux partisans de la dérégulation. Cette tendance se manifeste déjà, dans le champ éducatif, par un recours croissant aux entreprises d’enseignement particulier.
Une autre politique est possible. Aux contraintes court-termistes et aux militants de la réduction drastique de la dépense publique, elle doit opposer le choix du long terme et de l’avenir. De la crise, nous ne sortirons qu’en donnant les moyens à tous d’exprimer ses qualités et ses talents. L’éducation, primaire, secondaire et supérieure, doit être une priorité. Il s’agit de la principale richesse de notre pays.