Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Les sheriffs et la République

Corps de l'édito: 

Les sheriffs et la République

C’est la même stratégie depuis 8 ans : la logique du « cran au dessus ». Encore un peu plus sécuritaire, encore un peu plus liberticide, encore un peu plus guerrier.
Pour reprendre la main après une séquence catastrophique pour la droite, ceux qui nous gouvernent ont fait le choix délibéré du vocabulaire de la suspicion et de la violence. « Voilà l’ennemi ! ». L’ennemi forcément un peu polygame, forcément un peu exciseur, qui vole, pille et tue les policiers. L’ennemi qui roule en « grosse cylindrée ».
L’ennemi qui, par définition, ne peut plus être français. Et le mépris contre tous ceux qui ne partagent pas cette opinion extrême: tous des « laxistes », tous un peu complices.
Sans cesse, le même refrain. Refrain d’autant plus futile que rien ne peut cacher l’échec patent de cette droite là à endiguer la délinquance, les violences faites aux personnes (+12% en 8 ans). Cette politique là est rejetée par près de deux tiers des français selon un récent sondage de Marianne.
 
Alors on joue les gros bras, on vide les camps de Roms et de gens du voyage, on remet sur la route des familles entières, hommes, femmes et enfants, sans jamais se demander où, exactement, ils pourront aller. On multiplie les sorties policières ponctuelles et néanmoins musclée, caméra au poing, avec les effectifs qui nous restent.  On prépare, surtout, une offensive majeure contre l’esprit et la lettre de la constitution en affirmant, pour la première fois de notre histoire républicaine (car Vichy, ce n'est pas la République), qu’il y a des français peut être un peu moins français que d’autres.
Le film, car c’en est un, donne la nausée. Notre pays s’enfonce peu à peu dans une ambiance de mauvais western –violent et peu crédible- où les prétendants sheriffs tirent de plus en plus forts contre ce qu’ils considèrent être « la racaille ». Une folie.
 
Il est toujours bon de relire notre texte fondamental, texte qui par nature ne doit souffrir d’aucun clivage partisan, et notamment son article 5: le président de la République est garant du respect de la Constitution.
Au vu de l’écart entre le texte et la pratique, on est en droit de se demander quand se réveillera, dans ce pays, la droite républicaine. Celle qui ne méprise pas ces valeurs communes qui sont le socle de notre pacte républicain. Celle qui, à l'évidence, n'est plus aussi bien représentée au sommet de l'état.

édito par Jean-Louis Tourenne

 

En passant par une SCOP ...

 
 
J’étais invité jeudi matin par Réso Solidaire à la visite d'une SCOP (Société Coopérative et Participative) qui se trouve au Rheu, près de Rennes. J’en profite d’ailleurs pour les remercier une nouvelle fois de leur sympathique invitation qui me fut par ailleurs très instructive et intéressante. Créée  il y a plus de 30 ans , cette société est devenue un acteur majeur du territoire et a  su développer des compétences  sur de nombreux projets transversaux grâce à des équipes pluridisciplinaires de qualité. Elle démontre surtout que l’organisation sous forme de SCOP est une réponse alternative à un modèle centralisé dans lequel la propriété de l’entreprise est dans les mains d’actionnaires qui n’en ont que faire de la situation des salariés, voire même dans certains cas  (nombreux ?), font pression sur leurs  conditions  de travail afin d’avoir un retour rapide sur investissement et à des taux élevés. Dans cette SCOP, le lien entre salariés , Pdg, citoyens est tenu, chacun étant un peu tout à la fois. Il en ressort, un bien être de tous, chacun se retrouvant au cœur des décisions de l’entreprise. Le partage des décisions, le partage des profits, la copropriété des moyens de production ne sont pas des utopies. L’économie peut très bien être prospère, générée de la croissance, et fonctionner sur un mode coopératif. Car ce qu’il ressort profondément de cette visite, c’est la capacité qu’ont  eu les salariés à coopérer et trouver un mode de fonctionnement qui leur soit propre. Ils partagent tous les mêmes intérêts, les mêmes objectifs. Ils partagent évidemment tous les mêmes valeurs, la même vision de la solidarité et de l’égalité face au travail. Alors certes, le modèle de société coopérative est fragile et repose sur une coopération de tous les instants. C’est un défi que nous pouvons et devons relever afin d’imaginer d’autres mode de production. Les enjeux sont de taille si nous voulons réinventer la place de l’Homme au sein de l’entreprise.
 
François Hollande a d’ailleurs bien saisi toute l’importance de soutenir ce mode d’organisation. C’est en ce sens qu’il a répondu à la sollicitation du Réseau des SCOP pour leur dire combien il désirait engager des réformes en faveur des modèles coopératifs. Ainsi, il annonçait que le rachat d’entreprises par leurs salariés pourrait représenter une solution pour éviter l’hémorragie actuelle d’entreprises. Par ailleurs, afin d'engager les changement nécessaire, dans ce même courrier, François Hollande proposait que de nouvelles dispositions soient prises rapidement dont certaines pourront être incluses, dès l’automne 2012, dans la loi de programmation du développement de l’économie sociale et solidaire. Le changement est donc bien en cours!
 
Le département continuera à s’engager pour promouvoir de nouvelles formes d’organisation, pour promouvoir l’économie sociale et solidaire et pour défendre les entreprises du territoire. L’actualité économique de ces derniers mois nous prouve que nous devons défendre une vision progressiste de l’entreprise et qu’il ne faut rien relâcher. Nos politiques, nos actes et nos actions en sont les preuves. Elles sont aux services de l’emploi, du développement durable, de l’aménagement du territoire et donc du maintien de l’Ille-et-Vilaine comme un département dynamique tourné vers ses habitants.

Archives du site

L M M J V S D
 
 
 
 
1
 
2
 
3
 
4
 
5
 
6
 
7
 
8
 
9
 
10
 
11
 
12
 
13
 
14
 
15
 
16
 
17
 
18
 
19
 
20
 
21
 
22
 
23
 
24
 
25
 
26
 
27
 
28
 
29
 
30