
Comment rester indifférent devant la tragédie qui se joue presque devant nos yeux horrifiés tellement nous sommes, avec les moyens modernes d'information, spectateurs de l'instant dans le monde entier?
Une diplomatie incompréhensible,
Comment les Lybiens en guerre contre Khadafi, portés par l'envie de liberté, de justice sociale, pourraient-ils comprendre les arcanes de la pensée française et européenne? Ils ont pu penser devant les encouragements des pays occidentaux, l'assurance proclamée que nous étions de leur côté, "à leur côté", qu'en cas de besoin nous serions là...Mais nous n'avons eu que de bonnes paroles qu'ils ont crues. Quelle désillusion doit être la leur, quand, abandonnés par ceux qui volaient au secours des futurs vainqueurs, chaque heure qui passe, voit augmenter le nombre des victimes qui n'ont que leur poitrine et des gilets pare-balles en carton pour s'opposer aux avions, aux chars, aux mercenaires du dictateur sanguinaire.
Matamores et cyniques,
Des rotomontades, des exhibitions de muscles, des palabres à n'en plus finir puis des hésitations et en fin de compte des renoncements. Quelle que soit l'issue de la révolution, l'occident ne pourra jamais être fier du prix payé en sang, en douleurs, en peur quand il avait les moyens de l'éviter... La France s'angoissait du nombre d'immigrés qu'il faudrait accueillir quand, enfin, le monde arabe se libérait, accédait enfin, pour un certain nombre de pays, à la démocratie. Une démocratie qui, du temps des dictateurs amis, n'aurait pu être, au dire de nos gouvernants, applicable partout et notamment au Maghreb. Comme si la démocratie, la liberté d'expression, les droits de l'homme n'étaient pas des principes universels et ne pouvait convenir qu'à une élite mondiale avancée. Quel mépris!
Un dilemme difficile à résoudre:
Nous savons bien que toute ingérence belliqueuse étrangère dans un pays, fût-il en guerre, peut créer un fâcheux précédent et justifier demain tous les excès... Pourtant, les Lybiens massacrés par milliers, ne sauraient être les victimes innocentes de notre incapacité à intervenir. Le pouvoir Français s'est empressé de les soutenir pour se dédouaner de ses complaisances outrancières à l'égard de Khadafi. Il doit maintenant assumer sa responsabilité et prendre toutes les mesures pour faire cesser cette tuerie et les représailles qui ne manqueront pas de suivre et dont on peut imaginer l'horreur .
Il sera toujours temps, ensuite, de déterminer de façon rigoureuse, les règles et conditions d'interventions étrangères. C'est ainsi que notre Monde peut évoluer et cesser de fermer pudiquement les yeux sur les tortures, les oppressions, les misères.
En passant par une SCOP ...