Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Condamnation des membres du collectif de sans-papiers: la pénalisation des mouvements sociaux continue

 Nicolas  Sarkozy est l’héritier d’une tradition gaulliste qu’il foule aux pieds.Ce n’est pas sur ce blog – ni ailleurs- que vous me verrez défendre le Gaullisme mais il est des vertus incontestées à ceux qui s’en revendiquent, notamment celle du souci de la cohésion nationale, du respect du caractère indivisible de notre République.

 

S’engager en politique, y prendre des responsabilités,  c’est à mon sens proposer et contribuer à un projet de société, un projet pour le mieux vivre ensemble. Cette exigence morale, Nicolas  Sarkozy ne la fait pas sienne.  Ce n’est bien évidemment pas   une question de capacité intellectuelle, plutôt une absence de volonté d’engager un travail  de longue haleine, qui nécessite discrétion, réflexion, ce qu’il ne supporte pas tant il croit que tout se règle à coups de prises de positions ou de décret qui, il est vrai, offrent plus de visibilité médiatique.  
Aussi, il divise pour mieux régner. Certes, il n’a rien inventé car c’est  un des moyens, ancestraux, de préservation du pouvoir mais il innove tristement car il en fait un principe permanent et unique de gouvernance. Il parcellise notre société, dresse les uns contre les autres : sa marotte, les fonctionnaires contre les salariés du privé ; mais également les demandeurs d’emploi, stigmatisés,  contre les travailleurs ; les sans papiers, maltraités et caricaturés et jetés à la vindicte; les retraités prétendument nantis,  contre les actifs ; les jeunes de banlieue contre une jeunesse plus à sa convenance ; les bénéficiaires des 35H contre ceux qui n’ont pu en bénéficier ;   les classes protégées et déresponsabilisées ( le paroxysme du bouclier fiscal) contre celles qui participent à l’effort de crise ;  les soucieux de l’environnement contre ceux qui trouvent que cela "commence à bien faire"… Le corps social ne doit faire qu’un et cette majorité fait fausse route en ne cherchant pas cet unité.
 
Première arme donc, la division
Plus grave encore  à mon sens, l’intimidation. Avant hier, le collectif des sans papiers  de Rennes a été condamné en appel pour un tract jugé diffamatoire contre la  Police aux Frontières. Le Ministre de l’intérieur  avait fait appel d’une première décision de relaxe. Bingo, il doit sourire : 3 militants sont condamnés par la cour d’appel. Cette condamnation n’est pas une révélation, elle est une confirmation d’un nouveau péril: celui qui consiste à décourager toutes celles et ceux qui, même imparfaitement, viennent en soutien des plus fragiles, de leur voisin le plus proche comme de celui le plus éloigné. Ainsi, ces derniers mois  un phénomène à pris de l'ampleur: la pénalisation du mouvement social. Dernière illustration en date,  la tentative de condamnation des «  conti », dénoncée par le LDH, le Syndicat des avocats de France mais également le syndicat de la magistrature.  Plus récemment, le 27 janvier, B. Hortefeux défendait un amendement au projet de loi de la sécurité intérieure se félicitant "des résultats majeurs " enregistrés de 2002 à 2008, citant "un nombre de personnes placées en garde à vue progressant de 51,52 %". 800 000 gardes à vue en 2009, soit près d’un français sur 60 !
Daniel  Cohn Bendit aurait il pu sourire, espiègle, sans être poursuivi, devant une rangée de CRS ? A bien y réfléchir, ce n’est pas si évident.
 
 

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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