
Hier, j’ai marché aux côtés des manifestants dans les rues de Rennes, parmi celles et ceux qui refusent le sort que leur réserve la réforme des retraites annoncée par le gouvernement.
Mépris, indignation et colère sont les mots que m’inspire la méthode de concertation mise en place par les services du Ministère du Travail. M. Woerth, tout comme ses nombreux prédécesseurs, s’est largement répandu dans les médias pour alerter l’opinion publique sur le "trou dans les caisses de retraite". Il s’agissait de faire preuve de pédagogie, pour mieux faire accepter les changements drastiques à venir. Parallèlement, la concertation avec les partenaires sociaux a pris la forme d’un dialogue de sourds. Les positions ayant été déterminées par avance, le gouvernement n’a pas hésité à limiter en temps ces rencontres, faisant dire à certains qu’il n’y a jamais eu plus « déconcertante concertation ».
Au-delà de cette question de forme, on peut voir dans cette réforme l’occasion ratée de formuler un réel projet de société, dont l’ambition et les objectifs seraient partagées par toutes les composantes de la population. Ainsi, nous travaillerions ensemble à plus de justice sociale.
Au contraire, cette réforme restera sans doute dans l’histoire comme l’un des moments de notre décennie ayant le plus divisé les français : les actifs contre les inactifs, les jeunes contre les plus âgées, les salariés du privé contre ceux du public, les plus défavorisés contre les plus favorisés etc. Pire encore : cette réforme, qui menace la cohésion sociale de notre pays, est un « miroir aux alouettes ».
Sa mesure phare, le report de l’âge légal de départ à la retraite au-delà de 60 ans, n’est pas un remède efficace et durable aux besoins de financement de notre système social. Le déficit des caisses de retraites n’en sera pas davantage comblé.
Une fois mise en place, le seul résultat visible sera l’augmentation des inégalités parmi les travailleurs, en particulier ceux dont la vie professionnelle a débuté très tôt. Pour les classes populaires, la réforme s’annonce comme une double peine : allongement du temps de travail pour un métier dont l’exercice est rendu difficile avec l’âge.
D’autres solutions, plus justes et équitables existent, mais il faudra se battre pour qu’elles soient entendues. La mobilisation contre la réforme d’hier ainsi que celles à venir seront indispensable pour faire battre en retraite le gouvernement !
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