J'ai récemment rencontré le président de la CAPEB de Bretagne(Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiments). Nous avons échangés sur la situation souvent difficile des artisants du département.
A la suite de cet entretien, j'ai souhaité interpeller M. le Directeur de la Banque de France. Voici le courrier que je lui ai fait parvenir la semaine dernière.
Monsieur,
En 2009, il ne s’est pas passé une semaine sans que les banques ne tendent la sébile aux pouvoirs publics. Au final, l’Etat c’est-à-dire la collectivité, a apporté une garantie payante de 360 Milliards d’€ et aura consacré jusqu’à 40 Milliards d’ € pour recapitaliser les banques. A l’époque, le gouvernement s’était répandu, à grand coup de déclarations, sur les contreparties (les obligations ?) associées à cette intervention publique. En effet, l’utilisation de l’argent des contribuables devait d’une manière ou d’une autre leur profiter en retour. Les engagements pris par les banques étaient à la fois éthiques et économiques. Tout d’abord éthiques car les banques s’étaient engagés à limiter les bonus et rémunérations. On a vu ce que ça a donné. Economiques ensuite car ce soutien aux banques aurait du servir aux financements des particuliers, des entreprises, des PME, PMI ou encore des collectivités territoriales. Il va de soit, que le soutien à l’artisanat en faisait parti. C’était en quelques sortes une forme de pacte social où chaque parti, d’un commun accord, acceptait d’œuvrer pour le bien être collectif. Même si le fait de chercher à « sauver » les banques peut être discutable, le fait est, que les attendus étaient louables.
Deux ans après, que reste-t-il de ce fameux « plan de sauvetage » ? Quelles ont été les retombées sur l’économie française et européenne ? Tout d’abord les banques ont continué comme par le passé. Leurs profits ont continué d’augmenter, pour le bonheur de leurs actionnaires, sans qu’il n’y ait eu de véritable reprise des crédits destinés aux investissements productifs. En particulier, et j’en viens à l’objet de mon courrier, l’accès des PME, PMI, artisans, au financement bancaire demeure toujours difficile. J’ai reçu récemment le représentant de la CAPEB d’ Ille-et-Vilaine et nous avons longuement échangé sur la situation que vivent de nombreux artisans dans le département. Le ralentissement des carnets de commandes, la concurrence déloyale des auto-entrepreneurs – sujet sur lequel je me suis déjà exprimé et sur lequel je m’exprimerai encore tant ce statut est d’une part anti-économique et d’autre part socialement dangereux - conjugués à des problèmes évidents de trésorerie rendent leur situation extrêmement préoccupante. Ainsi, nombreux sont les cas d’artisans auxquels les banques refusent des avances de trésorerie quand bien même, et là on tombe dans l’incohérence totale, ils auraient des perspectives de marchés évidents et confirmés. Ainsi alors qu’on demande aux banques d’intervenir comme soutien de l’économie, celles-ci préfèrent fermer les vannes du crédit et ne pas aider les acteurs économiques qui en ont pourtant le plus besoin.
Vous comprendrez que ce n’est pas ma conception de la solidarité nationale. En ces temps de conjonctures difficiles, toutes les collectivités territoriales ont joué le jeu de la relance et du maintien d’un niveau élevé des investissements afin de maintenir l’activité locale. Ainsi en 2009, notre niveau d’investissement s’est élevé à 210 Millions d’€,et cette année, malgré la crise, il se monte encore à 185 Millions d’€. Autant dire que nous avons fait notre part de travail concernant la relance. Par ailleurs, alors qu’il est demandé aux ménages de faire une nouvelle fois des sacrifices financiers, il serait de bonne augure que les banques participent à l’effort national en jouant pleinement leur rôle.
En tant qu’organisme de contrôle bancaire, il est donc de votre ressort de rappeler à l’ordre vos partenaires, de leur rappeler que dans la conjoncture économique actuelle ils ont un rôle essentiel à jouer. L’activité économique et la vie de nombreux artisans mais aussi de PME en dépendent.
Je vous prie de croire cher monsieur en l'assurance de ma considération distinguée.
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