Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Les artisans en difficulté: mon courrier à la banque de France

J'ai récemment rencontré le président de la CAPEB de Bretagne(Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiments). Nous avons échangés sur la situation souvent difficile des artisants du département.

A la suite de cet entretien, j'ai souhaité interpeller M. le Directeur de la Banque de France. Voici le courrier que je lui ai fait parvenir la semaine dernière. 

Monsieur,
 
En 2009, il ne s’est pas passé une semaine sans que les banques ne tendent la sébile aux pouvoirs publics. Au final, l’Etat c’est-à-dire la collectivité, a apporté une garantie payante de 360 Milliards d’€ et aura consacré jusqu’à 40 Milliards d’ € pour recapitaliser les banques. A l’époque, le gouvernement s’était répandu, à grand coup de déclarations, sur les contreparties (les obligations ?) associées à cette intervention publique. En effet, l’utilisation de l’argent des contribuables devait d’une manière ou d’une autre leur profiter en retour. Les engagements pris par les banques étaient à la fois éthiques et économiques. Tout d’abord éthiques car les banques s’étaient engagés à limiter les bonus et rémunérations. On a vu ce que ça a donné. Economiques ensuite car ce soutien aux banques aurait du servir aux financements des particuliers, des entreprises, des PME, PMI ou encore des collectivités territoriales. Il va de soit, que le soutien à l’artisanat en faisait parti. C’était en quelques sortes une forme de pacte social où chaque parti, d’un commun accord, acceptait d’œuvrer pour le bien être collectif. Même si le fait de chercher à « sauver » les banques peut être discutable, le fait est, que les attendus étaient louables.
            Deux ans après, que reste-t-il de ce fameux « plan de sauvetage » ? Quelles ont été les retombées sur l’économie française et européenne ? Tout d’abord les banques ont continué comme par le passé. Leurs profits ont continué d’augmenter, pour le bonheur de leurs actionnaires, sans qu’il n’y ait eu de véritable reprise des crédits destinés aux investissements productifs. En particulier, et j’en viens à l’objet de mon courrier, l’accès des PME, PMI, artisans, au financement bancaire demeure toujours difficile. J’ai reçu récemment le représentant de la CAPEB d’ Ille-et-Vilaine et nous avons longuement échangé sur la situation que vivent de nombreux artisans dans le département. Le ralentissement des carnets de commandes, la concurrence déloyale des auto-entrepreneurs – sujet sur lequel je me suis déjà exprimé et sur lequel je m’exprimerai encore tant ce statut est d’une part anti-économique et d’autre part socialement dangereux - conjugués à des problèmes évidents de trésorerie rendent leur situation extrêmement préoccupante. Ainsi, nombreux sont les cas d’artisans auxquels les banques refusent des avances de trésorerie quand bien même, et là on tombe dans l’incohérence totale, ils auraient des perspectives de marchés évidents et confirmés. Ainsi alors qu’on demande aux banques d’intervenir comme soutien de l’économie, celles-ci préfèrent fermer les vannes du crédit et ne pas aider les acteurs économiques qui en ont pourtant le plus besoin.
            Vous comprendrez que ce n’est pas ma conception de la solidarité nationale. En ces temps de conjonctures difficiles, toutes les collectivités territoriales ont joué le jeu de la relance et du maintien d’un niveau élevé des investissements afin de maintenir l’activité locale. Ainsi en 2009, notre niveau d’investissement s’est élevé à 210 Millions d’€,et cette année, malgré la crise, il se monte encore à 185 Millions d’€. Autant dire que nous avons fait notre part de travail concernant la relance. Par ailleurs, alors qu’il est demandé aux ménages de faire une nouvelle fois des sacrifices financiers, il serait de bonne augure que les banques participent à l’effort national en jouant pleinement leur rôle.
 
            En tant qu’organisme de contrôle bancaire, il est donc de votre ressort de rappeler à l’ordre vos partenaires, de leur rappeler que dans la conjoncture économique actuelle ils ont un rôle essentiel à jouer. L’activité économique et la vie de nombreux artisans mais aussi de PME en dépendent.
 
Je vous prie de croire cher monsieur en l'assurance de ma considération distinguée. 

 

 
 

 

 

 

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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