Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Exhortation aux donneurs de leçons mal placés

Tolérant, je crois l’être, et pourtant il m’arrive d’être fatigué, irrité devant la morgue, l’outrecuidance  de certains qui, à Paris, loin du cœur et des regards, ont conduit notre pays au désastre. Certes, il y a la crise mondiale mais ils ont démontré, bien avant, qu’ils pouvaient, à eux seuls, sans concours extérieur, casser la machine économique et sociale :

  • Ils ont, depuis 2002, vidé les caisses de l’Etat, augmenté la dette dans des proportions jamais atteintes (plus de 25 000 € par habitant) pour  financer des dépenses de fonctionnement, c'est-à-dire sans constitution de capital.
  • Ils ont creusé tous les déficits de la nation.
  • Ils ont multiplié les taxes injustes qui frappent le contribuable, le consommateur, les organismes mutualistes, le 1 % logement.
  • Ils votent des augmentations de crédits de fonctionnement pharaoniques pour l’Elysée ou à l’Assemblée Nationale et ouvrent des parachutes dorés pour les Ministres en disgrâce.
  • Ils ont transféré sur les finances locales des sommes considérables dans l’incapacité qu’ils étaient de faire face à leurs obligations et leur ont interdit d’augmenter les recettes, sauf aux dépens des ménages. Et sur ce point, parmi les collectivités, les départements chargés de l’action sociale, ont été particulièrement chouchoutés. On aurait aimé l’être moins.
  • Ils vont jusqu’à, sans vergogne, s’exonérer unilatéralement de leur engagement sacré de compenser les exonérations fiscales qu’ils décident. Quel poids peut avoir aujourd’hui la parole de l’Etat qui jusqu’alors bénéficiait du plus grand crédit ? Que veut dire aujourd’hui : garanti par l’Etat ?
  • Ils manient le mensonge comme un nouveau principe de gestion des affaires publiques pour prétendre, par exemple, que les dotations de l’Etat aux collectivités auraient augmenté. Je tiens les preuves du mensonge à disposition de quiconque voudrait les consulter.

Et puis, ils viennent ici, jusque dans nos bras, jouer les professeurs de morale et de bonne gestion après avoir multiplié les faveurs aux plus riches, amputé le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires, créé les travailleurs pauvres, développé la misère et le chômage. Ils proclament à qui veut les entendre que ce n’est pas bien d’augmenter les impôts alors que les impôts sont les moyens les plus équitables  d’ouvrir des droits à tous et notamment aux plus démunis de bénéficier de toutes les conditions de leur épanouissement, de la protection collective, de la sécurité et de la santé.

Notre dette s’établit à 450 €/habitant, fondée sur la valorisation de notre patrimoine ou celui des communes (elle est au moins de 25 000 €/habitant fondée sur rien ). Ils hypothèquent l’avenir de toute une jeunesse par la dette accumulée, les milliards jetés à la volée comme le semeur répand les graines autour de lui. Et c’est à nous qu’ils viennent, sans honte, faire reproche de mauvaise gestion. Ce qui prouve, au moins, tous les psychiatres vous le diront, qu’ils ont un peu de mauvaise conscience et le sentiment d’une lourde culpabilité

Mesdames, Messieurs, les bons apôtres, commencez donc par vous montrer vertueux, économes de nos finances, avant de nous excommunier pour hérésie. Tartuffe, c’est une comédie. Ici ça devient tragique.

 

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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