Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Quand les français ont soif d’égalité des chances

Corps de l'édito: 

 Quand les français ont soif d’égalité des chances

C’est une enquête parue dans les pages Rebonds du Libération de ce jour. Signée  par Daniel Cohen et Gilles Finchelstein, cette étude se propose de comparer la perception des inégalités dans des pays aussi divers que le Brésil, la Chine, la Suisse, l’Australie, la France, la Pologne et bien d’autres. Et c’est surtout une tentative, plutôt réussie, de mesurer ce qui est difficilement mesurable: notre sensibilité à l’injustice, notre capacité à la révolte, au refus du statu quo. Vaste programme, riche d’enseignements...
 
Les résultats montrent, ainsi, que les Français sont ceux qui ressentent le plus les injustices (73% pensent que la société est assez voir très injuste). Ils citent ainsi spontanément l’inégalité devant les salaires, l’accès au logement, aux soins, à l’éducation. Plus grave, 80% des français considèrent que les inégalités ont progressés ces dix dernières années.
Le chiffre est impressionnant. C’est un cri d’alerte. Les Français nous disent qu’ils ont soif d’égalité des chances, qu’ils veulent que tout le monde puisse gagner honnêtement sa vie, se loger, se soigner, proposer à leurs enfants une éducation et une formation qui leur permettron s   de progresser.
 
C’est surtout un appel qui ne trouve, pour l’instant, aucun écho. L’impunité demeure la règle en matière de rémunération élevée, de bonus ou de « missions » plus ou moins indemnisées. Et les services publics sont toujours ce champ de bataille d’une droite décomplexée plus prompt au combat qu’au débat et qui cherche à liquider ce modèle social que les libéraux n’ont jamais accepté. Dans le même temps, les collectivités qui demeuraient des champs de l’action publique prêts à favoriser l’émancipation plutôt que l’exclusion sont rabaissées, étranglées, mises sous contrôle.
 
En ces temps d’austérité et de rigueur, dont Joseph Stiglitz -prix nobel d'économie- nous dit qu’elle nous mènera au désastre, c’est une politique qui va contre le sens de l’histoire, contre les classes moyennes et populaires, contre l’idée même du modèle républicain qui est le nôtre. 
 
Je fais partie de la grande majorité des français, cette étude le prouve, qui refuse cette société où la raison du plus riche serait nécessairement la meilleure. Changer les règles du jeu pour aider ceux qui souffrent est donc une exigence première.

édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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