Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Qui a eu ces idées folles pour (ré)inventer l’école ?

Corps de l'édito: 

Qui a eu ces idées folles pour (ré)inventer l’école ?

 

En ce mois de septembre, qui sonne le tocsin de la rentrée, et notamment de la rentrée scolaire, je continue à m’insurger contre les fourberies des proches de l’UMP à l’égard de l’Education Nationale.

 
Aussi ai-je été surpris, ou plutôt devrais-je dire consterné, de lire les propositions de monsieur Dominique Reynié, directeur général du Think Thank de centre-droit et d’orientation libérale Fondapol. Appliquant à l’Education Nationale la formule magique du « travailler plus pour gagner plus », le voilà qui suggère de doubler le temps de présence des enseignants dans les établissements scolaires, ce qui leur permettrait de doubler leur salaire. Ne suffisait-il pas d’y penser !?
 
Arrêtons-nous là aurais-je envie de dire. Mais non, la fourberie de certains est sans limites. En lieu et place du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, monsieur Reynié préfèrerait le non remplacement de deux fonctionnaires sur trois, l’un des deux postes supprimés étant remplacé par un contrat de droit privé. A croire que, pour ces gens-là, le démantèlement de la fonction publique ne peut attendre. « Il faut être plus inventif » confie monsieur Reynié. On se passerait bien, pourtant, de ce genre d’inventions.
 
Et parce que pour les défenseurs d’un libéralisme exacerbé, l’aberration est sans limite, aucune mission ne devrait être prise en charge par l’Etat, ce qui implique que même les fonctions régaliennes de l’Etat (police, justice, système pénitentiaire, armée, défense nationale et diplomatie) pourraient être partagées avec le privé !
 
Presque plus de fonctionnaires, presque plus de missions, un Etat réduit à sa plus simple expression est-il encore un Etat digne de ce nom ? Là n’est pas la question, répondront les fervents défenseurs des idées farfelues que je viens de vous annoncer, puisque la priorité, c’est la réduction des dépenses publiques !
 
Je pourrais me contenter de taper sur les doigts des seuls groupes de réflexion qui portent des couleurs et des idées que je ne partage pas, et qui sont celles d’un parti qui n’est pas le mien. Mais n’ai-je pas déjà crié haut et fort sur ce blog que vérité, objectivité et responsabilité étaient à mes yeux des impératifs salutaires en politique ? 
 
C’est pourquoi, je m’interroge aussi sur les récentes propositions d’un groupe de réflexion, cette fois-ci pourtant proche de mon parti politique. Je m’abstiendrai de citer son nom tant les mesures qu’il préconise traduisent à mon sens un glissement idéologique de la gauche, que je ne saurais cautionner.
 
Parmi ces mesures, celle qui aura fait couler le plus d’encre est l’appel à l’abandon des classes populaires, pour s’adresser en priorité aux classes moyennes. Historiquement pourtant, être socialiste, ce n’est pas tourner le dos aux plus mal lotis du capitalisme. C’est même le contraire. Surtout, s’obstiner à opposer les classes moyennes et les classes populaires relève à mes yeux du non-sens. La « constellation centrale » qu’était la classe moyenne a largement été déclassée, si bien que les frontières avec les classes populaires ont pour partie disparues.
 
Pour revenir plus directement à la thématique « éducation », ce Think-Thank soutient que le recours à l’Etat (et donc au seul impôt) est insuffisant pour financer les études dans le supérieur et préconise un triplement des droits d’inscription en licence et un quadruplement sur cinq ans en master et en doctorat. C’est encore, à mes yeux, pénaliser les étudiants issus des milieux les moins aisés, déjà qu’ils ne sont pas les plus nombreux à fouler les couloirs de l’université.
 
Bref, ils ont tous des idées folles pour essayer de (ré)inventer l’école ! Au Conseil général d’Ille-et-Vilaine, nous pensons que le problème éducatif ne peut être résolu à huis clos, en lançant des pavés – et quels pavés ! – dans la marre, mais appelle un véritable débat démocratique qui nous concerne tous.

 

édito par Jean-Louis Tourenne

 

En passant par une SCOP ...

 
 
J’étais invité jeudi matin par Réso Solidaire à la visite d'une SCOP (Société Coopérative et Participative) qui se trouve au Rheu, près de Rennes. J’en profite d’ailleurs pour les remercier une nouvelle fois de leur sympathique invitation qui me fut par ailleurs très instructive et intéressante. Créée  il y a plus de 30 ans , cette société est devenue un acteur majeur du territoire et a  su développer des compétences  sur de nombreux projets transversaux grâce à des équipes pluridisciplinaires de qualité. Elle démontre surtout que l’organisation sous forme de SCOP est une réponse alternative à un modèle centralisé dans lequel la propriété de l’entreprise est dans les mains d’actionnaires qui n’en ont que faire de la situation des salariés, voire même dans certains cas  (nombreux ?), font pression sur leurs  conditions  de travail afin d’avoir un retour rapide sur investissement et à des taux élevés. Dans cette SCOP, le lien entre salariés , Pdg, citoyens est tenu, chacun étant un peu tout à la fois. Il en ressort, un bien être de tous, chacun se retrouvant au cœur des décisions de l’entreprise. Le partage des décisions, le partage des profits, la copropriété des moyens de production ne sont pas des utopies. L’économie peut très bien être prospère, générée de la croissance, et fonctionner sur un mode coopératif. Car ce qu’il ressort profondément de cette visite, c’est la capacité qu’ont  eu les salariés à coopérer et trouver un mode de fonctionnement qui leur soit propre. Ils partagent tous les mêmes intérêts, les mêmes objectifs. Ils partagent évidemment tous les mêmes valeurs, la même vision de la solidarité et de l’égalité face au travail. Alors certes, le modèle de société coopérative est fragile et repose sur une coopération de tous les instants. C’est un défi que nous pouvons et devons relever afin d’imaginer d’autres mode de production. Les enjeux sont de taille si nous voulons réinventer la place de l’Homme au sein de l’entreprise.
 
François Hollande a d’ailleurs bien saisi toute l’importance de soutenir ce mode d’organisation. C’est en ce sens qu’il a répondu à la sollicitation du Réseau des SCOP pour leur dire combien il désirait engager des réformes en faveur des modèles coopératifs. Ainsi, il annonçait que le rachat d’entreprises par leurs salariés pourrait représenter une solution pour éviter l’hémorragie actuelle d’entreprises. Par ailleurs, afin d'engager les changement nécessaire, dans ce même courrier, François Hollande proposait que de nouvelles dispositions soient prises rapidement dont certaines pourront être incluses, dès l’automne 2012, dans la loi de programmation du développement de l’économie sociale et solidaire. Le changement est donc bien en cours!
 
Le département continuera à s’engager pour promouvoir de nouvelles formes d’organisation, pour promouvoir l’économie sociale et solidaire et pour défendre les entreprises du territoire. L’actualité économique de ces derniers mois nous prouve que nous devons défendre une vision progressiste de l’entreprise et qu’il ne faut rien relâcher. Nos politiques, nos actes et nos actions en sont les preuves. Elles sont aux services de l’emploi, du développement durable, de l’aménagement du territoire et donc du maintien de l’Ille-et-Vilaine comme un département dynamique tourné vers ses habitants.

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