Président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine

FCTVA : Ma lettre à la ministre de l'intérieur

Voici l'intégralité de cette lettre....

Madame le ministre,

J’ai bien pris note de votre courrier datant du 2 février 2009. Permettez-moi toutefois d’y réagir et de rétablir certaines réalités.

            Vous avancez que le FCTVA va continuer de suivre sa progression sans entrave rythmé par les investissements locaux au sein d’une enveloppe normée qui, elle, est contrainte à une croissance de 2%. Ne voyez-vous pas là une certaine contradiction ? Comment nous garantir une croissance soutenue au rythme des investissements locaux sans pour autant effectuer un ajustement en sens inverse des capacités de croissance des autres concours financiers formant le panel des concours normés ? Autrement dit, lorsque l'investissement public local augmentera plus vite que le niveau des prix, l'effet de croissance induit pour le FCTVA entraînera une diminution corrélative des autres dotations, dotations qui correspondent à des produits de fonctionnement importants pour les collectivités territoriales. Ainsi, par vos décisions, vous vous servez des autres dotations comprises dans l’enveloppe normée comme variables d’ajustement ! C’est donc tout simplement une manipulation mensongère des chiffres !
 
            A titre d’exemple, en Ille-et-Vilaine, le vote de la loi de finance 2009 nous fait perdre 25,4 Millions d’€ de dotation globale de fonctionnement sur 3 ans!! A cela doit de plus s’ajouter, la perte de 2,7 Millions d’€ de baisse des autres dotations. Vous comprendrez que la note est salée et que votre démonstration nous reste en travers de la gorge.
 
            Petit à petit, vous rompez le lien fiscal entre entreprises et territoires. La preuve en est encore avec l’idée de supprimer la taxe professionnelle dans sa forme actuelle. Le FCTVA doit rester un remboursement. En faire une dotation, c’est briser les investissements de nos collectivités territoriales !
 
            Concernant le remboursement anticipé de la TVA, permettez-moi de penser que c’est la moindre des choses que l’Etat s’acquitte de ces dettes et respecte la loi. Nous n’avons d’ailleurs pas attendu ces mesures gouvernementales pour décider de soutenir l’économie locale. En effet, nous avons une nouvelle fois décidé de maintenir un niveau élevé de nos investissements, lesquels progressent ainsi de 12%.
 
            En ces temps économiques difficiles, les collectivités locales ne sont pas dupes.
             Je vous prie de croire, Madame le ministre...

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édito par Jean-Louis Tourenne

 

J'ai souvent dit à quel point il me semblait inquiétant de voir se développer au sommet de l'Etat les pires des pratiques: un culte de l'argent immodéré, des liens inquiétants avec les puissants, les importants, une politique au service de ces derniers, au service des privilèges et au détriment des plus faibles.
Il se dit beaucoup de choses sur Eric Woerth, Liliane Bettancourt, sur "les enveloppes" qui auraient circulé de main en main. L'opacité encore, l'opacité toujours. Un scandale au sein d’un gouvernement, c’est déjà très inquiétant mais objectivement peu y ont échappé. Mais là l’heure est grave car ils se multiplient, s’ajoutent les uns aux autres, au point presque que l’un chasse l’autre.
Il se développe un climat nauséabond qui empêche que ne se tiennent les vrais débats, qui intéressent l'avenir des francais, comme celui sur la réforme des retraites....Mais peut être cela les arrangent-ils finalement
Beaucoup de bruit, en somme, et je n'en rajouterai pas.
Mais qui ne serait pas choqué d'entendre, aujourd'hui, Christian Estrosi comparer les interrogations légitimes adressées à Eric Woerth, dont les situations de conflit d'intêret sont évidentes, avec les campagnes menées contre Roger Salengro, ministre du Front populaire, et Pierre Beregovoy. Ces deux personnalités, que tous savaient intègres, et dont tous reconnaissaient le respect élevé qu'ils avaient pour la politique, et qui ont choisi de mettre fin à leur vie. M.Estrosi ajoute que ceux qui voudraient que la justice fasse son travail sont des personnes "assoifées de sang". Cela revient à comparer nos médias  aux journalistes de la revue nationaliste et antisémite Gringoire qui avaient poussé, en 1936, Roger Salengro à commettre l'irréparable. Le propos est grossier, le trait outrancier.
Nous vivons une crise. Une crise économique, sociale mais également institutionnelle et de plus en plus morale. Et les propos de M.Estrosi n'honorent ni la république ni ceux qui s'en disent les représentants, au plus au sommet de l'Etat.

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