
Rentrée 2011: ramer, contre les courants injustes...
Alors que la rentrée 2011 est imminente, force est de constater que la part de la richesse que la France consacre à l’école diminue. A divers niveaux, il semblerait que Nicolas Sarkozy prenne le contre-pied d’une politique éducative tournée vers l’avenir, offrant par ailleurs à tout un chacun les chances d’exprimer ses talents.
Suppressions de postes et fermetures d’écoles : entre mesures réelles et annonces perfides
D’un point de vue quantitatif d’abord, le Président persiste et signe la suppression de 16 000 postes et la fermeture, conséquente, de plusieurs écoles pour la rentrée de cette année 2011. Pour la rentrée 2012 toutefois, il soutient qu’il n’y aura aucune fermeture d’écoles primaires, mais s’empresse d’ajouter que le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite se poursuivra.
Au-delà du fait qu’une telle volonté ne fait que déplacer le problème par un habile tour de passe-passe (si l’on met fin aux fermetures d’écoles primaires mais que l’on maintient les suppressions de postes, cela signifie-t-il qu’il faudra fermer d’autres établissements ?), elle démontre aussi que Nicolas Sarkozy croît encore pouvoir tromper les français à coups d’annonces fallacieuses. Saurait-il déjà qu’en septembre 2012, il n’aura pas à tenir cette nouvelle promesse électorale ?
Classes surchargées : ce sont encore les plus défavorisés qui trinquent…
Les élèves seront quant à eux plus nombreux sur les bancs de l’école. Conséquence mécanique du boom démographique des années 90, amplifiée par la suppression des postes, le nombre d’élèves par classe continue de croître alors que la France est déjà l’un des pays de l’OCDE qui présente le taux d’encadrement le plus faible (6,1 enseignants en moyenne pour 100 élèves).
Contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, il va sans dire qu’étudier dans des classes surchargées pénalise les élèves, et, en premier lieu, les moins favorisés d’entre eux. Il y a quarante-cinq ans, Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron soulignaient déjà, dans Les Héritiers, le poids de l’origine sociale des élèves dans leur réussite scolaire. Quatre décennies plus tard, l’école républicaine n’a pas mis fin, et amplifie même aujourd’hui, cette ségrégation sociale inacceptable.
Du côté de la formation des enseignants…
D’un point de vue qualitatif, le bilan des réformes du gouvernement n’est pas plus glorieux. La « masterisation » élève le niveau de l’ensemble des enseignants étudiants, mais la formation pratique a été oubliée. Fort sera le risque de recruter de jeunes enseignants qui n’auront jamais vu un élève avant d’exercer. Pourtant, l’évolution et la performance d’un système scolaire dépendent tout autant du montant des dépenses qui leur est consacré que de la qualité de l’enseignement délivré, incluant, bien entendu, les vertus de la pédagogie.
Et du côté du département ?
Au niveau de notre département, avec la compétence que nous exerçons pour les collèges, nous refusons d’inscrire « désengagement » ou « inégalité des chances » sur le grand tableau noir. L’assemblée départementale poursuit ses efforts aussi bien au niveau des enveloppes budgétaires allouées aux collèges (dotations de fonctionnement et programme d’investissement ambitieux de modernisation des collèges existants et de construction des établissements de demain) qu’au niveau de ses politiques éducatives, largement orientées vers les publics les plus fragiles (équipement et encadrement des collèges en matière de nouvelles technologies, internat de respiration, « vivre son collège autrement », orientibus…).
Comme dans de nombreux autres domaines, il nous faut, au niveau local, ramer contre les courants injustes qui ont pour foyer confortable, les assises de notre gouvernement actuel. Se résigner au démembrement de l’Education Nationale serait abandonner l’avenir de nos enfants et de notre pays.
A quelques mois d’échéances électorales majeures, tout parti politique responsable ne peut que faire de ces questions d’éducation pour tous, une priorité.
En passant par une SCOP ...