Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Aide alimentaire: la démission européenne ...

Je veux témoigner de tout mon soutien aux associations en charge de l’aide alimentaire dans notre pays et dans l’Union Européenne.

Une partie conséquente de l’aide alimentaire est aujourd’hui menacée, suspendue à la décision du conseil des ministres qui devra statuer sur le maintien du programme européen d’aide aux plus démunis au mois d'octobre.
 
Certains pays, dont l’Allemagne, ont en effet l’idée de transférer le financement de cette solidarité vers les états membres de l’Union. Ainsi, des 500 millions d’euros programmés au budget 2011, seuls 113 millions seraient préservés pour 2012…. Bien entendu, cette démission européenne ne serait accompagnée d’aucun moyen de contraindre, ni même d’inciter, les états membres à compenser les aides non versées par l’UE.
 
En France, une telle décision ramènerait l’aide versée aux quatre associations françaises (resto du cœur, croix rouge, secours populaire, banques alimentaires) de 78 millions d’euros cette année, à 15 millions en 2012. Ainsi, ce seraient près de 11 millions de repas qui ne pourraient plus être distribués l’an prochain. Paradoxe cruel et insupportable si l’on sait que le nombre de personne secourues ne cesse de croître : 2 millions en 2009, 2,4 millions en 2010 et certainement beaucoup plus en 2011.
 
Je demande donc aux représentants de la France de bien vouloir exprimer le désaccord radical de la France avec cette hypothèse.
 
L’Union Européenne doit se montrer à la hauteur des évènements qu’elle traverse en ce moment. La crise appelle des peuples de l’Union qu’ils soient solidaires et des gouvernements qu’ils fassent autre chose de l’Europe qu’un vaste marché tout juste organisé pour sauver les banques.

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édito par Jean-Louis Tourenne

 

En passant par une SCOP ...

 
 
J’étais invité jeudi matin par Réso Solidaire à la visite d'une SCOP (Société Coopérative et Participative) qui se trouve au Rheu, près de Rennes. J’en profite d’ailleurs pour les remercier une nouvelle fois de leur sympathique invitation qui me fut par ailleurs très instructive et intéressante. Créée  il y a plus de 30 ans , cette société est devenue un acteur majeur du territoire et a  su développer des compétences  sur de nombreux projets transversaux grâce à des équipes pluridisciplinaires de qualité. Elle démontre surtout que l’organisation sous forme de SCOP est une réponse alternative à un modèle centralisé dans lequel la propriété de l’entreprise est dans les mains d’actionnaires qui n’en ont que faire de la situation des salariés, voire même dans certains cas  (nombreux ?), font pression sur leurs  conditions  de travail afin d’avoir un retour rapide sur investissement et à des taux élevés. Dans cette SCOP, le lien entre salariés , Pdg, citoyens est tenu, chacun étant un peu tout à la fois. Il en ressort, un bien être de tous, chacun se retrouvant au cœur des décisions de l’entreprise. Le partage des décisions, le partage des profits, la copropriété des moyens de production ne sont pas des utopies. L’économie peut très bien être prospère, générée de la croissance, et fonctionner sur un mode coopératif. Car ce qu’il ressort profondément de cette visite, c’est la capacité qu’ont  eu les salariés à coopérer et trouver un mode de fonctionnement qui leur soit propre. Ils partagent tous les mêmes intérêts, les mêmes objectifs. Ils partagent évidemment tous les mêmes valeurs, la même vision de la solidarité et de l’égalité face au travail. Alors certes, le modèle de société coopérative est fragile et repose sur une coopération de tous les instants. C’est un défi que nous pouvons et devons relever afin d’imaginer d’autres mode de production. Les enjeux sont de taille si nous voulons réinventer la place de l’Homme au sein de l’entreprise.
 
François Hollande a d’ailleurs bien saisi toute l’importance de soutenir ce mode d’organisation. C’est en ce sens qu’il a répondu à la sollicitation du Réseau des SCOP pour leur dire combien il désirait engager des réformes en faveur des modèles coopératifs. Ainsi, il annonçait que le rachat d’entreprises par leurs salariés pourrait représenter une solution pour éviter l’hémorragie actuelle d’entreprises. Par ailleurs, afin d'engager les changement nécessaire, dans ce même courrier, François Hollande proposait que de nouvelles dispositions soient prises rapidement dont certaines pourront être incluses, dès l’automne 2012, dans la loi de programmation du développement de l’économie sociale et solidaire. Le changement est donc bien en cours!
 
Le département continuera à s’engager pour promouvoir de nouvelles formes d’organisation, pour promouvoir l’économie sociale et solidaire et pour défendre les entreprises du territoire. L’actualité économique de ces derniers mois nous prouve que nous devons défendre une vision progressiste de l’entreprise et qu’il ne faut rien relâcher. Nos politiques, nos actes et nos actions en sont les preuves. Elles sont aux services de l’emploi, du développement durable, de l’aménagement du territoire et donc du maintien de l’Ille-et-Vilaine comme un département dynamique tourné vers ses habitants.

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