Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Des logements pour s'insérer mieux et vivre dignement

Ceux qui écrivent sont surtout des personnes d’âge mûr et des seniors mais les jeunes sont concernés au premier chef. Aujourd’hui, 4 % des personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ont plus de 65 ans, 25 % ont entre 16 et 25 ans. C’était exactement l’inverse il y a vingt ans.

 « Le coût prohibitif des logements et la pénurie des logements sociaux conduisent, à l’extrême, certains salariés à adopter, de manière durable, des solutions précaires. Certains ont ainsi recours au camping toute l’année, ou encore des jeunes partagent une chambre d’hôtel » m’écrivait récemment la Commission Paritaire Départementale du Dialogue Social dans l’Artisanat.
Mois après mois, vos courriers sont nombreux à témoigner ainsi de la difficulté de vivre dignement pour certains d’entre vous. Ceux qui écrivent sont surtout des personnes d’âge mûr et des seniors mais les jeunes sont concernés au premier chef. Aujourd’hui, 4 % des personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ont plus de 65 ans, 25 % ont entre 16 et 25 ans. C’était exactement l’inverse il y a vingt ans.
Un certain nombre de vos lettres traduit aussi ce qu’on a pu appeler le « désamour citoyen » et qui se manifeste par l’abstention ou le vote aux extrêmes.
Les désengagements de l’Etat perpétrés par le gouvernement actuel sont souvent mis en cause mais les collectivités locales ne sont pas toujours épargnées.
Quelques-uns s’adressent à nous comme à un dernier recours et, notamment en matière de logement, espèrent une intervention salvatrice. Il ne nous appartient évidemment pas d’attribuer les logements, mais face à la situation dramatique de pénurie, nous nous sommes engagés dans une politique hardie en faveur de l’habitat.
La majorité départementale suit une ligne de conduite des plus claires : élus sur un programme, nous avons élaboré un Plan Stratégique départemental pour le mettre en œuvre, nous en poursuivons méthodiquement l’application et nous tenons les habitants informés de sa réalisation.
En matière de logement, conscients du problème, nous définissions dans notre programme, dès 2004, deux grands axes :

  • développer une politique de logement pour les plus modestes et les jeunes en renforçant les aides existantes,
  • défendre la mixité sociale par une relance du logement au service de l’égalité des chances.

Le Projet Stratégique Départemental adopté en décembre de la même année fixait ainsi les objectifs :

  • définir une politique départementale de l’habitat dans la perspective d’assurer la délégation de compétences en élaborant un véritable schéma départemental de l’habitat pour au moins 3 000 logements: locatif social, accession sociale à la propriété, loyers conventionnés privés.
  • mettre en place un plan de relance du logement social ambitieux, soucieux d’encourager la diversité de l’habitat, la mixité sociale et générationnelle et la production de logements avec pour horizon d’atteindre 3 000 logements sociaux par an. Il ne s’en était construit que 900 en 2003.

Vous pourrez vous convaincre à la lecture de ce numéro de Nous Vous Ille que la plupart de ces objectifs sont en voie d’être atteints et que certains sont déjà dépassés.
Dans une société riche comme la nôtre, tout citoyen devrait disposer du droit à un logement. Pour beaucoup, ce droit reste théorique. Trop de gens restent rejetés par la cherté du marché privé. Les demandeurs de logements sociaux sont de plus en plus nombreux alors que le rythme annuel de construction demeure insuffisant. Comment peut-on, sans un logement décent, trouver un emploi, étudier, progresser dans la société ?
En donnant la priorité aux plus démunis, nous voulons travailler à une solution pour toutes les couches sociales et pour chaque âge de la vie: étudiants ou jeunes travailleurs en situation précaire, en formation ou en premier emploi ; premier logement familial du salarié ; acquisition, pour la famille qui s’agrandit ; programmes spécifiques, en cas d’accident de la vie.
Par un effort sans précédent, nous avons avancé, depuis deux ans, pour rendre effectif et, à terme, opposable le droit au logement, déjà inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946. Pendant ce temps, le Gouvernement, lui, se demande actuellement à quelle collectivité faire supporter le poids de ses promesses.
Faire ce que l’on dit ; dire ce que l’on fait : telle est notre ligne de conduite constante. C’est ainsi que nous entendons mériter la confiance de nos concitoyens et contribuer à une plus grande mobilisation civique, meilleur rempart contre toutes les aventures de la démagogie.

 

édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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