Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

La réforme des retraites...ou l'avènement du "chacun pour soi"

La semaine que nous venons de traverser se termine sur un sombre constat. Le gouvernement s’attaque aux valeurs les plus fondamentales de notre société et c’est tout le socle de notre système républicain qui s’en trouve une fois de plus ébranlé, sournoisement, quotidiennement. D’une part, le statut de la fonction publique est remis en cause à travers un décret qui abroge la garantie de l’emploi. De l’autre, le système de retraite.

 
Nombreux sont ceux qui sont montés au créneau dans les médias pour expliquer aux français la nécessité des réformes et les déclarations sont alarmistes. Pour François Fillon, ce sont 100 milliards d’euros par an qui feront défaut dans les caisses de l’assurance vieillesse d’ici 2050. Quant à Xavier Darcos, il préconise de « déplacer le curseur » du temps de travail pour faire face à la dette. Un euphémisme de plus pour demander aux français de se serrer la ceinture. Une fois de plus, les travailleurs devront fournir un effort supplémentaire, alors que depuis l’arrivée de la droite au pouvoir, ils ont déjà largement été mis à contribution.
 
L’une des mesures annoncées par François Fillon a tout particulièrement retenue mon attention, d’autant plus que nous avons reçu jeudi dernier à Rennes la visite de son concepteur : Lionel Jospin. Moins médiatisé, mais tout aussi dramatique, il s’agit de la suppression du « fonds de réserve des retraites », mis en place depuis 1999.
 
Dramatique, car ce fonds garantit la pérennité de notre système de retraite par répartition. C’est grâce à ce fonds que la solidarité entre les citoyens sera maintenue dans le futur. A partir de 2020, il serait en capacité de prendre en charge une partie des dépenses liées au vieillissement de la population.
 
La création du fonds de réserve des retraites est le fruit d’un travail de fond du gouvernement socialiste sur les projections démographiques. 2020 sera un cap important à passer avec l’arrivée à l’âge de la retraite des baby-boomers. Nous devons nous tenir prêts pour faire face à ce défi.
 
Après avoir « omis » d’alimenter ce fonds, la droite a aujourd’hui pour dessin de le supprimer entièrement. La raison évoquée ? Il s’agirait pour l’Etat d’un jeu à somme nulle qui s’endette en l’abondant. Sa solution ? Supprimer le fonds et ainsi éponger sa dette.
 
Le gouvernement se cantonne donc à une vision à court terme. Ou bien souhaite-t-il porter un coup fatal à notre modèle social ? En effet, la suppression du fonds aura pour conséquence la fin de la solidarité, et l’avènement du chacun pour soi avec un système de retraite par capitalisation.
 
Le gouvernement  socialiste de Lionel Jospin a su se montrer juste, prévoyant et responsable face aux enjeux des retraites. Le gouvernement actuel serait bien inspiré de faire preuve du même courage que ces prédécesseurs.
 

Commentaires

Monsieur le Président du

Monsieur le Président du Conseil Général,

Je me permets de vous écrire car à ce jour nous sommes plus de 35 000 à soutenir sur le site facebook, une petite fille prénommée Louna atteinte d'une leucémie et sa famille qui à ce jour rencontre de grosses difficultés, je vous invite à aller vous rendre compte sur ce site à la page "une pensée pour Louna" afin de mieux comprendre la détresse de cette famille.
Ses parents ont fait une demande sur tf1 avec l'émission link afin que celle ci pourra leur venir en aide.
J'espére, Monsieur le Président du Conseil Général, que vous pourrez vous aussi leur venir en aide.Merci Cordialement

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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