
Il m'avait séduit ce Monsieur Hirsch, avec son livre "la pauvreté en héritage", avec son action au sein d'Emmaùs. Il m'avait convaincu avec son idée sur le Revenu de Solidarité Active. Et nous l'avions reçu à Rennes, quelques mois avant les élections présidentielles.
Enfin, une perspective de sortie de la pauvreté (13.1% de la population française) pour un grand nombre de nos concitoyens. Assurer un revenu familial à ceux qui travaillent.
Devenu haut-commissaire - Ministre était trop compromettant, dit-il - il a continué à développer son projet. Et nous l'avons suivi en devenant département expérimental pour une période suffisamment longue pour en tirer des enseignements et généraliser un dispositif amélioré et ayant fait ses preuves. Et l'Ille et Vilaine avec la complicité des villes de Rennes, de Vitré, de Janzé y a mis un bel enthousiasme:
- Mensualisation des RMistes au travail (le seul département de France)
-Accompagnement social et professionnel individualisé avec nos Animateurs Locaux d'Insertion (remarquables) et le détachement pris en cahrge par nous de 16.3 postes de conseillers ANPE
- Création de groupes témoins sur chaque territoire constitué de bénéficiaires, d'accompagnateurs, d'employeurs, pour recueillir les difficultés, les suggestions.
L'optimisme régnait. Et nous espérions beaucoup.
Mais la politique politicienne finit toujours par reprendre ses droits chez certains: précipitation pour annoncer la généralisation avant d'avoir tiré les leçons de l'expérience, avant d'avoir peaufiné le projet... il faut redorer l'image du Gouvernement, effacer les effets désastreux du bouclier fiscal en s'intéressant - un peu - aux plus pauvres.
Le RSA a-t-il incité à la reprise du travail? question essentielle qui n'aura pas de réponse, elle n'intéresse pas le Gouvernement qui a de plus hautes préoccupations . Pourtant, entre le 1 er janvier 2008 (date de mise en oeuvre du RSA en 35) et le 30 juin 2008 le nombre de RMistes en emploi passe de 32% à 40% . Le RSA serait donc efficace, pourrions-nous penser. Sauf qu'en 2007, sans RSA, le même phénomène, dans les mêmes proportions s'est produit.
Tant d'autres enseignements auraient pu ainsi être recueillis pour ateindre l'objectif. Mais tel n'était pas la volonté du Président, ni de Martin Hirsch. Il fallait, avec une parcimonie de moyens, s'attirer la faveur populaire en annonçant une mesure qui n'aurait, sans doute que peu d'effet, sauf d'annonce et pèserait surtout sur les départements.
La généralisation, en effet, est très restrictive et largement différente de l'expérimentation:
Il est peu probable que le RSA - voir les études de la DREES du Ministère de la santé - apporte une quelconque amélioration à la situation des RMistes. Mais au moins, grâce à ce bon M. Hisrch, l'Etat aura réussi à faire payer l'API aux départements.
Belle vocation de boulanger pour nous avoir roulé ainsi dans la farine.
Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!
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