Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Le RSA: une généralisation au rabais.

Il m'avait séduit ce Monsieur Hirsch, avec son livre "la pauvreté en héritage", avec son action au sein d'Emmaùs. Il m'avait convaincu avec son idée sur le Revenu de Solidarité Active. Et nous l'avions reçu à Rennes, quelques mois avant les élections présidentielles.

Enfin, une perspective de sortie de la pauvreté (13.1% de la population française) pour un grand nombre de nos concitoyens. Assurer un revenu familial à ceux qui travaillent.

Devenu haut-commissaire - Ministre était trop compromettant, dit-il - il a continué à développer son projet. Et nous l'avons suivi en devenant département expérimental pour une période suffisamment longue pour en tirer des enseignements et généraliser un dispositif amélioré et ayant fait ses preuves. Et l'Ille et Vilaine avec la complicité des villes de Rennes, de Vitré, de Janzé y a mis un bel enthousiasme:

- Mensualisation des RMistes au travail (le seul département de France)

-Accompagnement social et professionnel individualisé avec nos Animateurs Locaux d'Insertion (remarquables) et le détachement pris en cahrge par nous de 16.3 postes de conseillers ANPE

- Création de groupes témoins sur chaque territoire constitué de bénéficiaires, d'accompagnateurs, d'employeurs, pour recueillir les difficultés, les suggestions.

L'optimisme régnait. Et nous espérions beaucoup.

Mais la politique politicienne finit toujours par reprendre ses droits chez certains: précipitation pour annoncer la généralisation avant d'avoir tiré les leçons de l'expérience, avant d'avoir peaufiné le projet... il faut redorer l'image du Gouvernement, effacer les effets désastreux du bouclier fiscal en s'intéressant - un peu - aux plus pauvres.

Le RSA a-t-il incité à la reprise du travail? question essentielle qui n'aura pas de réponse, elle n'intéresse pas le Gouvernement qui a de plus hautes préoccupations . Pourtant, entre le 1 er janvier 2008 (date de mise en oeuvre du RSA en 35) et le 30 juin 2008 le nombre de RMistes en emploi passe de 32% à 40% . Le RSA serait donc efficace, pourrions-nous penser. Sauf qu'en 2007, sans RSA, le même phénomène, dans les mêmes proportions s'est produit.

Tant d'autres enseignements auraient pu ainsi être recueillis pour ateindre l'objectif. Mais tel n'était pas la volonté du Président, ni de Martin Hirsch. Il fallait, avec une parcimonie de moyens, s'attirer la faveur populaire en annonçant une mesure qui n'aurait, sans doute que peu d'effet, sauf d'annonce et pèserait surtout sur les départements.

La généralisation, en effet, est très restrictive et largement différente de l'expérimentation:

  • diminution du complément RSA
  • Mise à la charge du département l'API (allocation Parent Isolé) 8 000 000 € en 35 contre la prise ne charge par l'Etat d e la partie du complément financée antérieurement par le 35 ( économie pour le département : 3 M€) - Coût pour le département: 5 M€
  • Suppression de la PPE mais intégration des travailleurs pauvres dans le dispositif; de 11000 bénéficiaires potentiels, nous passons à 40000 environ qui devront, forcément, être accompagnés par le département.
  • Finis les accompagnements sociaux et professionnels pourtant déterminants dans le reprise du travail (surtout en cette conjoncture de chômage en folle hausse). Pour le département qui veut continuer à accompagner, il en coûtera la création de plus d'une dizaine de postes d'ALI ne serait-ce que pour accompagner les bénéficiaires de l'ancienne API)

Il est peu probable que le RSA - voir les études de la DREES du Ministère de la santé - apporte une quelconque amélioration à la situation des RMistes. Mais au moins, grâce à ce bon M. Hisrch, l'Etat aura réussi à faire payer l'API aux départements.

Belle vocation de boulanger pour nous avoir roulé ainsi dans la farine.

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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