Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Un million de chômeurs en fin de droits en 2010 : une année noire pour les départements en charge du RSA

 

Tous les salariés de France cotisent chaque mois, à une assurance chômage, afin de se prémunir du risque du même nom. Lorsque ce risque est malheureusement avéré, situation hélas fréquente, le salarié reçoit une allocation en tant qu’assuré, ce qui n’a rien à voir avec l’assistanat. Les conditions sont d’ailleurs draconiennes, puisque cette allocation de 56% du salaire brut de référence est au plus de 23 mois.
 
Que se passe-t-il après cette courte période ? La solidarité nationale prend le relais sous la forme d’une allocation spécifique de solidarité d’environ 450 euros par mois. Encore faut-il pouvoir y prétendre ! Les conditions d’obtention sont en effet de plus en plus restrictives, conformément au dogme ultralibéral de « responsabilisation financière des bénéficiaires », car le chômeur serait seul responsable de sa situation ! Jugeons-en : Il faut non seulement être demandeur d’emploi de longue durée, mais également avoir travaillé 5 ans dans les 10 dernières années, ne pas dépasser le plafond de ressources… Toutes conditions cumulatives permettant d’exclure la majorité des chômeurs sans ressources.
 
Combien de chômeurs peuvent réellement y prétendre ? Les partenaires sociaux négocient justement dans le cadre d’un groupe de travail sur les chômeurs en fin de droits. C’est une question loin d’être anecdotique. Selon les chiffres de Pole emploi, 1 000 000 de chômeurs indemnisés arriveront en fin de droits en 2010 ! Le chiffre estimé pour 2009 étant de 850.000, cette prévision marque une progression de près de 18%.
 
Parmi eux, toujours selon Pole emploi, seuls 16% seront éligibles à l’allocation spécifique de solidarité.
 
Que deviendront les 830 000 autres personnes ? Même si tous ne rempliront pas les conditions d’éligibilité au RSA socle (ex-RMI), à la charge des Départements, il est à craindre qu’un grand nombre en ressortira. Pour l’Ille et Vilaine, ce sont ainsi plusieurs milliers de personnes potentiellement concernées. Même François Fillon n’attend aucun miracle du coté du marché du travail.
 
De fait le gouvernement fait du RSA, payé par les départements, le troisième pilier de l’indemnisation du chômage. C’est le marché de dupe de Martin Hirsch que nous avons déjà dénoncé. Alors que dans le même temps, il étrangle financièrement ces mêmes collectivités !
 
Les solutions à cette catastrophe annoncée existent. Elles sont d’abord politiques, nécessitent du courage et le sens de la solidarité : étendre provisoirement la durée d’indemnisation et assouplir les règles d’accès à l’allocation spécifique de solidarité.
 
Comment ? avec quel argent me dira-t-on ? Il faut avoir le courage de revenir sur les cadeaux toujours augmentés faits aux plus riches ou à certaines catégories professionnelles qui ne tiennent pas leurs engagements. Il est vital de faire revenir les 15 Milliards d’euros du bouclier fiscal dans les caisses de l’Etat pour le bien commun, les 70 milliards perdus par les niches fiscales. Il faut avoir cette audace quand on se targue de pragmatisme, même si c’est au risque de fâcher les bénéficiaires du bouclier fiscal, dont un grand nombre, sans doute, fait partie des généreux donateurs de l’UMP, dont le trésorier est aussi ministre du budget.
 
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, s’est félicité, lors de ses vœux aux français, que le modèle social de notre pays nous ait permis d’amortir les effets néfastes de la crise. Dès lors pourquoi s’acharne-t-il à le détruire chaque jour davantage ?

Commentaires

NOUVELLE ANNEE

bONJOUR jEAN LOUIS,

MEILLEURS VOEUX A TOI ET UNE BONNE ANNEE POUR LE CG
POUR CETTE DROLE DE PERIODE POLITIQUE ;;;
je lis régulièrement tes articles et te rejoins pour beaucoup de propos et de réflexions...
En tant que responsable du Point Accueil Emploi d'Antrain Communauté, il y a des jours ou c'est difficile de redonner espoir aux personnes car la conjoncture est terrible pour certains.
Néanmoins j'essaie d'assurer au maximum ma mission pour le public car je crois fortement dans ce que je fais.
a BIENTOT SUREMENT
Eric Arribard

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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