Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

La résistible montée du Front National

 Prévisible pourtant, la brusque révélation des intentions de vote en faveur de l'extrême droite inquiéte tous les Républicains

 Dans un  premier temps, la dénégation : cachez ce sondage que je ne saurais voir!!

Il était truqué, pas conforme aux règles applicables, ne prenait en compte qu'un candidat éventuel du PS... il aura fallu deux autres sondages avec des résultats, sinon conformes, au moins traduisant la même poussée du Front National pour que la réflexion prenne la place du refus de voir.

La recherche des explications et des alibis,

Ce ne pouvait être que le populisme, la recherche de la division, la politique de stigmatisations, conduites par le Président de la République peu soucieux de morale et de principes pour reconquérir un électorat qui lui échappe. Populisme, démagogie, le discours de Grenoble, la guerre contre les juges, le débat sur les musulmans, tout était bon pour faire revenir les électeurs perdus. La ficelle pour être un peu trop grosse n'a trompé personne et des Français, égarés souvent, à la recherche d'un peu d'espoir qu'ils ne trouvent plus dans les partis traditionnels tendent à se laisser séduire pas le discours de Mme Le Pen. Discours édulcoré, prononcé d'une voix rassurante, le sourire aux lèvres. Elle parle de République, d'un Etat protecteur, de resorption des inégalités, condamne même les horreurs commises par les nazis.

Pourtant, il ne faut pas s'y tromper. Si les vociférations outrancières de JM Le Pen ont été remplacées par des propos plus calins, la philosophie, les options politiques,  elles, n'ont pas varié. La xénophobie, les fausses solutions, le choix de boucs émissaires et les craintes pour la démocratie doivent nous inquiéter

Si M. Sarkozy porte une lourde responsabilité qui embarrasse d'aileurs son propre camp, les socialistes ne sauraient s'exonérer de la leur. Comment, lorque le Chef de l'Etat est rejeté par 71% des Français, n'avons-nous pas réussi à proposer une alternative crédible? Comment pouvons-nous être aussi absents ddu débat pour redonner aux Français de l'espoir? Certes, il faut montrer combien la politique de casse et de classe de la droite a conduit notre pays au désastre, à l'augmentation d e la précarité, à l'extension de la misère, à l'incapacité à prendre le train de la reprise parce nos finances, à force de favoriser les riches, sont exsangues. 

Mais, il devient urgent de proposer un vrai projet de société aux Français. Nous devons dire de façon claire, vers quelle façon de vivre ensemble, en sécurité, en sérénité, nous voulons aller. Comment mettre en oeuvre un autre modèle de développement,  fondé sur le bien-être des individus, sur le développement durable, sur l'égalité des chances, sur la remise en oeuvre de l'ascenseur social qui offre à tout jeune issu des catégories défavorisées des perspectives de promotions sociales?  Bref, un projet global, rassembleur, qui fasse partager à nos concitoyens un horizon nouveau vers lequel nous pourrions nous diriger ensemble. 

Le temps n'est plus à la critique exclusive du Sarkozisme. Chacun en connaît aujourd'hui les effets toxiques. Chacun sait que ça ne peut durer. Il serait terrible - et nous serions bien coupables parce que l'histoire montre que ce gense d'expérience  est souvent irréversible -  que la France sombre dans l'extrême droite et ses outrances.

Alors, vite, un vrai projet de gauche, un vrai projet d'espoir retrouvé....

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édito par Jean-Louis Tourenne

 

En passant par une SCOP ...

 
 
J’étais invité jeudi matin par Réso Solidaire à la visite d'une SCOP (Société Coopérative et Participative) qui se trouve au Rheu, près de Rennes. J’en profite d’ailleurs pour les remercier une nouvelle fois de leur sympathique invitation qui me fut par ailleurs très instructive et intéressante. Créée  il y a plus de 30 ans , cette société est devenue un acteur majeur du territoire et a  su développer des compétences  sur de nombreux projets transversaux grâce à des équipes pluridisciplinaires de qualité. Elle démontre surtout que l’organisation sous forme de SCOP est une réponse alternative à un modèle centralisé dans lequel la propriété de l’entreprise est dans les mains d’actionnaires qui n’en ont que faire de la situation des salariés, voire même dans certains cas  (nombreux ?), font pression sur leurs  conditions  de travail afin d’avoir un retour rapide sur investissement et à des taux élevés. Dans cette SCOP, le lien entre salariés , Pdg, citoyens est tenu, chacun étant un peu tout à la fois. Il en ressort, un bien être de tous, chacun se retrouvant au cœur des décisions de l’entreprise. Le partage des décisions, le partage des profits, la copropriété des moyens de production ne sont pas des utopies. L’économie peut très bien être prospère, générée de la croissance, et fonctionner sur un mode coopératif. Car ce qu’il ressort profondément de cette visite, c’est la capacité qu’ont  eu les salariés à coopérer et trouver un mode de fonctionnement qui leur soit propre. Ils partagent tous les mêmes intérêts, les mêmes objectifs. Ils partagent évidemment tous les mêmes valeurs, la même vision de la solidarité et de l’égalité face au travail. Alors certes, le modèle de société coopérative est fragile et repose sur une coopération de tous les instants. C’est un défi que nous pouvons et devons relever afin d’imaginer d’autres mode de production. Les enjeux sont de taille si nous voulons réinventer la place de l’Homme au sein de l’entreprise.
 
François Hollande a d’ailleurs bien saisi toute l’importance de soutenir ce mode d’organisation. C’est en ce sens qu’il a répondu à la sollicitation du Réseau des SCOP pour leur dire combien il désirait engager des réformes en faveur des modèles coopératifs. Ainsi, il annonçait que le rachat d’entreprises par leurs salariés pourrait représenter une solution pour éviter l’hémorragie actuelle d’entreprises. Par ailleurs, afin d'engager les changement nécessaire, dans ce même courrier, François Hollande proposait que de nouvelles dispositions soient prises rapidement dont certaines pourront être incluses, dès l’automne 2012, dans la loi de programmation du développement de l’économie sociale et solidaire. Le changement est donc bien en cours!
 
Le département continuera à s’engager pour promouvoir de nouvelles formes d’organisation, pour promouvoir l’économie sociale et solidaire et pour défendre les entreprises du territoire. L’actualité économique de ces derniers mois nous prouve que nous devons défendre une vision progressiste de l’entreprise et qu’il ne faut rien relâcher. Nos politiques, nos actes et nos actions en sont les preuves. Elles sont aux services de l’emploi, du développement durable, de l’aménagement du territoire et donc du maintien de l’Ille-et-Vilaine comme un département dynamique tourné vers ses habitants.

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