Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Agriculture : pour un modèle solide et solidaire

Agriculture : pour un modèle solide et solidaire

J’étais dimanche 30 août à la fête de l’agriculture, à Pleumeuleuc. Je souhaite sincèrement remercier les organisateurs pour avoir fait de cet évènement, un moment de rencontre et de convivialité entre amoureux de l’espace rural, simples curieux et agriculteurs. On me dit que nous étions entre 20000 et 25000 sous le soleil, dans la bonne humeur malgré les difficultés, nombreuses, du secteur.

Car c’est un secteur qui souffre de la fin de la régulation et donc de l’application nocive d’une certaine idée de la concurrence qui fait fi des distorsions entre pays du monde, pays d’Europe ou régions de France. Les producteurs de lait en souffrent : les quotas, dont la disparition est programmée, garantissaient des revenus décents. Les producteurs de fruit et de légumes en souffrent également, on leur demande le remboursement d’aides qu’on leur avait données. Comme si l’on pensait que les trésoreries des coopératives et des exploitations pouvaient se le permettre.

L’agriculture en ressortirait  différente: des produits moins chers (et surtout moins bons !), des terres moins chères, des travailleurs moins chers.

Si l’Etat se désengage, le budget du Conseil Général dédié à ce secteur approche les 2 millions d’euros par an et il a doublé depuis 2004.

Avec, au moins, trois objectifs…

  1. Les jeunes agriculteurs doivent pouvoir s’installer plus facilement. Chaque année, nous aidons ainsi près de 25 jeunes agriculteurs à démarrer ou à reprendre une exploitation.
  2. Les agriculteurs doivent pouvoir diversifier leurs activités. Nous y contribuons…notamment, en aidant ceux qui souhaitent produire de l’énergie renouvelable ou en favorisant les démarches de valorisation qualitative des produits.
  3. Nous pensons que les agriculteurs peuvent être en première ligne dans la défense de l’environnement. Nous nous engageons avec eux, en les aidant à mettre en place des économies d’énergie et d’eau, en les incitant à limiter leurs émissions de CO2 ou en accompagnant ceux qui le souhaitent à passer à l’agriculture Bio.

Ce sont, à mon avis, les clés d’une agriculture durable qui rende justice à ceux qui produisent ce que nous mangeons.

Pour cela, la puissance publique doit agir pour que l’on produise en quantité suffisante afin de conserver une industrie agroalimentaire performante, génératrice d’emplois. Il faut agir pour que cette nécessité de produire suffisamment ne se fasse pas au détriment de la qualité de nos sols, de la propreté de notre eau. Et surtout, il faut une répartition plus juste des valeurs produites entre producteurs, transformateurs, distributeurs, en faisant en sorte que personne ne puisse imposer sa loi et ses prix à quiconque.

 Je souhaite rappeler tout ce que nous devons à certains ministres de l’agriculture, de gauche. Tanguy-Prigent qui a créé le statut du fermage. Edgard Pisani, gaulliste de gauche, dont a parlé la présidente des Jeunes Agriculteurs ce dimanche, et qui joua un rôle primordial dans la définition des objectifs de la PAC. Edith Cresson qui a œuvré au statut des agricultrices. Michel Rocard qui a initié les quotas, notamment laitiers. Jean Glavany qui a soutenu les agriculteurs dans les heures les plus sombres de la crise de la vache folle. Tout ceux-là ont agis pour protéger et développer l’agriculture. Et maintenant ?

C’est un nouveau modèle qu’il nous faut. Un modèle moderne qui respecte la terre et les hommes qui en vivent. Un modèle où l’on produit plus de richesses en dépensant moins d’énergies. Un modèle qui en finirait avec l’agriculteur invisible en renouvelant le lien entre producteurs et consommateurs. Un modèle qui valorise les travailleurs mais aussi les consommateurs grâce à un régime de régulation qui définisse de justes prix, partagés de façons équilibrées entre la production et la distribution.

En somme un modèle d’agriculture solide et solidaire. Un peu comme elle nous a été montré, dimanche, à Pleumeuleuc. Ce modèle ne se construira pas à coté des agriculteurs, ou contre les agriculteurs. Il se construira avec eux et pour eux, et nous souhaitons y contribuer.

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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