
Agriculture : pour un modèle solide et solidaire
J’étais dimanche 30 août à la fête de l’agriculture, à Pleumeuleuc. Je souhaite sincèrement remercier les organisateurs pour avoir fait de cet évènement, un moment de rencontre et de convivialité entre amoureux de l’espace rural, simples curieux et agriculteurs. On me dit que nous étions entre 20000 et 25000 sous le soleil, dans la bonne humeur malgré les difficultés, nombreuses, du secteur.
Car c’est un secteur qui souffre de la fin de la régulation et donc de l’application nocive d’une certaine idée de la concurrence qui fait fi des distorsions entre pays du monde, pays d’Europe ou régions de France. Les producteurs de lait en souffrent : les quotas, dont la disparition est programmée, garantissaient des revenus décents. Les producteurs de fruit et de légumes en souffrent également, on leur demande le remboursement d’aides qu’on leur avait données. Comme si l’on pensait que les trésoreries des coopératives et des exploitations pouvaient se le permettre.
L’agriculture en ressortirait différente: des produits moins chers (et surtout moins bons !), des terres moins chères, des travailleurs moins chers.
Si l’Etat se désengage, le budget du Conseil Général dédié à ce secteur approche les 2 millions d’euros par an et il a doublé depuis 2004.
Avec, au moins, trois objectifs…
Ce sont, à mon avis, les clés d’une agriculture durable qui rende justice à ceux qui produisent ce que nous mangeons.
Pour cela, la puissance publique doit agir pour que l’on produise en quantité suffisante afin de conserver une industrie agroalimentaire performante, génératrice d’emplois. Il faut agir pour que cette nécessité de produire suffisamment ne se fasse pas au détriment de la qualité de nos sols, de la propreté de notre eau. Et surtout, il faut une répartition plus juste des valeurs produites entre producteurs, transformateurs, distributeurs, en faisant en sorte que personne ne puisse imposer sa loi et ses prix à quiconque.
Je souhaite rappeler tout ce que nous devons à certains ministres de l’agriculture, de gauche. Tanguy-Prigent qui a créé le statut du fermage. Edgard Pisani, gaulliste de gauche, dont a parlé la présidente des Jeunes Agriculteurs ce dimanche, et qui joua un rôle primordial dans la définition des objectifs de la PAC. Edith Cresson qui a œuvré au statut des agricultrices. Michel Rocard qui a initié les quotas, notamment laitiers. Jean Glavany qui a soutenu les agriculteurs dans les heures les plus sombres de la crise de la vache folle. Tout ceux-là ont agis pour protéger et développer l’agriculture. Et maintenant ?
C’est un nouveau modèle qu’il nous faut. Un modèle moderne qui respecte la terre et les hommes qui en vivent. Un modèle où l’on produit plus de richesses en dépensant moins d’énergies. Un modèle qui en finirait avec l’agriculteur invisible en renouvelant le lien entre producteurs et consommateurs. Un modèle qui valorise les travailleurs mais aussi les consommateurs grâce à un régime de régulation qui définisse de justes prix, partagés de façons équilibrées entre la production et la distribution.
En somme un modèle d’agriculture solide et solidaire. Un peu comme elle nous a été montré, dimanche, à Pleumeuleuc. Ce modèle ne se construira pas à coté des agriculteurs, ou contre les agriculteurs. Il se construira avec eux et pour eux, et nous souhaitons y contribuer.
Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!
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