Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Autour des monnaies complémentaires...

 

Ce fut une belle soirée. Une réussite même. Lundi 26 septembre, nous étions réunis à l’auditorium des archives départementales pour participer à la conférence intitulée « Les monnaies solidaires, une opportunité pour l'Ille-et-Vilaine? » dont nous étions les co-organisateurs avec Pékéa et le musée de Bretagne. Et nous ne nous sommes pas trompés.
 
En initiant l’idée de créer une monnaie solidaire en Ille-et-Vilaine, nous pensions que l’attente était forte. Nous savions que nous étions dans le vrai et que l’urgence sociale, économique et environnementale nécessitait que nous soyons force d’innovation dans les outils à mettre en place. Nous savions aussi que ce projet devait se construire avec les citoyens et tous les acteurs locaux. En voyant l’auditorium rempli à craquer lundi soir, nous pouvons affirmer aujourd’hui que nous sommes dans le vrai. En impulsant la mise en place d’une monnaie solidaire, ce sont les valeurs du Conseil Général que nous mettons en avant : solidarité, éthique, citoyenneté.
 
Les participations de l’ONG Pékéa et du musée de Bretagne ainsi que les présences de Patrick Viveret et de Célina Whitaker, deux éminents spécialistes de la question, résument à eux seuls l’intérêt et l’attente que suscite notre projet.
 
Se poser la question d’instaurer une monnaie complémentaire et solidaire en Ille-et-Vilaine est d’autant plus évident, qu’il y a urgence. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que nous vivons une crise sociale, économique, environnementale et financière comme jamais nous n’avions connue jusqu’ici. Elle nous confronte tous à nos propres préjugés, nos propres modes de consommation, ainsi qu’à nos propres valeurs et croyances que nous pensions comme inaltérables. Or, notre plus grand défit est bien là, faire en sorte de se remettre en question, être capable de se poser les bonnes questions, et être capable de mettre en place les outils nécessaires et efficaces pour donner un nouveau sens à l’action publique. La mise en œuvre d’une monnaie complémentaire, ou sociale, ou locale, appelons la comme vous le voulez, participe à la remise en cause du fonctionnement de notre économie fondée sur des principes (dans ce cas précis, la monnaie) que nous supposons tous comme inaliénables, comme des faits de la nature, bref comme des variables intouchables.
 
La monnaie est en ce sens le meilleur des exemples, à tel point que nous en avons même oublié son utilité propre. Nous avons ainsi oublié, qu’au final, la monnaie n’a pas vraiment de valeur en soi et qu’elle n’en n’acquiert qu’à partir du moment où elle nous permet d’échanger. Au fil du temps, la monnaie s’est complexifiée, dématérialisée, mais son rôle n’a en soi que peu évolué :
–        La monnaie est un étalon avec des valeurs en ce qu'elle sert à exprimer la valeur ou le prix des marchandises.
–        Elle est intermédiaire des échanges, car en s'interposant dans l'échange de marchandises, elle permet de remédier aux contraintes du troc.
–        Elle est réserve de valeur puisqu’elle peut être conservée sous la forme d'un pouvoir d'achat hypothétique.
 
Néanmoins, afin qu’elle remplisse pleinement son rôle de facilitateur d’échanges et de création de richesses, encore faut-il qu’elle circule aisément et que chacun puisse avoir confiance dans sa valeur. Surtout, l’idée selon laquelle la monnaie est un instrument d’échange neutre n’affectant ni le type des transactions, ni l’horizon ou les types d’investissements, ni les relations entre les utilisateurs est une vision erronée de la réalité. En effet, il existe de nombreuses preuves et expériences qui montrent que l’effet du type d’argent utilisé n’est pas neutre ni sur les transactions, ni sur les relations entre les utilisateurs. Alors, comme je l’ai dit auparavant nous ne pouvons plus accepter l’inertie et rester dans l’idée que “les choses sont comme elles sont” et que, par conséquent, le système financier tel que nous le connaissons est un fait établi et immuable.
 
Nous voilà donc lancés dans cette grande aventure, celle innovante pour un département, d’expérimenter la mise en œuvre d’une monnaie complémentaire. Il ne s’agit pas là d’une posture, ni d’un effet d’aubaine, et encore moins d’une politique isolée au milieu de tous nos dispositifs. Au contraire, elle s’inscrit totalement dans la cohérence d’ensemble que nous avons décidé de donner à toute notre action. Si je devais la résumer, je dirais que nous avons fortement ancré nos politiques dans une approche d’éco-localisme. En effet, nous sommes partis de l’idée que l’économie d’un territoire donné nécessite à la fois « la préservation de l’écosystème ainsi que la subordination de l’économie à la société et à la communauté locale».
 
Ce projet, qui mêle à la fois économie, environnement avec en position centrale le bien être des individus, s’inscrit dans une vision critique de l’hyper-mondialisation. Loin d’être un fervent défenseur de la « démondialisation », il faut tout de même admettre que l’hyper mondialisation des échanges ne répond plus aujourd’hui aux enjeux quotidiens que nous rencontrons tous. Le rôle du politique reprend alors tout son sens, d’autant plus lorsque comme nous, il est ancré dans les territoires au plus proche des acteurs et citoyens. Cette crise systémique aura au moins ce mérite : démontrer à tous que l’élu local peut encore avoir son mot à dire, qu’il peut avec ses armes proposer un nouveau modèle de développement, respectant les hommes et l’environnement, et qu’il peut donc proposer une alternative à ce système économique déshumanisé. C’est le pari que nous faisons, et c’est la volonté qui est la nôtre de proposer pour l’Ille-et-Vilaine un ensemble de politiques innovantes pour changer à notre niveau le quotidien de ses habitants.
 
La mise en œuvre d’une monnaie complémentaire en fait partie, c’est un outil à part entière que nous avons décidé d’investir afin de tenir à la fois les orientations fortes que nous nous sommes fixées mais aussi pour répondre à l’attente des habitants qui de plus en plus deviennent des consomm’acteurs en s’invitant au débat sur la relocalisation et la protection de nos économies. Car les enjeux fondamentaux sont bien là : relocaliser l’économie, ralentir la fuite des richesses créées sur nos territoires, mettre l’économie aux services des hommes, favoriser la consommation et les comportements éthiques.
 
Alors « les monnaies solidaires, une opportunité pour l'Ille-et-Vilaine »? Plus qu’une opportunité, je dirais plutôt qu’il y a urgence ! C’est pourquoi nous irons au bout de notre démarche, et qu’une nouvelle fois nous impliquerons tous les acteurs du département dans la conception de ce projet.

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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