Le Premier Ministre, François Fillon, a présenté la semaine dernière un second plan d’austérité visant à ramener à 0% le déficit public en 2016.
Matignon l’annonçait déjà depuis 2007. Mais l’Elysée, encore aujourd’hui, préfère qualifier ce plan de « politique rigoureuse », sans doute pour ne pas avoir à reconnaître, ne serait-ce qu’à demi-mots, qu’avec ce nouveau tour de vis budgétaire, le Sarkozysme se retranche encore un peu plus et doit faire face à de nouveaux reniements. Car maintenant que le symbole de la TVA à 5,5% a volé en éclats, il ne reste de la volonté originelle de notre Président que la défiscalisation des heures supplémentaires.
Nicolas Sarkozy continue de traîner ce boulet économique, dernière pièce de la loi TEPA, critiquée aussi bien par les syndicats de gauche que par une partie grandissante de la droite. Le rapport bipartisan de Jean-Pierre Gorges (UMP) et Jean Mallot (PS) qualifiait déjà, au printemps dernier, ce système de « dispendieux, inefficace et inégalitaire ».
Dispendieux car financièrement exorbitant, le coût du dispositif s’élevant à 4 milliards par an ! Inefficace car la loi aurait conduit à subventionner des heures supplémentaires structurelles qui auraient de toute façon été effectuées si la défiscalisation n’existait pas, et parce qu’elle réduit le recours à l’emploi, conduisant à préférer le recours aux heures supplémentaires. Inégalitaire car l’exonération de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu sur ces heures sup n’a permis qu’à un quart des foyers fiscaux français de gagner en pouvoir d’achat d’un montant mensuel, qui plus est, très variable.
Mesure inutile donc et contexte de remontée du chômage. Malgré cela, Nicolas Sarkozy refuse d’abandonner la dernière traduction concrète de son slogan de campagne « travailler plus pour gagner plus ». Dans un certain sens, on peut le comprendre, ce serait reconnaître qu’il a eu tout faux !
Mais au-delà de cet entêtement, le reste du plan d’austérité est tout autant décevant, cantonné aux demi-mesures et au manque d’audace. Et bien que je n’en sois aucunement surpris, je m’en désole.
Pourquoi limiter à ce point la taxation sur les grandes entreprises qui sauront de toute façon trouver des stratagèmes, n’en doutons pas, pour minimiser l’offensive ? Pourquoi être aussi frileux sur le rabotage des niches fiscales, dont l’effet contra-cyclique sur notre économie a pourtant été démontré ? Pourquoi ne rien entreprendre en termes de fiscalité, alors qu’un consensus se dégage pour dire que l’actuel impôt direct sur le revenu est inégalitaire et inefficace ?
Alors que le gouvernement relève le taux de base de la TVA, qui pourtant concerne tous les ménages français, alors qu’il avance d’un an la retraite à 62 ans, l’impôt sur la fortune, lui, continuera de diminuer l’année prochaine et le bouclier fiscal sera maintenu. En 2011, le gouvernement a divisé par deux les recettes de l’ISF ! Rendez-vous compte ! Les choix politiques en faveur des plus riches continuent !
Et le paroxysme de la mauvaise foi consiste en cette annonce d’un gel des salaires des ministres et du Président de la République jusqu’au retour de l’équilibre des comptes. A l’automne 2007, je rappelle que Nicolas Sarkozy avait augmenté sa rémunération de 170% et que très récemment, pendant le G20, il s’est résigné à opter pour une suite à 37 000 euros la nuit …
Bref, au-delà de ces informations polémiques personnelles, ce plan n’est-il pas finalement qu’un plan lâche et mou ?
Lâche parce qu’il demande encore un effort considérable à tous, et un effort minime aux plus riches. On a peur des chiens qui sont dans les niches mais on ne craint pas les familles moyennes qui ne constituent pas, aux yeux de notre gouvernement, un groupe de pression suffisamment influent pour qu’il mérite d’être entendu.
Mou parce qu’il n’est pas ambitieux, parce qu’il n’est pas innovant. Rien n’est surprenant dans les plans d’action annoncés et dans les arbitrages opérés, l’ensemble s’accommodant de mesures presque routinières. Rien n’est proposé pour stimuler la croissance, d’ailleurs revue à la baisse pour 2012.
Au sein du département d’Ille-et-Vilaine, nous n’avons pas peur d’imaginer de nouvelles façons d’agir, moins conventionnelles et plus audacieuses. C’est tout le sens de notre nouvelle politique économique en faveur des PME et de notre réflexion sur la dynamique des parcours professionnels à l’ordre du jour de notre session de novembre.
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