Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

Déficit d'audace pour contenir le déficit public!

 

Le Premier Ministre, François Fillon, a présenté la semaine dernière un second plan d’austérité visant à ramener à 0% le déficit public en 2016.
 
Matignon l’annonçait déjà depuis 2007. Mais l’Elysée, encore aujourd’hui, préfère qualifier ce plan de « politique rigoureuse », sans doute pour ne pas avoir à reconnaître, ne serait-ce qu’à demi-mots, qu’avec ce nouveau tour de vis budgétaire, le Sarkozysme se retranche encore un peu plus et doit faire face à de nouveaux reniements. Car maintenant que le symbole de la TVA à 5,5% a volé en éclats, il ne reste de la volonté originelle de notre Président que la défiscalisation des heures supplémentaires.
 
Nicolas Sarkozy continue de traîner ce boulet économique, dernière pièce de la loi TEPA, critiquée aussi bien par les syndicats de gauche que par une partie grandissante de la droite. Le rapport bipartisan de Jean-Pierre Gorges (UMP) et Jean Mallot (PS) qualifiait déjà, au printemps dernier, ce système de « dispendieux, inefficace et inégalitaire ».
 
Dispendieux car financièrement exorbitant, le coût du dispositif s’élevant à 4 milliards par an ! Inefficace car la loi aurait conduit à subventionner des heures supplémentaires structurelles qui auraient de toute façon été effectuées si la défiscalisation n’existait pas, et parce qu’elle réduit le recours à l’emploi, conduisant à préférer le recours aux heures supplémentaires. Inégalitaire car l’exonération de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu sur ces heures sup n’a permis qu’à un quart des foyers fiscaux français de gagner en pouvoir d’achat d’un montant mensuel, qui plus est, très variable.
 
Mesure inutile donc et contexte de remontée du chômage. Malgré cela, Nicolas Sarkozy refuse d’abandonner la dernière traduction concrète de son slogan de campagne « travailler plus pour gagner plus ». Dans un certain sens, on peut le comprendre, ce serait reconnaître qu’il a eu tout faux !
 
Mais au-delà de cet entêtement, le reste du plan d’austérité est tout autant décevant, cantonné aux demi-mesures et au manque d’audace. Et bien que je n’en sois aucunement surpris, je m’en désole.
 
Pourquoi limiter à ce point la taxation sur les grandes entreprises qui sauront de toute façon trouver des stratagèmes, n’en doutons pas, pour minimiser l’offensive ? Pourquoi être aussi frileux sur le rabotage des niches fiscales, dont l’effet contra-cyclique sur notre économie a pourtant été démontré ? Pourquoi ne rien entreprendre en termes de fiscalité, alors qu’un consensus se dégage pour dire que l’actuel impôt direct sur le revenu est inégalitaire et inefficace ?
 
Alors que le gouvernement relève le taux de base de la TVA, qui pourtant concerne tous les ménages français, alors qu’il avance d’un an la retraite à 62 ans, l’impôt sur la fortune, lui, continuera de diminuer l’année prochaine et le bouclier fiscal sera maintenu. En 2011, le gouvernement a divisé par deux les recettes de l’ISF ! Rendez-vous compte ! Les choix politiques en faveur des plus riches continuent !
 
Et le paroxysme de la mauvaise foi consiste en cette annonce d’un gel des salaires des ministres et du Président de la République jusqu’au retour de l’équilibre des comptes. A l’automne 2007, je rappelle que Nicolas Sarkozy avait augmenté sa rémunération de 170% et que très récemment, pendant le G20, il s’est résigné à opter pour une suite à 37 000 euros la nuit …
 
Bref, au-delà de ces informations polémiques personnelles, ce plan n’est-il pas finalement qu’un plan lâche et mou ?
 
Lâche parce qu’il demande encore un effort considérable à tous, et un effort minime aux plus riches. On a peur des chiens qui sont dans les niches mais on ne craint pas les familles moyennes qui ne constituent pas, aux yeux de notre gouvernement, un groupe de pression suffisamment influent pour qu’il mérite d’être entendu.
 
Mou parce qu’il n’est pas ambitieux, parce qu’il n’est pas innovant. Rien n’est surprenant dans les plans d’action annoncés et dans les arbitrages opérés, l’ensemble s’accommodant de mesures presque routinières. Rien n’est proposé pour stimuler la croissance, d’ailleurs revue à la baisse pour 2012.
 
Au sein du département d’Ille-et-Vilaine, nous n’avons pas peur d’imaginer de nouvelles façons d’agir, moins conventionnelles et plus audacieuses. C’est tout le sens de notre nouvelle politique économique en faveur des PME et de notre réflexion sur la dynamique des parcours professionnels à l’ordre du jour de notre session de novembre.

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édito par Jean-Louis Tourenne

Nicolas Sarkozy continue de diviser les français!

 
Dans la tête de Nicolas Sarkozy, il y a les « vrais » et les « faux » chômeurs. Sans doute comme il y a les « vrais » et les « faux » français, les fonctionnaires « courageux » et les autres « tire-au-flan », les « bons » juges et les « mauvais »… A droite toute, Sarkozy Le Diviseur sème la discorde, et s’empare de l’arme du référendum pour faire du Marine Le Pen sans le dire ! 
 
Hier, le chef de l’Etat a annoncé son souhait de s’adresser aux français afin qu’ils donnent leur opinion sur le « système d’indemnisation du chômage » et sur la façon de « considérer le travail et l’assistanat ». Ce sont ses mots ! Pour autant, il n’a pas le courage d’assumer cette proposition indécente, cynique et injuste dans son programme de candidat – non déclaré - à la prochaine élection présidentielle.
 
Quelle indécence que de préférer stigmatiser les plus pauvres pour cajoler les plus riches ! Pourquoi n'organise-t-il pas un référendum sur les dividendes, les hauts revenus, les stocks options ou sur l’impôt sur la fortune ?
 
Quel cynisme que de vouloir ajouter au traumatisme et à l’humiliation du chômage, une perte de moyens pour l’ensemble de la famille !
 
Quelle injustice que de vouloir faire payer les victimes du système, quand c’est le gouvernement qui n’est pas à la hauteur de ses obligations de création des conditions du plein emploi !
 
Et aussi, quel populisme ! Car on ne doute pas que Nicolas Sarkozy saura formuler la question de telle sorte qu’il obtienne la réponse qu’il attend. S’il demande : « les chômeurs doivent-ils continuer de toucher leurs allocations ? » ou « les chômeurs peuvent-ils refuser un emploi ? », le succès est assuré. En période de crise, l’idée que certains préfèrent rester chez eux plutôt que d’aller travailler est tenace. Et elle est alimentée par ces discours à la Wauquiez qui affichent la solidarité comme le cancer de notre société.
 
Cette annonce illustre une nouvelle fois la politique réactionnaire du chef de l’Etat, fondée sur le cynisme, la division des français et l’anéantissement des plus vulnérables. Aujourd’hui pourtant, la France n’a pas besoin d’extrémisme, mais de justice, de rassemblement et de progrès social. C’est la question essentielle du référendum de l’élection présidentielle prochaine. Les français sauront y répondre.

 

 

 

 

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