
Le temps n'est plus aux vaines hésitations.
Silences et tremblements
Parce que nous ne pouvions rien faire pour éviter cela, parce que cela touche des villes entières, des régions entières, tout un pays, le séisme qui a frappé le Japon, le tsunami qui en est la conséquence, nous font prendre conscience de l’impossibilité de domestiquer la nature et nous ramènent à un peu plus d’humilité.
Nous vivons, avec ces millions d’hommes et de femmes, ces évènements de manières douloureuses, presque intimes.
Ce sont là des évènements, au même titre que le tsunami de 2004 ou le séisme à Haïti, qui par leurs importances interpellent l’ensemble des femmes et des hommes qui font le genre humain car ils nous ramènent -c’est presque une banalité que le dire- à notre échelle. Celle d’une espèce qui a appris à maitriser son environnement, à le manipuler, à le tordre à son image, mais qui ne peut rien lorsque la nature sa manifeste dans les dimensions qui sont les siennes : c’est à dire immenses.
Nous sommes admiratifs, d’abord, du sang froid des japonais qui ont affrontés les évènements avec une détermination et un courage sans faille. De la peur, oui, mais jamais de panique. De l’angoisse, bien sûr, mais sans ne jamais y céder. De la solidarité, enfin, car la société et la culture japonaise sont construites sur ce concept d’amae, ce sentiment de loyauté, de fidélité, d’interdépendance qui structure toute la société, qui fait la cohésion de tout un peuple. C’est peut être pour cela, aussi, que les Japonais présentent tant de force et d’efficacité.
Par ailleurs -pourquoi ne pas le dire? Quelles que soient les affirmations devenues si peu crédibles des «experts », des pouvoirs publics, le débat sur le nucléaire doit être engagé avec les Français devient in contournable. Mais un vrai débat, national avec toutes les données : économiques, politiques, scientifiques, tous les dangers, et tous les antidotes. C’est le moment d’une réflexion nationale sur le développement des énergies alternatives, le calendrier, les moyens financiers, le phasage du passage progressif à la production plus territorialisée et renouvelable. L’invention, en ce domaine comme un tous, d’un nouveau modèle de développement.
Oui, l’énergie nucléaire est une énergie qui présente des dangers. Oui, ce qu’il se passe à Fukushima ressemble à une sombre répétition de l’avenir.
Et pour l’heure, il faut de la fraternité avec le peuple japonais. Il faut agir pour ce dont les japonais ont besoin avant tout : de la solidarité.
La solidarité de Rennes, jumelée avec Sendai, l’une des villes les plus touchées par la catastrophe. La solidarité de toute l’Ille et Vilaine, territoire où vit une communauté japonaise très active, des entreprises qui investissent et innovent, des expatriés –et je sais combien la distance avec leurs pays peut leur être, dans cette situation, douloureuse-.
Je veux leur assurer de notre présence, de notre amitié et de notre soutien. J’ai rappelé lors de la commission permanente du Conseil général, qui s’est tenu hier, que nous mettions à la disposition des autorités japonaises les moyens dont nous disposons et dont ils pourraient avoir besoin.
Le journal « Le Monde », hier soir, parlait d’un moment « Churchillien » pour ce pays. Le terme est juste : le peuple Japonais a rendez vous avec lui-même, doit se mobiliser pour son avenir, reconstruire et surtout tenir. Gageons qu'il sortira par le haut d’une crise dont nous n’avons pas encore finit de mesurer les conséquences.
En passant par une SCOP ...
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