Blog personnel du président du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine (© Copyright Jean-Louis Tourenne 2009)

L'apocalypse au Japon

 Le temps n'est plus aux vaines hésitations.

 

Silences et tremblements


Parce que nous ne pouvions rien faire pour éviter cela, parce que cela touche des villes entières, des régions entières, tout un pays, le séisme qui a frappé le Japon, le tsunami qui en est la conséquence, nous font prendre conscience de l’impossibilité de domestiquer la nature et nous ramènent à un peu plus d’humilité.

Nous vivons, avec ces millions d’hommes et de femmes, ces évènements de manières douloureuses, presque intimes.  
 
Ce sont là des évènements, au même titre que le tsunami de 2004 ou le séisme à Haïti, qui par leurs importances interpellent l’ensemble des femmes et des hommes qui font le genre humain car ils nous ramènent -c’est presque une banalité que le dire- à notre échelle. Celle d’une espèce qui a appris à maitriser son environnement, à le manipuler, à le tordre à son image, mais qui ne peut rien lorsque la nature sa manifeste dans les dimensions qui sont les siennes : c’est à dire immenses. 
 
Nous sommes admiratifs, d’abord, du sang froid des japonais qui ont affrontés les évènements avec une détermination et un courage sans faille. De la peur, oui, mais jamais de panique. De l’angoisse, bien sûr, mais sans ne jamais y céder. De la solidarité, enfin, car la société et la culture japonaise sont construites sur ce concept d’amae, ce sentiment de loyauté, de fidélité, d’interdépendance qui structure toute la société, qui fait la cohésion de tout un peuple. C’est peut être pour cela, aussi, que les Japonais présentent tant de force et d’efficacité. 
 
Par ailleurs -pourquoi ne pas le dire? Quelles que soient les affirmations devenues si peu crédibles des «experts », des pouvoirs publics, le débat sur le nucléaire doit être engagé avec les Français devient in contournable. Mais un vrai débat, national avec toutes les données : économiques, politiques, scientifiques, tous les dangers, et tous les antidotes. C’est le moment d’une réflexion nationale sur le développement des énergies alternatives, le calendrier, les moyens financiers, le phasage du passage progressif   à la production plus territorialisée et renouvelable. L’invention, en ce domaine comme un tous, d’un nouveau modèle de développement.

Oui, l’énergie nucléaire est une énergie qui présente des dangers. Oui, ce qu’il se passe à Fukushima ressemble à une sombre répétition de l’avenir. 
Et pour l’heure, il faut de la fraternité avec le peuple japonais.  Il faut agir pour ce dont les japonais ont besoin avant tout : de la solidarité.  

La solidarité de Rennes, jumelée avec Sendai, l’une des villes les plus touchées par la catastrophe. La solidarité de toute l’Ille et Vilaine, territoire où vit une communauté japonaise très active, des entreprises qui investissent et innovent, des expatriés –et je sais combien la distance avec leurs pays peut leur être, dans cette situation, douloureuse-. 
Je veux leur assurer de notre présence, de notre amitié et de notre soutien. J’ai rappelé lors de la commission permanente du Conseil général, qui s’est tenu hier, que nous mettions à la disposition des autorités japonaises les moyens  dont nous disposons et dont ils pourraient avoir besoin. 
 
Le journal « Le Monde », hier soir, parlait d’un moment « Churchillien » pour ce pays. Le terme est juste : le peuple Japonais a rendez vous avec lui-même, doit se mobiliser pour son avenir, reconstruire et surtout tenir. Gageons qu'il sortira par le haut d’une crise dont nous n’avons pas encore finit de mesurer les conséquences.
 

 

 

 

 

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édito par Jean-Louis Tourenne

 

En passant par une SCOP ...

 
 
J’étais invité jeudi matin par Réso Solidaire à la visite d'une SCOP (Société Coopérative et Participative) qui se trouve au Rheu, près de Rennes. J’en profite d’ailleurs pour les remercier une nouvelle fois de leur sympathique invitation qui me fut par ailleurs très instructive et intéressante. Créée  il y a plus de 30 ans , cette société est devenue un acteur majeur du territoire et a  su développer des compétences  sur de nombreux projets transversaux grâce à des équipes pluridisciplinaires de qualité. Elle démontre surtout que l’organisation sous forme de SCOP est une réponse alternative à un modèle centralisé dans lequel la propriété de l’entreprise est dans les mains d’actionnaires qui n’en ont que faire de la situation des salariés, voire même dans certains cas  (nombreux ?), font pression sur leurs  conditions  de travail afin d’avoir un retour rapide sur investissement et à des taux élevés. Dans cette SCOP, le lien entre salariés , Pdg, citoyens est tenu, chacun étant un peu tout à la fois. Il en ressort, un bien être de tous, chacun se retrouvant au cœur des décisions de l’entreprise. Le partage des décisions, le partage des profits, la copropriété des moyens de production ne sont pas des utopies. L’économie peut très bien être prospère, générée de la croissance, et fonctionner sur un mode coopératif. Car ce qu’il ressort profondément de cette visite, c’est la capacité qu’ont  eu les salariés à coopérer et trouver un mode de fonctionnement qui leur soit propre. Ils partagent tous les mêmes intérêts, les mêmes objectifs. Ils partagent évidemment tous les mêmes valeurs, la même vision de la solidarité et de l’égalité face au travail. Alors certes, le modèle de société coopérative est fragile et repose sur une coopération de tous les instants. C’est un défi que nous pouvons et devons relever afin d’imaginer d’autres mode de production. Les enjeux sont de taille si nous voulons réinventer la place de l’Homme au sein de l’entreprise.
 
François Hollande a d’ailleurs bien saisi toute l’importance de soutenir ce mode d’organisation. C’est en ce sens qu’il a répondu à la sollicitation du Réseau des SCOP pour leur dire combien il désirait engager des réformes en faveur des modèles coopératifs. Ainsi, il annonçait que le rachat d’entreprises par leurs salariés pourrait représenter une solution pour éviter l’hémorragie actuelle d’entreprises. Par ailleurs, afin d'engager les changement nécessaire, dans ce même courrier, François Hollande proposait que de nouvelles dispositions soient prises rapidement dont certaines pourront être incluses, dès l’automne 2012, dans la loi de programmation du développement de l’économie sociale et solidaire. Le changement est donc bien en cours!
 
Le département continuera à s’engager pour promouvoir de nouvelles formes d’organisation, pour promouvoir l’économie sociale et solidaire et pour défendre les entreprises du territoire. L’actualité économique de ces derniers mois nous prouve que nous devons défendre une vision progressiste de l’entreprise et qu’il ne faut rien relâcher. Nos politiques, nos actes et nos actions en sont les preuves. Elles sont aux services de l’emploi, du développement durable, de l’aménagement du territoire et donc du maintien de l’Ille-et-Vilaine comme un département dynamique tourné vers ses habitants.

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