Macron, premières mesures: l’élite comme horizon? De bienveillant, je deviens opposant


Certes, il a réussi son entrée, en grand magicien de la com’ qu’il est. Il a montré également de grandes qualités de courage et de détermination dans les relations internationales.

Mais les annonces faites quant à la politique intérieure m’inquiètent et ne laissent apparaître, au lieu des innovations et « révolution » attendues qu’un triste retour à des pratiques qu’on croyait révolues.

Sur l’Education Nationale alors que le classement PISA montre la rétrogradation des performances des élèves et l’écart croissant entre les populations favorisées et les classes populaires

 

Le Gouvernement précédent avec la modification des rythmes scolaires, les activités périscolaires,  la fin des redoublements, la réforme du collège, a courageusement créé  des outils d’égalisation des chances et d’efficacité de l’enseignement. Voilà que le nouveau Ministre, tout au plaisir d’une ambition maintes fois caressée, s’engage dans le retour à des  recettes qui ont toujours conduit à l’échec. Sauf pour les nantis ! Démagogie quand tu nous tiens !!

La remise en cause des rythmes scolaires et l’abandon des activités périscolaires :

 

Engagée, il est vrai avec une grande maladresse au mépris de la concertation avec les communes qu’on a fait payer, la semaine de 4.5 jours – alors que nous avons les journées les plus longues d’Europe – obéissait mieux, selon la quasi-totalité des experts, aux impératifs chronobiologiques des enfants.  Les activités périscolaires offraient aux élèves défavorisés, que tout handicape dans leur milieu,  la chance de combler leurs lacunes, de valoriser leur savoir-faire, de transposer sur les matières scolaires les conditions de la réussite. Exit donc cette mesure de démocratie scolaire qui ne tiendra pas longtemps face à la charge financière que supportent les communes..

La fin des interdictions de redoubler

 

Une telle interdiction, je le concède, avait par son caractère globalisant et définitif, le défaut de ne pas tenir compte des spécificités particulières. Mais l’autoriser de nouveau sans plus de réflexion est aussi contre productif. Le redoublement place l’enfant devant la réalité terrible de son échec. Sa classe d’âge l’abandonne et il se retrouve, humilié, avec des enfants plus jeunes. Certains, en porteront les séquelles tout au long de leur vie, ayant, à jamais, perdu la confiance en eux qui préside à toute réussite. En réalité, miné par ce trouble psychologique, il ne retira que peu de bénéfice de reprendre à zéro toutes les notions dans toutes les disciplines  y compris celles dans lesquelles il a pu briller.

La remise en cause de la réforme du collège :

 

le rétablissement des classes bilangues et, sans doute, des autres classes spécifiques, fréquentées essentiellement par les enfants de l’intelligentsia qui de toutes façons auraient réussi leurs études, se fera contre les classes défavorisées. Parce que, bien entendu, c’est à budget, constant. Et par conséquent les moyens distraits pour satisfaire les élites seront retirés à ceux qui en ont le plus besoin. Les Principaux des Collèges n’auront d’autre possibilité que de supprimer ce qui était consacré aux accompagnements personnalisés.

 

Il y a là une volonté manifeste de servir les élites d’abord. Alors que je ressentais pour le Gouvernement Macron un intérêt bienveillant, je ne peux, aujourd’hui, s’il se confirme que les régressions pour l’école traduisent la doctrine qui guidera la politique à venir, que m’opposer avec force à cette volonté de fracture sociale et, au bout du compte, de perte de dynamisme pour notre France.

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