La nécessité de l’effort pour retrouver l’espoir


L’incapacité à accepter l’effort, à surseoir à ses envies, ne met-elle pas en péril le redressement de la France?

Question souvent posée , sans que réponse soit apportée et qui reste angoissante. Allons-nous vers le déclin par faute de prendre conscience de la nécessité de surseoir à la satisfaction de nos aspirations. Sommes-nous, à force de surenchère revendicative, en train de scier la branche sur laquelle repose notre société.

En 2007 la France était en faillite, déclarait, en expert qu’il est, le premier ministre François Fillon.

Alors qu’en 2002, à la fin du gouvernement Jospin, les comptes de la France étaient équilibrés (ou en bonne voie de l’être, le chômage en régression à son niveau le plus bas depuis 25 ans,  la balance commerciale excédentaire, le déficit budgétaire et la dette en diminution, il n’aura fallu que 5 ans de gestion de la droite pour plonger le pays dans la « faillite » économique, budgétaire, sociale.

5 ans supplémentaires de Présidence de Nicolas Sarkozy et le gouffre s’est considérablement approfondi : dette chômage, déficits, balance commerciale… Où que le regard se tourne, il n’embrasse due des décombres : éducation, santé, police, justice, collectivités locales auront été l’objet de couples claires quand les riches, les patrons du CAC 40 voyaient, en toute indécence, pendant que la misère, la pauvreté, l’insécurité prospéraient, leur rémunération atteindre des niveaux célestes.

C’est de cette France anéantie, dévitalisée, sans ressorts que le Gouvernement de François Hollande a hérité. Et on attend de lui d’être le démiurge qui, dans l’instant, serait capable d’accomplir des miracles.

Pourtant, il n’a jamais prétendu être le magicien capable de telles  prouesses. Il n’a pas été l’illusionniste, à la façon Sarkozienne de 2007, promettant le bonheur pour tous, tout de suite. Au contraire, il a clairement affirmé que 2012, 2013 allaient être consacrés aux efforts collectifs indispensables pour assainir notre situation et relancer la machine économique. « Nous ne savions pas que la situation de la France était pire encore que celle, catastrophique, que nous décrite pendant la campagne électorale » : les licenciement différés, les budgets ministériels engagés pour plusieurs années parfois, les avantages stériles mais considérés comme acquis sur lesquels il est malaisé de revenir, l’égoïsme et la rapacité sordides des possédants qui n’ont de patriotisme qu’à l’égard de leur argent, la croissance européenne en berne.

Gouverner c’est aussi accepter l’impopularité

Au risque accepté de l’impopularité, François Hollande a refusé de se laisser aller à la complaisance de son prédécesseur, en remettant à demain les efforts demandés, en abandonnant lambeau par lambeau, devant les revendications multipliées, sa détermination pour une France dynamique et entreprenante.

La pilule est amère mais elle se veut équitablement distribuée et traitement efficace pour une France malade.

Mais les Français n’accepteraient-ils les sacrifices passagers que pour les autres,

Ils adhèrent en grande majorité aux orientations et valeurs consubstantielles à la gauche : la justice sociale, le droit à l’épanouissement et à l’expression de ses talents, la liberté (retrouvée), la fraternité, l’égalité, la tolérance, la laïcité. Tous ils ont envie d’une société plus harmonieuse, plus accueillante, qui ne nourrisse pas la violence par les frustrations, les rancoeurs, les révoltes qu’engendrent les marginalisations, les exclusions souvent reproduites de générations en générations.

Mais en votant pour les partis de gauche, ils espèrent que la société de leur rêve s’installe tout de suite, que les transformations coperniciennes qu’elle suppose s’opèrent dès le lendemain de l’élection.  Les enseignants attendent, légitimement, une école plus performante, des conditions d’enseignement plus porteuses, une considération (notamment salariale mieux exprimée) , des rythmes scolaires sur 4.5 jours plus conforme à l’intérêt de l’enfant. Ils pourraient être d’accord avec la refondation proposée par Vincent Peillon à condition que l’ensemble des réformes soient conduites simultanément. Sans doute, le Ministre a-t-il mesuré le  mal être du monde enseignant. Mais la période de rigueur autorise-t-elle, sauf à être suicidaire, à aller plus loin.

Les retraités, notamment les plus aisés, ne supportent aucune ponction, fut-elle modique. Pas touche aux prestations familiales alors que le décile le plus favorisé de notre nation bénéficie de plus d’avantage pour chacun de ses enfants (mais ce n’est encore que son argent de poche) que le décile le plus miséreux. Est-ce donc une hérésie que d’imaginer des prestations dégressives en fonction du revenu ? Encore faudrait-il en mesurer le caractère incitatif –  faire des enfants – pour les catégories les plus favorisées.

Ainsi à force de revendications du « tout, tout de suite », de surenchère, de refus de surseoir à sleurs attentes pour construire des jours meilleurs, ceux qui portent la gauche parce qu’ils en partagent les objectifs, prépare-t-ils le retour d’une droite dont ils n’attendront rien –mais qui, par conséquent, ne les décevra pas – ou pire, d’une extrême droite qu’ils redoutent mais dont ils pourraient bien faire le lit.

Lorsqu’il s’agit de gauche au pouvoir – quel que soit le discours de réalisme qu’elle tient – le rêve s’allume chez beaucoup. Malgré les progrès , souvent considérables réalisés, c’est à l’aune de l’écart entre la réalité et la hauteur de son propre rêve que la désillusion s’installe. Il conviendrait sans doute ne se réveiller avant que la désillusion devienne létale.

 

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