Le Gouvernement et la volonté de mise à mort du commerce de proximité


Devait être présenté devant le Conseil des Ministres, ce mercredi 13 novembre, le projet de modification du code du travail pour autoriser les  surfaces alimentaires employant du personnel  à  rester ouvertes jusqu’à minuit en s’exonérant des obligations liées au travail de nuit : augmentations de salaires, gardes d’enfants, raccompagnement de nuit  des personnels féminins. Ceci  serait possible dès lors qu’un accord d’entreprise l’autoriserait.  Le volontariat des salariés serait requis.
Or, Bien sûr, les accords d’entreprises l’autoriseront! De même que le volontariat exigé  ne sera qu’illusion. Les pressions, les chantages exercés auront raison des résistances. Le licenciement chez Cora à St Malo de deux salariés ayant refusé de travailler le dimanche montre quel est le degré de liberté des salariés en de telles circonstances.
Ainsi pour les personnels, en majorité féminins, exploités, mal payés, soumis à des conditions de travail épuisantes, des rythmes infernaux, le bruit permanent, l’énervement,  la nuit ne sera plus la nuit, la vie familiale en sera perturbée, les fatigues deviendront chroniques. Que dire des risques et des peurs lors des retours  après minuit avec le sentiment d’insécurité que génère de la nuit !!!
Après le détricotage du code du travail, la suppression des CHSCT, l’acharnement sur les chômeurs, n’y aurait-il donc dans la vision du monde  de ce Gouvernement que la recherche toujours effrénée du profit. Les hommes et les femmes n’étant, pour lui, que des variables d’ajustement taillables et corvéables à merci?
 
La levée de boucliers a été immédiate !!! Alors le Gouvernement sort l’arme magique: la  pseudo-concertation. En réalité, la proposition de concertation n’est utilisée, comme souvent, comme une échappatoire.  C’eût tout de même été plus judicieux et respectueux du dialogue social  de le conduire en amont. Ca éviterait  de se lancer dans des manoeuvres dilatoires devenues la marque de fabrique de ce Gouvernement . Ne nous y trompons pas, le seul fait d’avoir envisagé une telle mesure révèle une totale inhumanité et une réelle indifférence à l’égard des travailleurs. La décision n’est que reportée. Elle viendra après les Municipales. Point n’est besoin d’en exposer la raison.
Et puis ce double discours inquiétant.  D’un côté, pour le public, l’affirmation d’une volonté de mise en place de mesures de soutien au petit commerce familial. Mais ce ne sont, comme d’habitude, que des faux-semblants. De l’autre côté, on donnera aux grandes enseignes – ou à celles qui en dépendent – tous les atouts, tous les moyens pour faire disparaître ces animateurs de nos territoires que sont les commerçants en les privant de clients. Point ne sera besoin alors, de leur attribuer des aides. Ils seront morts..

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