On ne choisit pas sa religion en fonction du curé


Ce n’est pas parce qu’on n’aime pas son curé qu’on change de religion

 

L’adhésion du plus grand nombre :

 

Certains prétendent et martèlent que l’élection de François Hollande aurait été obtenu davantage par défaut – pour éviter un nouveau mandat de Nicolas Sarkozy – plutôt que par adhésion. C’est oublier un peu vite le chemin parcouru lors des primaires, Hollande partant de 6% pour atteindre une large majorité des votes militants et sympathisants. Et ils furent nombreux à voter… Même si DSK est venu à manquer, il n’en reste pas moins que François Hollande a réussi à convaincre, à séduire par sa vision développée  d’une société plus juste, plus harmonieuse, plus porteuse d’avenir pour tous et notamment pour la jeunesse.

Les Français, en votant majoritairement pour lui, l’ont reconnu comme un être sympathique, convaincu et convaincant, soucieux de redonner de l’espoir à chacun alors que le pays s’enfonçait dans la dette abyssale, la léthargie de la machine économique, la dégradation de ses services publics comme l’augmentation considérable du chômage et de la fiscalité.

Le désamour :

 

Est-ce d’avoir mal mesuré la gravité de la situation laissée ne héritage ou d’avoir trop promis un changement difficile à mettre en œuvre dans les conditions de l’heure que le désamour s’est installé ? Pourtant, la campagne électorale permettra de le développer, il n’a pas manqué de courage pour réformer notre société vers une meilleure répartition des richesses créées et des efforts demandés : une fiscalité plus juste épargnant les plus faibles – au grand dam des classes moyennes supérieures  et des grandes fortunes peu habituées à une contribution vraiment équitable –,  une politique sociale plus que familiale, une droit du travail modernisé et adapté aux grands enjeux de l’emploi, la reconnaissance d’une égale dignité pour tous quelles que soient ses préférences sexuelles – et qui relèvent de l’intime, l’indépendance de la justice, la refondation de l’école… l’énumération en serait fastidieuse. Ces quelques exemples suffisent à démontrer les progrès réalisés en conformité avec l’idéal que caressent tous les hommes de gauche.

Rodomontades et atermoiements:

 

Sans doute faut-il chercher les raisons de la rupture entre les Français et leur Président dans l’image qu’il a fini par imprimer dans la tête des citoyens
Il voulait être un Président normal et il l’a été jusque dans les excès de la normalité. Les Français ne veulent pas de la normalité chez leurs élus. Ils attendent de la grandeur, de la solennité. Ils souhaitent dans leur for intérieur pouvoir être fiers de qui les représente. La fonction d’élu relève du sacré et on ne la banalise jamais impunément.

Et puis ces grandes déclarations sur la courbe du chômage, sur la déchéance de nationalité… ces changements de pied sur le maintien des départements, puis leur suppression puis enfin une loi NOTRe plus conforme aux aspirations des citoyens eux-mêmes mais dont la complexité de mise en place suppose un investissement considérable des élus concernés.

N’oublions pas, non plus, que le peuple de France a tendance à cultiver comme un art de vivre qui lui serait consubstantiel, la morosité. A peine mis en place, le Gouvernement est déjà l’objet de toutes les critiques les plus acerbes. Chacun rumine sa déception ne n’avoir pas obtenu à titre personnel ou catégoriel en satisfactions salariales, en conditions de travail auxquelles il pensait, à bon droit, pouvoir prétendre. Nous sommes entrés dans l’ère de l’alternance mécanique. L’électeur faisant, dans la campagne électorale, son marché pour voter en faveur de celui qui lui promet, à lui, de nouveaux avantages. Sans doute est-ce la grande responsabilité des élus. Nous avons, en qualité de politiques, à offrir un idéal de société, un objectif du vivre ensemble qui permette l’adhésion du plus grand nombre pour un monde plus bienveillant; un idéal qui – par l’espoir d’une humanité plus agréable à vivre et d’une implication de tous dans sa construction – conduise chacun à accepter de surseoir à ses propres revendications, assurés de cheminer avec les autres vers le meilleur avenir.

Enfin, comment ne pas angoisser à l’idée qu’un grand nombre de nos contemporains a perdu le sens de la citoyenneté, de la réflexion personnelle, de l’attachement viscéral à la démocratie et aux valeurs de la République pour penser en toute sincérité, sans en percevoir l’immense danger : nous avons eu la droite, puis la gauche et notre situation ne s’est pas améliorée… alors essayons l’extrême droite. Mais on n’essaie pas un gouvernement d’extrême droite parce qu’on n’en sort que très difficilement. Les exemples douloureux du passé comme ceux d’aujourd’hui en Pologne, en Hongrie, en Turquie devraient nous inciter à réfléchir sur ce qui fonde notre vivre ensemble : liberté, égalité, fraternité…

Notre curé n’est plus, aux yeux du plus grand nombre, en odeur de sainteté mais les valeurs de gauche et du parti socialiste doivent nous guider :

 

Nous sommes nombreux à vouloir un monde qui offre à chacun la possibilité de réussir sa vie, de s’insérer harmonieusement dans la société comme dans la profession, de s’épanouir, de disposer des conditions d’exprimer sa citoyenneté.  Une belle utopie mais qui doit constituer le fil rouge de notre action.

Aussi, même si notre curé devait nous faire défaut, nous continuerons de croire  à un monde juste, à l’égalité des chances, au droit de s’exprimer et d’être entendu, à vivre décemment…L’élection d’un Président de la République, c’est d’abord un choix de société, le choix d’un idéal.  Décider de qui portera le projet, les valeurs qui sont les nôtres, devient subsidaire.

A nous de montrer l’étoile de l’espoir qui devra nous guider dans la conquête sinon du bonheur, du moins des moyens d’y accéder.

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