Le harcèlement politique des Frondeurs


Ils sont députés par la grâce de leur appartenance au Parti Socialiste. Ils sont sortis vainqueurs aux législatives en se revendiquant du soutien du nouveau Président de la République, François Hollande. Certains devinrent Ministres dans un Gouvernement qu’ils abhorrent aujourd’hui, dans un gouvernement dont ils connaissaient parfaitement le cap et les orientations.

Et pourtant, les uns après les autres, les uns avec les autres – bien que cherchant à se forger parfois un destin personnel – ils n’auront jamais cessé de harceler ce Gouvernement, surfant sur son impopularité, acteurs mêmes de son rejet, précipitant vers les profondeurs abyssales la confiance que le peuple lui accorde. Et ils drapent leur trahison de la belle noblesse des valeurs de Gauche qu’ils proclament incarner seuls. Ainsi  s’érigent-ils en gardiens du temple socialiste de Jaurès, de Blum pour tenter de justifier leur volonté destructrice du parti qui les a portés là où ils sont.

Certes, être socialiste n’exige pas d’être un inconditionnel des politiques mises en oeuvre. Etre socialiste c’est être libre d’apprécier les orientations d’un Gouvernement qu’on a contribué à mettre en place. Mais jusqu’à une période encore récente, les débats, riches, vigoureux, se tenaient à l’intérieur du parti. Et la démocratie s’y appliquait. Des majorités qui se dégageaient fixaient les orientations après que tous aient pu s’exprimer. Quel exemple de respect des principes de la démocratie qu’ils ne cessent d’invoquer, donne ceux, qui minoritaires, utilisent tous les moyens  pour aboutir à leur fin.

A propos, quelle est donc leur fin? Dans une nation dont les comptes étaient délabrés en 2012, dans laquelle la machine économique était en panne, le chômage en accélération brutale, les services publics dégradés, que convenaient-ils de faire? de distribuer l’argent dont ne disposait pas, d’alourdir la dette a faire payer par les générations futures…? il faudrait que s’expliquent, sur leurs orientations, nos beaux esprits, si dispendieux des conditions de notre avenir.

Voter contre le projet de loi –  même modifié à leur demande  au prétexte qu’il ne répond pas à toutes leurs demandes-  peut difficilement se concevoir. Encourager les manifestations, obliger le Gouvernement à utiliser l’arme du 49.3 ,  parait intolérable au Militant que je suis. Mais tenter de rassembler autour du dépôt d’une motion de censure à l’image de Brutus plongeant poignardant son bienfaiteur, c’est révoltant. Et c’est ainsi, sans doute, que l’histoire retiendra l’évènement.

Le parti socialiste pourrait ne pas s’en sortir indemne. Quelle alternative s’offrira alors aux Français?

 

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